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Le Centre-ville n’a plus d’avenir

Le Centre-ville n’a plus d’avenir



Italo Calvino a écrit que “les villes, comme des rêves sont faites de désirs et de peurs”. Le déclin, un tantinet irrémédiable, des espaces urbains en Haïti, est l’un des sujets les plus populaires dans les discussions de tous les jours. Même les plus banales. Il est vrai qu’il y a une ville fantasmée et une autre cruellement réelle dans l’imaginaire collectif.

Cette période de fin d’année, à quelques jours, du triste anniversaire du séisme de janvier 2010, oblige les résidents de zone métropolitaine et ses périphéries, à faire le constat d’un chaos proche de la fin du monde. Une simple observation panoramique permet de comprendre que l’effondrement des politiques de gestion de l’espace urbain nous condamne à l’innommable. Il est simplement frappant de constater la transformation monstrueuse de la zone métropolitaine de Port-au-Prince.

Tout est allé si vite pour le Centre-ville de Port-au-Prince. Trop vite. La première édition de Gettho Biennale, il y a exactement dix ans, était une fête, de jour comme de nuit, autour des artistes, d’ici et d’ailleurs. Ce, sur la grand-rue de Port-au-Prince. Aujourd’hui pour l’édition en cours, les gens viennent pour l’amour du risque et de l’art et ils repartent le plus vite que possible.

Le tremblement de terre de 2010 semble avoir détruit tout ce qui restait d’attachement au Centre-ville de Port-au-Prince. Après les services et les commerces, les bureaux publics, au cœur de l’État central, tentent de s’accommoder en lorgnant sur la ville de Pétion-Ville. Les raisons sont connues : insécurité, insalubrité et démission des pouvoirs publics.

La bonne nouvelle de cette semaine est que le Comité de Pétion-Ville du Comité d’union et de support aux municipalités s’est positionné et a dit non à « cette politique de faux-fuyant qui n’apportera aucune solution durable ». Il faut comprendre la portée bienvenue de la revendication des citoyens pour une gestion urbaine planifiée. Le CUSM veut faire front à la démission des autorités et des structures qu’ils pilotent.

Ainsi, il est permis de croire que l’engagement citoyen est encore possible et peut contribuer à changer la réalité du territoire de la zone métropolitaine de Port-au-Prince. Abandonner Port-au-Prince au profit de communes plus calmes ne peut pas être une stratégie gagnante. Le pays n’ira pas mieux si le Parlement fuit le Bicentenaire pour un hôtel de Pétion-Ville.

Le CUSM a raison de s’indigner « contre cette forme de non-gouvernance, dont les effets dévastateurs sont prévisibles sur Pétion-Ville qui fait face à une explosion démographique et anarchique incontrôlée ».

En ce mois de décembre, nous continuons de rêver et d’exiger des villes apaisées avec des rues piétonnes, des parcs et des trottoirs.
Que peut la Noël contre le déclin programmé et entretenu ?

Jean-Euphèle Milcé




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