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Mourir à l’école

Mourir à l’école



Ils sont plus nombreux qu’on le croit, les citoyens, particulièrement ceux qui sont parents, atterrés par le traitement que les acteurs politiques, d’un bord à l’autre, réservé à l’école en Haïti.

Pendant longtemps, pendant trop longtemps, nous avons cru que l’école était la seule institution du système qui garantissait un espoir de mobilité sociale parce qu’elle pouvait corriger les disparités économiques et sociales en offrant la possibilité de construire un avenir meilleur aux enfants de la République.

Mais, il est évident que nos complexes et les mythes qui nous dirigent ont eu raison de la logique d’offrir aux Haïtiens, à travers l’école, les mêmes possibilités d’accéder aux savoirs, aux compétences et à la culture pour ensemble contribuer à élever la nation.

La promesse de rendre l’école réellement universelle est, jusqu’à preuve du contraire, une vantardise constitutionnelle, un mensonge sans cesse renouvelé avec les ambitions populistes des responsables politiques et une parfaite ineptie.

Nous avons tant à dire sur la fumisterie d’État dans la gestion d’un système éducatif qui génère ses lots d’écoles borlettes, ses académies internationales, ses grèves et ses échecs. Dire que l’école haïtienne est à la traine n’est ni une fable ni de la médisance. L’actualité de cette semaine vient encore montrer qu’il peut être aussi dangereux d’aller à l’école en Haïti.

Les images de l’ambulance, emportant des corps d’élèves morts, écrabouillés à l’école, perturbent et sont lourdes de sens. Malheureuse évidence, des élèves ne peuvent pas sortir de chez eux, d’autres sont kidnappés sur le chemin de l’école s’ils ne sont pas victimes d’accidents de la circulation.

Après un premier trimestre perdu, le collège mixte l’Ascension est le théâtre de l’impensable. Un camion, en perte de contrôle, a foncé dans le mur de l’école tuant au passage deux enfants et blessant plusieurs autres. Il est vrai que nous avons accepté l’offre d’une école médiocre fondée sur le filtrage sélectif des enfants. Voilà qu’elle se met à les tuer.

Le 7 novembre 2008, à Pétion-ville, 93 élèves mouraient sous les décombres lors de l’effondrement du bâtiment de la Promesse collège évangélique. Il est temps de commencer à poser la question de la sécurité des élèves à l’école. Nous devons apprendre à gérer les risques du quotidien si nous voulons survivre aux évènements exceptionnels comme les tremblements de terre et les cyclones majeurs. La mission primordiale de l’école est de sauver des enfants. Pour ce, il faut absolument les protéger de l’irresponsabilité des uns et de la négligence des autres.

À la Maison des étudiants de Stockholm, Albert Camus après la réception de son Prix Nobel, déclarait : « En ce moment, on lance des bombes dans les tramways d'Alger. Ma mère peut se trouver dans un de ces tramways. Si c'est cela la justice, je préfère ma mère ». Cette phrase alimente, encore aujourd’hui, les débats.

Si l’école continue de tuer, à Petion-Ville et à Martissant, les parents n’auront qu’à choisir entre cette école-là et la vie des enfants.

Jean-Euphèle Milcé




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