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Pour mieux appréhender le budget national

Pour mieux appréhender le budget national








Comprendre le budget national et ses composantes, voilà ce que propose le Group Croissance à la population haïtienne depuis un certain temps, à travers des formations réalisées soit dans les locaux de Group Croissance, sis à Delmas 71, soit à l’hôtel Villa Thérèse, à Pétion-Ville. Animé par un réel souci d’attirer l’attention de tous les secteurs de la société haïtienne, l’économiste Kesner Pharel présente même un court-métrage sur le budget à la population haïtienne à Télé Métropole, sans compter qu’à travers son émission « Rendez-vous économique », il offre la possibilité de parler économie. Sa rage de rendre accessibles les informations liées au budget force l’estimation. Avec lui, difficile de ne pas comprendre les priorités d’un gouvernement simplement après avoir lu le budget national. Dans l’optique d’attirer l’attention des jeunes sur leur implication dans le budget national, nous l’avons rencontré pour les lecteurs de la chronique « À la rencontre de la Jeunesse ».



DERNIÈRE PARTIE

Budget de Rupture

L.N. : Depuis un certain temps, vous faites la promotion d’un budget de rupture. Dites-nous-en plus à ce propos.

K.P. : En effet, le budget de rupture, prôné par le Group Croissance, est pour que l’on arrête d’allouer les fonds des contribuables haïtiens au fonctionnement. Comme je l’ai dit tantôt, il faut investir si nous voulons développer la société haïtienne. De ce fait, les dépenses pour le fonctionnement à travers le budget sont trop lourdes. C’est pourquoi il reste moins de fonds pour investir dans les projets de société.

De plus, il faut résoudre le problème sur la taxe sur le chiffre d’affaires dans la société haïtienne. Les ressources domestiques sont supportées en grande partie par les impôts indirects. Lorsqu’une personne achète dans un super marché, on ne lui demande pas combien il gagne comme salaire pour pouvoir en déduire la taxe. Que l’on fasse partie des 25 % de l’extrême pauvreté, des 60 % des personnes pauvres, l’on paie de la même manière la taxe sur le chiffre d’affaires que les personnes riches ou extrêmement riches. La taxe est uniforme et homogène pour tout le monde. C’est pourquoi nous prônons un budget équitable pour tous où nous investissons beaucoup plus dans les communautés les plus pauvres du pays pour freiner l’injustice sociale.

L.N. : Qu’est-ce qui justifie l’augmentation, selon vous, de l’enveloppe allouée au Parlement de 2010 à aujourd’hui ?

K.P. : D’abord, évaluons la performance du Parlement haïtien à travers le travail réalisé par celui-ci. Voter des lois, les ratifier et même faire des propositions de loi, et en regardant le travail de nos parlementaires durant les dix dernières années, pouvons-nous affirmer que nous en sommes satisfaits ? J’en doute fort. D’ailleurs, à travers l’enquête réalisée par l’Observatoire citoyen pour l’institutionnalisation de la démocratie (OCID) sur la performance du Parlement haïtien, nous avons constaté que les perceptions sur le Parlement sont néfastes. La population haïtienne n’est pas satisfaite. Donc comment peut-on justifier durant la décennie 10-20 une telle augmentation de l’enveloppe allouée au Parlement ? Sachant que celle-ci était de 2 à 3 milliards en 2010, aujourd’hui elle est d’environ 6 à 7 milliards, pour quels services rendus à la communauté ? Selon moi, on dépose beaucoup trop d’argent au Parlement surtout l’on remarque avec effroi que les résultats ne sont pas au rendez-vous.

L.N. : Dites-nous, quel devrait être le barème maximal de l’enveloppe accordée au Parlement ?

K.P. : Difficile à estimer. Toutefois, nous devons accorder au Parlement tout ce dont il a besoin pour bien contrôler et superviser. Il faudra également aux parlementaires ratifier et proposer des lois capables de favoriser la croissance économique. Le Parlement doit travailler pour que la société haïtienne puisse rentrer beaucoup plus d’argent. Comprenez que je suis pour que l’on paie mieux chaque parlementaire, mais il faut que le travail soit fait, il faut qu’il y ait de l’argent disponible. Après les événements du 6 et 7 juillet 2018, nous nous sommes aperçus que le Parlement avait fait des modifications à la hausse au niveau des dépenses de fonctionnement. Dans quelle logique ? Nous l’ignorons, mais je ne cesse de clamer haut et fort que dépenser l’argent des contribuables pour le fonctionnement au détriment des investissements sociaux ne résoudra pas nos problèmes. Il nous faut changer de tendance.

L.N. : En résumé, que devons-nous retenir du budget national ?

K.P. : Je n’irai pas par quatre chemins pour dire que le budget national est très inéquitable. Il est fortement concentré dans le département de l’Ouest ignorant les départements les plus pauvres. C’est un budget qui est supporté par les contribuables haïtiens et non par l’international comme le pensent beaucoup. Sans compter que le budget ne propose pas d’investir dans des projets capables de résoudre l’injustice sociale. C’est pourquoi nous proposons, à Group Croissance, ce budget de rupture. Investissons pour éradiquer la pauvreté, d’ailleurs 20 % des personnes les plus pauvres de ce pays devraient bénéficier d’un montant à l’avance alloué vers les investissements sociaux. Je pense que le budget de rupture pourrait nous aider à non seulement développer ce pays, mais également à atteindre les buts que nous nous sommes fixés à travers les Objectifs de développement durable (ODD). D’ici 2030, nous pourrions atteindre la barre des pays avec moins de pourcentage de gens dans l’extrême pauvreté. Pour cela, il nous faut faire des choix réfléchis. Merci !.

Propos recueillis par :
Laïka Mezil (Latika)



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