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Évolution de la connaissance et de la prévention du risque sismique en Haïti

Évolution de la connaissance et de la prévention du risque sismique en Haïti








Le ministère de l’Intérieur et des Collectivités territoriales (MICT), de concert avec le ministère de la Planification et de la Coopération externe (MPCE), l’Université d’État d’Haïti (UEH) et le Programme des Nations unies pour le développement en Haïti (PNUD-Haïti), a organisé, au local du PNUD, une table ronde, jeudi 31 janvier 2019, autour du thème « Évolution de la connaissance et de la prévention du risque sismique en Haïti ». L’objectif de cette table ronde, réunissant des chercheurs, des sismologues et des experts en risques naturels, est de dresser un bilan et capitaliser sur le retour d’expériences de ces neuf dernières années.

« Évolution de la connaissance et de la prévention du risque sismique en Haïti », tel est le thème de cette table ronde organisée, le jeudi 31 janvier, au local du Programme des Nations unies pour le développement en Haïti (PNUD-Haïti). Des experts, dont l’ingénieur-géologue Claude Préptit du Bureau des mines et de l’énergie (BME), Samira Philip du PNUD, Dominique Boisson de la Faculté des sciences (FDS), ont intervenu au cours de cette table ronde qui se donne pour objectif de dresser un bilan sur les neuf ans après le séisme du 12 janvier et présenter les avancées qui ont été réalisées dans la matière tout en mettant l’emphase sur certaines perspectives.

Claude Préptit, dans son exposé, a tenu à présenter les avancées en matière de la prévention du risque sismique en Haïti depuis 2010. Selon M. Préptit, s’il faut faire un bilan, il faut prendre en compte les principales composantes de la prévention du risque sismique. Ces composantes sont : Connaissance du risque sismique (aléa + vulnérabilité des enjeux), la surveillance et l’alerte, l’information préventive et l’éducation au risque, la prise en compte du risque sismique dans l’aménagement du territoire et dans le bâti, la planification de l’organisation des secours.

Malgré certaines avancées qui ont été réalisées depuis après le séisme du 12 janvier 2010, M. Préptit croit qu’on est encore très vulnérable et le séisme d’octobre 2018 dans le Nord l’a prouvé. Des professeurs ont été formés et trois séances de simulations ont été réalisés dans les écoles dans le Nord (SIMEX), et des documents sur la façon de construire ont été rédigés, des spots et un film documentaire sur la question ont été réalisés, a fait savoir l’ingénieur croyant qu’on doit faire beaucoup plus. Tout un ensemble d’études a été fait entre 2010 et 2019 dans certains endroits du pays, d’après le sismologue. Pour lui, il revient aux décideurs de faire les suites appropriées. « Les outils techniques sont là, mais ils ne sont pas encadrés par des lois », déplore M. Préptit. Il suggère un programme national pour sensibiliser la population à ce niveau.

Il croit qu’on doit introduire dans le curriculum des enfants la question du séisme. Ce serait une bonne chose pour réduire la vulnérabilité. « On investit très peu dans les recherches en Haïti », condamne M. Préptit. L’ingénieur croit que les bilans sont destinés aux décideurs et que la responsabilité revient au MICT de faire le bilan à date du séisme. « Nous avons 11 mois pour préparer la décennie du séisme du 12 janvier », affirme M. Préptit ajoutant que c’est maintenant qu’il faut le préparer.

Samira Philip, de son côté, a tenu à présenter l’identification et la cartographie des failles actives et l’évaluation de l’aléa sismique dans le département du Nord-Ouest et l’arrondissement de Gros-Morne. Pour Mme Philip, on est encore loin de connaître très bien les failles actives en Haïti ajoutant néanmoins qu’on est en train d’améliorer la connaissance. « La seule façon de nous protéger des séismes c’est de mieux construire, c’est la prévention », conclut-elle.

En ce qui concerne le professeur Dominique Boisson de la faculté des sciences (FDS) de l’UEH, intervenant sur l’Évolution des géosciences depuis le séisme 2010 au niveau de la recherche et de l’enseignement, il affirme qu’avant le séisme, très peu de personnes s’intéressaient à la formation en géoscience, faute de moyens. « La dernière formation en Géoscience en Haïti remonte aux années 80 », dit-il. Il a fait savoir que deux initiatives ont été prises il y a deux ans : création d’une unité de recherche et la création d’un programme de Master en géoscience à l’UEH. « En terme d’évolution, on est en train de former une nouvelle génération pour prendre la relève », laisse-t-il savoir, ajoutant d’ici la fin du mois de septembre à venir la première promotion va boucler le programme de Master.

M. Boisson croit que ces finissants vont contribuer dans la production des recherches scientifiques pour le pays. C’est bien, dit-il, d’avoir des partenaires sur les dossiers sismiques, mais faut-il qu’on soit en mesure de compter sur notre propre force. Toutefois, il plaide pour que ce soit les fonds nationaux qui financent les recherches au lieu des fonds étrangers.

Wisly Bernard Jean-Baptiste



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