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Rencontre binationale entre journalistes haïtiens et dominicains

Rencontre binationale entre journalistes haïtiens et dominicains








Un premier échange entre journalistes haïtiens et dominicains a été réalisé, le jeudi 29 novembre 2018, à CODEVI sur la frontière Ouanaminthe-Dajabón dans le Nord-Est du pays, pour donner suite à la formation « Migration et Droits Humains » du Service Jésuite aux Migrants (SJM-Haïti) et du Centro Montalvo. Cette activité a été l’occasion pour l’ex-consul d’Haïti en République Dominicaine Edwin Paraison, le journaliste international Jean-Michel Caroit et le directeur d’un média en République dominicaine, Adalberto Grullón, d’intervenir sur la thématique « Migration et Journalisme ». Pour les communicateurs présents, la création d’un réseau de journalistes frontaliers est importante afin de mieux traiter et partager les informations sur l’île.

Dans le cadre du projet « Protéger les droits de la population migrante haïtienne et dominicaine d’ascendance haïtienne apatride en Haïti et en République dominicaine », une rencontre binationale avec des journalistes a été organisée, jeudi 29 novembre, dans la zone franche de CODEVI principalement dans la partie dominicaine sous la direction du SJM-Haïti et du Centro Montalvo autour du thème « Migration et Journalisme ». Pour mieux gérer les conflits entre les deux peuples voisins, certains journalistes estiment opportune la création d’un réseau de journalistes frontaliers afin de mieux traiter et partager les faits. Quant à Jean-Michel Caroit, Journaliste et spécialiste dans les questions caraïbes et d’Amérique Centrale, Adalberto Grullón, journaliste et directeur de média et Edwin Paraison, ex-consul d’Haïti en République dominicaine, ils n’ont pas manqué d’exposer chacun sur un point de la thématique tout en le remettant en question.

En effet, dans son exposé se basant sur « Les journalistes face au défi d’améliorer les relations migratoires sur l’île », l’ex-ambassadeur a tenu à faire un rappel historique de la relation entre les deux peuples avant de voir le rôle des journalistes. Pour M. Paraison, le journaliste est tenu de transmettre une information véridique au public sur la base de l’honnêteté intellectuelle. Il ajoute qu’il doit être en mesure de renforcer ses capacités d’analyses sur la question migratoire avec des formations continues. Pour lui, le journaliste doit comprendre ce qui se passe sur le plan migratoire afin de mieux traiter ce thème.

En plus d’être capable d’affronter la manipulation politique, il croit que le journaliste a la responsabilité d’aider à contrecarrer les désinformations et les « fake news ».

« Expérience et apprentissage dans la pratique du journalisme, cas RD-Haïti », tel est le point sur lequel le journaliste international, Jean-Michel Caroit a fait son exposé. Selon lui, depuis environ 30 ans qu’il est sur l’île, les relations bilatérales ne se sont vraiment pas améliorées. En dépit de certains efforts, dit-il, les relations entre les deux pays sont très conflictuelles. La question de la langue, pense-t-il, est un vrai problème pour la connaissance mutuelle. Pour lui, il y a davantage de journalistes haïtiens capables de comprendre et de lire en espagnol. « Il y a très peu de journalistes dominicains capables de travailler sur un texte en français ou en créole », a fait savoir M. Caroit.

« La seule manière de lutter contre la migration désordonnée et massive, c’est la stabilisation et le développement en Haïti », dit le journaliste à propos de ce qui se répète en République dominicaine et le CODEVI pour lui, est le meilleur exemple en termes de création d’emplois. « Ce sont les Haïtiens eux-mêmes qui peuvent résoudre le problème haïtien », indique le journaliste senior tout en faisant savoir que l’échec de la communauté internationale est clair.

Et le dernier exposé avant de conclure est celui du directeur de média en République dominicaine, Adalberto Grullón sur « L’approche du Journalisme, sur les thèmes migratoires, acteurs sociaux et politiques ». Selon M. Grullon, ces jours-ci, le journaliste est devenu comme un commerçant et ceci aux dépens de sa fonction sociale. En ce sens, il tient à rappeler l’importance de la fonction sociale du journaliste.

Selon M. Grullón, le journaliste doit « servir de son canal pour dénoncer et faire passer les revendications du peuple », « surveiller les actions des pouvoirs publics », « défendre et promouvoir les droits humains ». Il s’en prend à certains journalistes qu’il qualifie de « journaliste Kérosène ». Au lieu de résoudre les conflits de manière démocratique, ils préfèrent mettre du feu en aggravant le problème dans le but de faire des « buzz ». Pour lui, la classe de journaliste que possède un pays peut l’aider à progresser ou le régresser.

En plus d’avoir l’obligation de se «servir de son espace pour le débat démocratique, il croit que l’éthique est très importante en journalisme et celui qui n’en a pas est un danger pour sa communauté. Parfois, dit-il, il n’y a pas de différence entre un journaliste et un politicien. En ce sens, il fait référence au fanatisme politique aussi bien qu’à l’activisme politique. Certains journalistes s’entretuent souvent en défendant chacun un politicien, déplore-t-il.

Réagissant après la formation, certains participants n’ont pas manqué à exprimer leurs satisfactions. « À partir de cette formation, on peut utiliser les journalistes, les médias pour la bonne cause. Cette cause, c’est de permettre au peuple de savoir la vérité. Un peuple bien imbu de sa réalité, cela peut le permettre d’aller vers l’avant », a fait savoir Robenson Siquitte, promoteur droits humains au Service Jésuite aux Migrants. Pour Tania Molina, une journaliste dominicaine, cette formation est importante, car elle permet de se rencontrer pour parler de la réalité haïtiano-dominicaine. Cette rencontre peut constituer un canal pour partager des informations basant sur les faits et sans préjugés.

Les journalistes des deux côtés de l’île croient qu’une association de journalistes des deux pays est importante dans le but de lutter contre les préjugés et mieux traiter les informations.

Wisly Bernard Jean-Baptiste



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