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Au tournant !

Au tournant !



Les années passent et se ressemblent en Haïti. Si l’année 2019 s’en est allée définitivement, les géhennes de la misère ainsi que les séquelles de la crise multidimensionnelle qui a ruiné le pays sont toujours menaçantes. Les perspectives pour la nouvelle année ne sont donc pas roses. Sans l’esprit de sacrifice et d’abnégation du côté de tous les acteurs politiques, économiques et sociaux, l’année 2020 pourrait se révéler aussi malheureuse que 2019.

Après les derniers épisodes de « lockdown », le pays semble être sur le point de se respirer. Le mardi 7 janvier, dans les rues de la capitale et de toutes les villes de province, il a été agréable de constater le retour des élèves en uniformes qui ont été mises dans les placards depuis septembre 2019. Le message des acteurs de l’opposition sur la reprise des activités scolaires semble avoir trouvé écho. Une bonne note. Car, en aucun cas, l’école ne devrait servir d’instruments de manipulation politique.

Hormis ce calme apparent constaté et la nouvelle stratégie de l’opposition sur la tenue des mouvements de protestations sans perturber le fonctionnement des écoles, aucun des problèmes qui ont ruiné le pays en 2019 ne trouve encore un début de solution. Les multiples rencontres entre les acteurs concernés de la crise tardent à accoucher du concret en dépit de la volonté exprimée par certains protagonistes à faire bouger les lignes. À ce jour, l’Exécutif et l’Opposition font du surplace alors que le moment fait appel à l’esprit de sacrifice et de patriotisme.

En effet, les dernières prévisions économiques n’augurent rien de bon pour la nouvelle année. Avec un taux d’inflation à plus de 20 %, une prévision de croissance de -0,2 %, une monnaie nationale en chute libre, sans compter les millions d’Haïtiens menacés par la famine, le tableau de 2020 a l’air déjà sombre. Sans un minimum de stabilité politique, ces données pourraient s’aggraver tout au long de l’année. Et la stabilité politique implique nécessairement un accord entre tous les acteurs de la vie nationale.

Sur la crise politique qui secoue encore le pays, une grave crise institutionnelle y sera greffée avec le dysfonctionnement du Parlement haïtien. Le deuxième lundi de janvier 2020 ramènera la fin de la 50e législature. Ainsi, les députés et 1/3 ou 2/3 du Sénat laisseront le Bicentenaire avec un bilan rachitique.

Au-delà même du débat portant sur le nombre de sénateurs à plier bagage le 13 janvier, il est un fait que le Parlement ne sera pas opérationnel même avec 1/3 ou 2/3 des sénateurs en fonction sans la Chambre des députés. Le mandat des membres des collectivités touchera également à sa fin au cours de ce mois de janvier. L’avenir du pays va être confié entre les seules mains du président de la République, déjà très contesté.

Ce sera un sacré coup porté à la jeune démocratie haïtienne. Les élections qui n’ont pas eu lieu à temps, ont écarté le pays de la voie de la démocratie avec très bientôt un autre gouvernement de facto en lieu et place de celui dirigé actuellement par Jean Michel Lapin.

Avec un gouvernement de facto, Haïti n’aura pas les coudées franches au niveau international en dépit du support de la communauté internationale au président de la République. Les accords, les traités et conventions ne peuvent être adoptés sans l’aval du Parlement.

À cette phase, un accord politique se révèle une nécessité pour empêcher au pays de sombrer une nouvelle fois dans le chaos. Pour y arriver, il faut l’implication de tous. Le président de la République doit cesser ses pirouettes qui font peur aux hommes et femmes de l’opposition pour pouvoir tenir un véritable parler franc. Ils sont donc tous attendus au tournant à ce carrefour fragile de l’histoire du pays.

Noclès Débréus




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