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La ligne rouge

La ligne rouge



Depuis fort longtemps déjà, nous avons aperçu le danger, nous avons pressenti le pire, nous avons pris des dispositions en nous barricadant derrière des murs de parpaings, des grillages solides, des voitures blindées ou en déménageant vers le premier pays d’accueil à notre portée. L’insécurité a toujours été au cœur de toutes les revendications et de toutes les promesses de campagne, malgré les tueries de masse, les assassinats spectaculaires, les viols et les kidnappings se succèdent endeuillant les familles, abreuvant les salles de rédaction et les réseaux sociaux de douloureuses nouvelles.

Sommes-nous devenus, à ce point, insensibles pour ne pas nous rendre compte que le pays est au bord de l’impensable chaos, d’une situation qui ne saurait trouver un mot sensé pour la qualifier ? Le pays est au seuil d’une ligne rouge et le banditisme est passé d’une activité répréhensible à une épidémie presque incontrôlable. Pour preuve, comme en 2005 et 2006, les actes criminels se multiplient actuellement et il ne se passe pas un jour sans des cas de kidnapping et d’assassinat insolites (dans leur mode opératoire) rapportés.

Nous assistons actuellement, et ce n’est rien, à l’une des périodes les plus noires de l’histoire de la Police nationale d’Haïti. Ses agents ne sont pas plus en sécurité que le reste de la population quoiqu’il leur incombe la responsabilité de protéger les vies et les biens sur l’ensemble du territoire. Aujourd’hui la Direction générale de la Police a annoncé être en mesure de déployer des unités de la police, plus mobiles et plus efficaces dans certains points de la zone métropolitaine. Les noms de code « Rideau de fer », « Triangle de la mort », tout droit sortis d’un lexique de l’histoire des relations internationales ne soulèvent pas les foules, car le mal et les inquiétudes sont trop profonds.

La réalité étant ce qu’elle est, nous sommes en droit de douter que ces mesures ne peuvent pas compenser l’absence d’efforts pour prévenir le crime dans un pays qui comprend trop bien et applique trop facilement le « degaje pa peche », une caution pour les actes de tous les génies, confirmés ou apprentis, du mal. Il demeure, à nos yeux, que dans le combat qui oppose la société aux bandits, il faut que la Police, au-delà des nouvelles unités déployées, trouve de bons alliés capables et décidés à mater l’impunité, les sources de la corruption et les complots politiques. Autant de maux rampants dans une société en constante ébullition.

Faudra-t-il rappeler que des jeunes, pauvres comme peuvent l’être des étudiants en Haïti, sont les cibles de kidnappeurs depuis la fin du mois de janvier ? Comme les rançons en jeu ne sont pas énormes, il n’est pas déplacé de supposer que les bandits commettent ces actes soit pour rire, soit pour s’entrainer, soit pour exécuter un plan de déstabilisation politique.
À ce point, il ne s’agit ni d’un scoop médiatique ni de bonnes pages d’un roman noir.

Jean-Euphèle Milcé




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