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Retour de bâton

Retour de bâton



Un mois s’est écoulé depuis le début de l’année 2020 et la République semble s’éloigner des turbulentes mobilisations populaires qui ont bloqué le pays jusqu’à limiter les déplacements de la population d’un quartier voisin à un autre. Cet épisode, d’une violence considérable, a, en passant, disqualifié toute la classe politique parce qu’il était évident que la cacophonie provoquée par la lutte, si légitime pouvait-elle être, traduisait sa déconnexion à toute notion de classe sociale.

Souvenons-nous un instant que les désirs de pouvoir, soit pour la garder ou pour l’obtenir, sont insensibles aux dégâts collatéraux. Il s’agit d’un petit jeu manichéen où les forces sont rangées en deux catégories : celles qui supportent et celles qui font obstacle.

Les « combattants » autoproclamés du quartier de Martissant, cette bretelle incontournable dans la liaison entre la capitale, le reste du pays au grand sud ont profité des faiblesses caractéristiques d’un État mou pour redessiner la carte d’Haïti en scindant le pays en deux. Ruinant au passage toutes les entreprises évoluant dans le secteur touristique. Situation que les citoyens, opérateurs et associations du secteur ont déplorée et documentée.

Cependant, nous avions oublié que le Centre de formation pour l’école fondamentale (CFEF), l’unique structure publique dédiée à la formation des enseignants de l’école fondamentale, a été contraint de fermer ses portes. Blocage de route. Présence, dans le quartier, de gangs haineux et hyperactifs, les étudiants et les professeurs n’ont pas pu braver et mater les dangers.

Aujourd’hui, les étudiants du CFEF ont compris qu’il fallait exiger la reprise des cours et ce n’est pas en faisant la causette citoyenne avec le ministre de l’Éducation nationale et tous les intercesseurs légitimes du ministère, qu’ils vont obtenir gain de cause. Et dans un retour de bâton spectaculaire et qui fait désordre, ils ont décidé de bloquer la route de Martissant pour faire entendre leurs doléances. Ce faisant, ils pensent avoir pris des mesures fortes à la hauteur du problème. Inquiets, ces étudiants cherchent des instruments efficaces pour forcer les autorités à intervenir en leur faveur.

C’est de bonne guerre, mais il y a lieu de s’inquiéter. Ce matin, avant même le lever du jour, des riverains ont bloqué la Nationale numéro 3 à hauteur de Péligre. Ils exigent une exonération complète des factures d’électricité parce qu’ils sont voisins de la centrale électrique de Péligre qui produit l’électricité qu’ils consomment.

Hier, un groupe de citoyens menés par un présumé chef de gang a saccagé la Mairie de la Croix-des-Bouquets, lors d’une expédition punitive visant le maire principal contre qui ils sont en colère. Cela s’est passé aux heures de bureau. Le personnel et même ceux de passage dans la zone de la Mairie ont payé à la place de l’édile de la cité.

Avant hier, dans une église de Saut-d’Eau, les fidèles et les officiants de la messe ont été témoins, malgré eux, d’un pugilat entre des ennemis et des partisans d’un ancien député accusé de n’avoir rien fait pour la population. Bilan un mort et plusieurs blessés.

Il est évident que cette stratégie, loin de toute idée de lutte pour une quelconque démocratie, ne rend service ni à l’État ni à la population ni aux protagonistes ni au combat politique. Il s’agit d’une zone tout aussi violente qu’incompréhensible.

Jean-Euphèle Milcé





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