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Et après ?

Et après ?



L’opération connait jusqu’ici un vrai succès. Elle est renforcée par des alliances inespérées. Certains des acteurs y participent à dessein. D’autres s’y mettent par naïveté ou par leur nonchalance. L’hostilité envers l’équilibre de l’État et la nation a rarement été aussi vive. Tout porte à croire que le pays compte des ennemis parmi ses propres fils.

L’impunité sur les massacres qui se sont suivis à La Saline, à Carrefour-Feuilles et au Bel’Air devait alerter chaque Haïtien sur la tournure à craindre. Le redécoupage de la capitale en caciquats mafieux annonçait déjà que la sécurité des citoyens a cessé d’être une préoccupation aux yeux du gouvernement. La police et la justice ont laissé faire. Les larmes et les rigoles de sang abondent encore et encore.

Le cauchemar se poursuit. Des cadavres abandonnés pendant des heures dans les flaques d’eau de Martissant, les corps découpés et calcinés au Bicentenaire et à La Saline indiquent que le règne de la terreur a non seulement pris le dessus, mais tend à se pérenniser. L’État s’est effondré. La Police nationale, la mission onusienne et les plus grands partenaires d’Haïti en matière de sécurité n’arrivent pas à trouver la formule capable de rétablir l’ordre public.

L’information la plus insolite dans les Amériques ces derniers jours renvoyait à un fait qui s’est produit en Haïti. Des juges et des avocats ont été contraints par des hors-la-loi de vider le Palais de justice. Ces derniers ont vite exécuté la consigne, s’estimant chanceux de pouvoir se retirer avant que des heurts éclatent. Les bandits ne se contentent plus de tuer les innocents et de violer les pauvres femmes des quartiers défavorisés. Ils s’attaquent désormais à ce qui constitue le semblant de vie institutionnelle. La justice devient par ici un concept vidé de son contenu.

L’hypothèse selon laquelle les autorités seraient derrière les atrocités des gangs reste très osée et parait même troublante. Mais le cynisme et l’indécence qui permettent à ces dirigeants de fermer les yeux sur des massacres en série et de protéger leurs proches qui y seraient impliqués sont sans bornes.

Il ne restera plus grand-chose à diriger quand les bandits et leurs puissants commanditaires auront fini de tout piétiner. C’est une folie si des membres de la classe politique croient tirer un quelconque avantage de ce chaos. En plus des nombreuses personnes tuées, des biens volés et de toutes les autres exactions commises, ils devront porter le fardeau des souillures irréparables subies par les symboles de la République. Que la nation en prenne note !

Kendi Zidor





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