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Arrêtons de faire du surplace

Arrêtons de faire du surplace



Dix ans après la terrible catastrophe du 12 janvier 2010, le pays continue d’avancer dans l’incertitude. Il est certain que tous ces échecs accumulés tant dans le processus de reconstruction que dans la mise en place d’un processus politique apaisé sont directement liés à la question de leadership.

L’improvisation et l’amateurisme ont plombé le devenir de notre nation. La constitution de 1987 avait pourtant de belles « paillettes », en ce qu’elle offrait un cadre idéal à l’épanouissement des libertés et au processus de décentralisation/déconcentration des pouvoirs. Toutefois, l’absence d’une Cour constitutionnelle et certains amendements hasardeux dans la rédaction française de la constitution et qui n’ont transcrits dans la version créole ont ajouté à la confusion générale structurelle. D’où le projet d’amendement de la Commission Tardieu qui a été rejeté comme une greffe apparemment incapable de prendre sur un « organisme politique » trop pathologiquement atteint.

Heureusement que dans l’opinion publique, la donne a changé. Tout le monde est d’avis qu’un changement de régime politique s’impose à nous. Une nouvelle République tant dans sa conception juridique et politique que dans le développement de nouvelles pratiques.

Cette semaine du 13 janvier 2020, nous sommes à l’aube d’une nouvelle décennie. Et la question demeure : qu’est-ce qui a changé sous le soleil ? On se prépare avec « délices » à entrer dans une nouvelle confusion à propos de l’avenir immédiat du Sénat de la République. Certains sénateurs ont tiré les conséquences d’un bien triste bilan du Parlement et ont tiré la révérence en remettant leurs armes et autres insignes d’un pouvoir déprimé. D’autres s’accrochent à leur « mandat constitutionnel », comme jadis le président lorsqu’ il faisait face aux vagues de protestation.

Le sénateur Youri Latortue est parti pour rester. Il s’accroche à son poste comme à une seconde peau. Le monde des juristes et constitutionnalistes est divisé sur la question. La raison est que nous ne prenons pas le temps de clarifier la lettre de nos chartes. Et chaque fois nous nous perdons dans des discussions infinies, des tentations de passages en force sur les ruines d’un pays qui attend sa reconstruction.

Souvent chez nous, pour ne pas dire toujours, les guerres de clans l’emportent sur l’intérêt commun. Nous sommes pris dans les rets de politiques néfastes. Le « dépôt de bilan » du Parlement ne lui attire pas beaucoup de sympathie dans l’opinion publique et certaines voix demandent le tabula rasa.

Ce sont, tout de même, des choses qui devront se résoudre à l’aune de la loi. Une République nouvelle doit naître de tout ce chaos politique. L’orgueil mal placé, la mentalité de gladiateur, les scandales à répétition sont les signes qu’il y a quelque chose de fondamentalement pourri dans l’actuel système dont tout le monde s’accorde pour dire qu’il est sur sa fin.

Mais attention, c’est mal connaître sa capacité séculaire à se reproduire, et ce quelle que soit la tête du client politique.

L’alternative réside donc dans de nouvelles dispositions patriotiques : des partis politiques modernes avec des congrès démocratiques transparents, des équipes politiques motivées et déterminées à changer de paradigmes. Enfin une charte démocratique que tout le monde s’engagerait à respecter et qui tiendrait compte de certaines de nos limites structurelles que nous souhaitons temporaires.

Il s’agit ici de notre « survie » et de notre « victoire » à tous comme le souhaitent le Royaume vodou d’Ayiti et la Fondation Roussan Camille qui, dans le message du 12 janvier 2020 adressé à travers leur association kole zepòl pou Ayiti kanpe, nous invite tous à œuvrer en faveur de la paix, de l’amour et de la fraternité ». N’est-ce pas ce dont nous aurons le plus besoin en nous débarrassant ce système inique et inhumain.

Roody Edmé




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