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Recoller les morceaux

Recoller les morceaux



En pleins troubles politiques, les passions se déchainent. Un simple commentaire jugé abusif à propos de l’opposition ou du gouvernement peut enflammer les atmosphères les plus conviviales. La guerre des tweets et des slogans prennent en otage les réseaux sociaux. Polémiques, accusations et affrontements ! Le pays, pleurant des larmes et du sang, cherche à identifier les responsables de son malheur.

La longue traversée du désert de septembre à novembre n’a pas mené à la terre promise. C’est le moins qu’on puisse dire après des semaines de colère et de jeûne. La paralysie des activités économiques, la fermeture des écoles, les bains de sang ici et là n’ont fait que foncer les lignes de la pauvreté et de l’insécurité. Parallèlement, la fuite des cerveaux et des capitaux vers des cieux cléments s’avère aussi redoutable que les incendies et les coups de fusil. Malgré tout, il faut trouver une formule qui fasse concilier les extrêmes et arrêter le spectacle dégoutant qui n’a fait que des perdants.

Pointer du doigt le Juda qui aurait vendu la nation est devenu un cliché dans les réflexions sur la crise haïtienne. Les politiciens dits traditionnels, les membres de la presse, les juges, les avocats et les diplomates entre autres, n’ont pas de répit face aux injures de citoyens indignés. Le brin de sérénité et de dépassement nécessaire à la construction d’un avenir plus sûr fait cruellement défaut. Pourtant, le pays n’en peut plus de s’enfoncer et risque de bientôt mourir de faim.

En effet, la crise de leadership à laquelle Haïti fait face ces derniers temps s’est révélée plus aiguë qu’on ne l’imaginait. En face des représentants de l’État faible, des pyromanes et des élites indifférentes, les voix qui prêchent la paix et le dialogue sincère se font rares. Mais quand il n’y a plus rien à détruire, il ne reste d’autre voie à explorer que celle du compromis.

En attendant de trouver le chemin vers la refondation de l’État et le développement durable, l’urgence de recoller les morceaux se fait sentir. Il y va de la survie même de la nation. La praxis politique recommande que les acteurs évaluent leurs poids respectifs sur l’échiquier et agissent en conséquence pour aboutir à un dénouement. Au cas où certains l’oublieraient, au cours de l’année 2019, les querelles ont réduit les institutions à leur plus simple expression en empêchant la tenue d’élections, l’ouverture régulière des classes, le vote du budget et la ratification d’un gouvernement légitime.

Les plus grandes démocraties du monde font face assez régulièrement à de vifs antagonismes. Mais leur capacité à les résoudre par le biais de mécanismes internes s’ajuste toujours au gré des conjonctures. Ce n’est pas un exploit trop grand pour la classe politique haïtienne. À la veille de janvier 2020, la nécessité d’un accord politique s’impose. L’opposition a suffisamment montré sa capacité de nuisance. Le président, Jovenel Moise, s’est apparemment déjà octroyé le satisfecit d’avoir échappé aux forces qui ont failli l’emporter. Les égos peuvent se désaltérer à satiété, mais la reprise des services publics, de la vie institutionnelle et des actions pour le développement ne peut plus faire l’objet de conditionnalité.

Kendi Zidor




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