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Le choix de l’irrationnel

Le choix de l’irrationnel



Les négociations qui se sont déroulées pendant trois jours à la Nonciature n’ont pas abouti. C’est ce qu’annonce un communiqué du gouvernement en date du 31 janvier. Les acteurs se sont, semble-t-il, mis d’accord sur certains autres points d’un agenda copieux, autour de la crise constitutionnelle et des réformes urgentes à entreprendre au niveau de l’État. On ignore s’il s’agit d’un « élégant » communiqué destiné à calmer les appréhensions du public qui attendait une issue à cette crise, ou si tout est bel et bien terminé. Et nous voilà repartis pour le cycle infernal de bagarres sociales et répressions sur fond de règlements de comptes souvent mortels.

Un communiqué du Core Group au langage sibyllin « regrette que les participants aux discussions n’aient pu parvenir un accord malgré leurs efforts… Tout en réitérant son soutien aux institutions de l’État et au peuple haïtien, les membres du groupe invitent les secteurs de la société haïtienne à prendre leurs responsabilités face aux défis auxquels le pays est confronté ». C’est le genre de communiqué qui aurait pu paraître il y a un mois. Tant ils se ressemblent tous dans la forme et dans le fond.

En tout cas, les Haïtiens ont compris que rien n’a changé sous le soleil. La crise carabinée que nous vivons semble avoir de beaux jours devant lui. Le Président dopé par l’échec brutal de ses opposants officiels est encore sur un petit nuage, tandis que certains de ses adversaires les plus déterminés annoncent dans la foulée les mêmes vieilles tactiques de mobilisation dans un environnement volatil où tout le monde a le moral en berne.

Les Haïtiens sont entre le marteau d’une économie qui, telle une avalanche, s’effondre à grand bruit sur leurs têtes, et l’enclume d’un sol dont les grondements sourds sont de plus en plus perceptibles ces jours-ci. Il y a aussi, venu d’ailleurs, la menace inquiétante d’un virus, le coronavirus, qui provoque déjà une peur panique au sein d’une population déjà en pleine détresse sanitaire.

Entretemps, les hommes en charge de la cité ou qui veulent un jour la diriger n’ont pas assez conscience qu’il y a plus que péril en la demeure. Le moment d’accalmie a permis de tirer un premier bilan des semaines de lock. Selon la Banque de la République d’Haïti (BRH) : « Avec un total de 639, 28 milliards de dollars américains, les importations pour le premier trimestre de l’exercice fiscal en cours correspondent seulement à 54 % des importations du premier trimestre. Les dépenses publiques ont considérablement augmenté pour atteindre les 42, 7 milliards de gourdes, tandis que les taxes et impôts collectés par l’État haïtien n’ont augmenté que de 4,5 % ».

Tous les autres secteurs de l’agriculture au tourisme, en passant par l’immobilier, ont été lourdement affectés. L’aide internationale dépend de la résolution d’une crise qui dégoûte les Haïtiens de faire de la politique, tant elle apparaît un jeu à somme nulle.

Le chef de l’État continue de proclamer sa foi dans un pays uni et apaisé, mais ceci ne remplit pas le panier de la ménagère et ne calme pas les ardeurs meurtrières des bandits qui veulent nous ramener au Moyen âge. Le gouvernement s’aligne sur toutes les positions de l’administration américaine jusqu’à soutenir le nouveau Plan de paix au Proche-Orient rejeté par la Ligue arabe. Ce sont des choix stratégiques qui laissent très peu de marge de manœuvre à une diplomatie haïtienne jugée par certains observateurs, trop inféodée à celle du Département d’État américain.

Quoi qu’il en soit, nos leaders, qu’ils soient du pouvoir ou de l’opposition, ont encore une partition à jouer dans une musique qui évoque, pour l’instant, une marche plus funéraire que patriotique.

On s’étonne encore que l’aggravation de la crise au quotidien ne soit pas parvenue à convaincre nos politiques de faire preuve d’imagination pour nous sortir de ce chaos.

Roody Edmé




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