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L'heure du grand consensus !

L'heure du grand consensus !



Le 13 janvier 2020 a secoué les fondements de la très fragile démocratie haïtienne. Comme René Préval en janvier 1999, Jovenel Moïse dit constater la caducité du Parlement avec la fin de la 50e législature et 2/3 tiers du Sénat, mettant ainsi un terme aux débats sur les neuf sénateurs dont la fin de leur mandat soulevait moult échanges au regard de la Constitution et du décret électoral du 2 mars 2015. Si le dysfonctionnement du Parlement est vu comme une victoire par les partisans du régime en place, c'est un peu à la Pyrrhus, au cas où il s'agirait d'une victoire effectivement. Car, le pays est sorti de la voie démocratique lorsque les deux pouvoirs politiques sont concentrés entre les mains d'un seul homme avec un pouvoir judiciaire déjà moribond.

À ce carrefour, Jovenel Moïse, seul aux commandes de la République, doit se méfier de ce boulevard laissé par le dysfonctionnement du Parlement pour ne pas tomber dans l'arbitraire et l'autoritarisme. Car, les braises de la crise de 2019 sont encore ardentes. Et la crise pourrait s'aggraver sans un accord politique entre tous les acteurs des différents secteurs de la vie nationale. Avec le Parlement qui est frappé de dysfonctionnement, les collectivités territoriales qui sont dépourvues de représentants légitimes, le pays est plongé dans une grave crise institutionnelle. Et le président de la République, garant de la bonne marche des institutions qui devait s'assurer que tout se fait selon les règles de l'art, en est le principal responsable.

Le chef de l'État, au lieu de crier à la victoire, devrait convoquer toutes les forces vives de la nation en vue de trouver un accord susceptible d'empêcher au pays de sombrer une nouvelle fois dans le chaos. Le président a raté l'occasion, lors de sa sortie médiatique, le 13 janvier, de se montrer à la hauteur de la crise, préférant s'arrêter sur des éléments aussi insignifiants que le salaire des parlementaires en fin de mandat. La fin de la 50e législature ne peut en aucun cas résoudre cette crise multidimensionnelle.

À l'état actuel de la conjoncture, après les multiples querelles fratricides de 2019, l'amour de la patrie devrait exiger de tous les acteurs des sentiments nobles, élevés et moins arrogants qui auraient pu être interprétés comme une prise de conscience salutaire pour le pays. Ce n'est plus le moment de bomber le torse. On est tous coupables. Des deux côtés de la barre, il n'y a pas de bilan. L'échec est cuisant et le mal est infini.


Il faut donc un consensus entre les acteurs. Tout au moins, ils doivent s'accorder sur leurs désaccords en privilégiant les intérêts supérieurs de la nation. À ce carrefour de l'histoire, le président Jovenel Moise doit cesser d'être le chef d'un clan pour se hisser à la hauteur d'un chef d'État et assumer pleinement les responsabilités que lui confère la fonction.

Par ce consensus, Jovenel Moïse pourrait au moins sauver le reste de son mandat après avoir passé les trois premières années sans aucune réalisation concrète. Le dialogue national, la nouvelle constitution, la tenue des élections générales, le redressement de l'économie nationale sont autant de chantiers qui devraient être l'objet d'un véritable accord politique pour pouvoir au moins commencer la nouvelle décennie sur une note positive.

Noclès Débréus







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