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Les nouveaux soldats

Les nouveaux soldats



Beaucoup plus visible et nuisible depuis le tremblement de terre de 2010, le populisme religieux a fini sa mue de pratique émergente à réalité incontournable. La période contemporaine donne à voir des formes pernicieuses de collaboration entre les champs politique et religieux.

Est-ce à dire que nous sortons d’un temps des églises qui faisaient du prosélytisme, à grand renfort de nuisances sonores, de chasse aux infidèles, pour aborder celui du règne politique du populisme religieux.

En ce sens, le maire de Delmas, à qui une petite foule prédit un avenir politique exceptionnel, a compris qu’il lui fallait une stratégie gagnante. Il ne fait plus de doute qu’il recycle, invente, cherche des ressources incluant celle du fanatisme religieux.

C’est un peu suivre la marche du monde avec de nouvelles données qui permettent de soulever les foules, d’asseoir son autorité, sa vision de la vie et de gagner, accessoirement, des élections. Actuellement, toutes les formes du populisme en Amérique (Trump, Bolsonaro) en Europe (Mateo Salvini) notamment (pour se limiter au monde chrétien) se ruent sur une rhétorique réactionnaire utilisant le fait religieux pour béquille.

Cela marche parce que cette stratégie permet de réarticuler la foi, les valeurs morales voire le nationalisme le progrès pour les transformer en des armes politiques efficaces. Et c’est loin d’être un hasard.

Depuis quelque temps, les assemblées religieuses, des mégastructures avec autant de capacité d’accueil qu’un "petro stade", ont le vent en poupe. Elles fonctionnent, avec une liturgie qui peut convaincre et faire danser le peuple des vulnérables et des désespérés, tous les jours que le Bon Dieu fait. Ce peuple obéit aux préceptes et paie ses cotisations sans rechigner. Sans s’inquiéter. Sans demander des comptes.

Le populisme religieux a construit la fortune, la notoriété et le pouvoir réel des prophètes, évêques et pasteurs qui ont réussi l’exploit de faire leurs shows en direct et en permanence à la radio et à la télé. Et quand les politiques s’y engouffrent, cela ne fait que prendre l’allure d’une conséquence logique.

Autrement dit, les discours sur le devenir du pays sont présentés dans un horizon messianique. Une manière, peut-être, d’accélérer l’histoire. Ainsi, le maire de Delmas, autorité investie des pouvoirs de l’État, a, à sa grande satisfaction, annoncé en conférence de presse, un grand carnaval religieux dans la commune de Delmas, le 2 janvier 2019. Le jour des Aïeux !

Naturellement, mis à part la confusion des rôles et le mauvais goût, le maire a le droit d’être croyant illuminé, chrétien réactionnaire ou grand humaniste. Mais, il devrait peut-être s’imaginer que le populisme religieux est l’arme la plus puissante contre la démocratie qui fait cas de l’équité sociale, de l’altérité et de la tolérance.

Le 2 janvier, les nouveaux soldats du Christ, le maire en tête, vont depuis l’espace public, consacrer la commune de Delmas et la confier à Dieu. C’est la voie la plus rapide à prendre si on veut conquérir la maison du peuple qui est aussi celle de Dieu.

À chaque prophète son char et ses sorties de routes accidentelles !

Jean-Euphèle Milcé




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