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Et ces braqueurs, chauffeurs de taxi-motos !

Et ces braqueurs, chauffeurs de taxi-motos !








Déjà des années depuis que les motos s’installent comme le moyen de transport le plus populaire en Haïti. Ce mode de transport, non seulement en tant que mode de transport de mobilité rapide, surtout aux heures de pointe, mais surtout en tant qu’activité économique ou survie pour des milliers d’Haïtiens, relève de l’informalité dans les artères de Port-au-Prince. Avec le temps, en plus des victimes des accidents de la route faits par les mototaxis, viennent s’ajouter les braquages à main armée.

Le taxi-moto permet à des milliers d’usagers de se déplacer d’un coin à un autre, notamment d’atteindre les zones les plus reculées du pays. Il supplante le transport traditionnel urbain. Il constitue une véritable débrouillardise, voire une véritable survie pour des milliers de jeunes dont la situation devient de plus en plus précaire, dont l’espoir d’un lendemain meilleur s’assombrit. Un véritable problème de sécurité publique.

Depuis des années, les motocyclettes tendent de jouer un rôle prépondérant dans le domaine des transports en commun en Haïti. Pas une seule semaine ne passe sans entendre des dénonciations dans les médias sur les cas de braquages à main armée par des personnes circulant à moto. Ces braqueurs, circulant à moto, dans la majorité des cas, dans l’aire métropolitaine, fonctionnent sans aucune inquiétude et en toute impunité en dépit des dénonciations. Les victimes de cette forme d’insécurité sont nombreuses. Fort souvent, ce sont des femmes. Elles ne cessent de porter plainte, mais jusqu’à présent rien n’est fait.

« J’ai pris la moto à la station de Delmas 33 pour me rendre à Delmas 19. Il était dans les 20 heures. Entre Delmas 29 et 19, le chauffeur s’est arrêté pour ensuite descendre et pointer son arme me demandant de lui remettre mon sac », raconte Rita, les larmes aux yeux. Pris de panique, Rita a dû s’enfuir sans obtempérer. Elle est poursuivie par le chauffeur qui l’a rattrapée, l’a jetée par terre pour ensuite repartir en toute quiétude. Rita est sortie fracturée au bras avec des blessures légères dans plusieurs parties de son corps.

Ricot est sauvé de justesse. Par chance, une voiture passait tout près du local de la Natcom à Pont-Morin au moment où le chauffeur lui intimait l’ordre de lui remettre les téléphones et son porte-monnaie. Le même cas s’est produit au même endroit. Cette fois, Stéphanie a résisté pour ensuite se voir bastonnée avant de perdre conscience. Les derniers souvenirs de cette soirée pour Stéphanie sont rares. Elle se rappelle avoir arrêté la moto à Lalue.

Des voix ne cessent de s’élever pour exiger des autorités étatiques des mesures pour contrôler ce secteur. Les propositions sont nombreuses, le recensement des taxis-motos, le dénombrement de leurs stations, l’identification des conducteurs. Celle-ci vise au port d’un gilet (chaque conducteur portera la couleur qui sera attribuée à sa commune où il dessert), sur lequel figurera un numéro. Une étiquette avec ce même numéro sera apposée sur le casque du conducteur qui doit porter une carte d’affiliation à la Plamotah. Un autocollant contenant un code d’identification sera apposé à l’arrière du siège de la moto. Selon les observateurs, ces mesures visent à réduire considérablement les dangers que représente le taxi-moto et à freiner l’insécurité dont la plupart des actes perpétrés dans les espaces urbains sont attribués aux conducteurs de moto.

Pour le seul mois de février, les actes de braquages ont connu une hausse si l’on se fie aux témoignages de différentes victimes qui se sont confiées au journal. Ils reconnaissent toutefois qu’ils ont été imprudents vu que les taxis-motos n’ont pas été pris dans les aires de stationnement. Jacqueline vit encore avec son traumatisme. Victime le 28 février dernier. Elle revenait de chez une amie à la ruelle Berne. Elle a arrêté la moto pour se rendre chez elle à la ruelle Titus. À l’avenue Christophe, à quelques mètres de l’Inaghei, le chauffeur est descendu rapidement de la moto pour l’attraper au cou et la frapper par terre tout en lui intimant l’ordre de lui remettre sa bourse. Sans résister, elle remet à son agresseur la bourse. « À terre je ne pensais qu’à une chose : ma mort. Le monsieur, l’arme en main, me fixait et était prêt à tout si je n’obtempérais pas », déplore la jeune femme.

En août 2018, le Secrétaire d’État à la Sécurité publique, Léon Ronsard St- Cyr, a sorti une note pour exiger des chauffeurs de moto de se conformer à certaines règles de sécurité. Selon les exigences du gouvernement, chaque chauffeur devrait enregistrer sa moto à la mairie de sa commune et payer 1 750 gourdes. En retour, il recevra un gilet et un casque. Pour récupérer ces équipements, le chauffeur doit fournir les documents suivants : les papiers d’enregistrement de la moto, la carte d’assurance, les originaux des papiers de la moto, permis de conduire du chauffeur, pièce d’identification du propriétaire de la moto et 2 photos d’identité.

Il était indiqué, poursuit cette note, qu’après la date du 8 août, tous les chauffeurs de motos retrouvés sans casques et gilets subiront les sanctions prévues par la loi. Une décision qui est restée sans suite alors que les cas d’insécurité causés par les motos se multiplient.

Hansy Mars



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