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Célébration de la Journée internationale des droits des femmes dans les communes frontalières

Célébration de la Journée internationale des droits des femmes dans les communes frontalières








De nombreuses organisations féminines, localisées dans les communes frontalières, en collaboration avec le GARR, ont organisé diverses activités pour marquer la Journée internationale des droits des femmes. Marche pacifique, conférences-débats, activités sportives et artistiques telles sont les différentes activités réalisées autour du thème « Nan lit pou chanjman sosyal la, fanm yo p ap rete dèyè » en cette journée internationale.

« Nan lit pou chanjman sosyal la, fanm yo p ap rete dèyè », tel est le thème retenu par les organisations des femmes évoluant sur la frontière et le Groupe d’appui aux rapatriés et réfugiés (GARR) pour commémorer la journée internationale des droits des femmes, 8 mars. Diverses activités ont été à l’ordre du jour dans le menu préparé par ces organisations de femmes pour marquer cette journée d’importance capitale pour les féministes.

À Baptiste (Centre), une marche suivie d’une conférence-débat a été organisée. Plusieurs dizaines de femmes membres du Réseau des femmes frontalières (REFEF) accompagnées d’hommes ont marché pendant environ une heure dans diverses rues de ladite commune. Elles ont scandé des slogans relatifs au respect des droits des femmes. « Fanm se wozo, La femme est un roseau ! Nous mande respè pou tout fanm, nous demandons le respect pour toutes les femmes ! Fanm yo pa dwe rete dèyè nan batay pou chanjman, dans la lutte pour le changement, les femmes ne doivent pas rester en arrière ! Respekte dwa fanm yo, respectez les droits des femmes ! », pouvait-on entendre.

À Belladère, toujours dans le département du Centre, une conférence-débat a été organisée et les panélistes ont mis l’accent sur la lutte des femmes ayant abouti à la journée du 8 mars. Ils/elles ont passé en revue les différents instruments nationaux et internationaux qui font obligation à l’État haïtien de respecter les droits des femmes.

Dans son intervention, Rose-Marie Chachoute, membre du Réseau des femmes frontalières, a encouragé les participantes et participants à s’engager corps et âme dans la lutte pour le respect des droits des femmes.

Pour sa part, Rigard Orbé, responsable de plaidoyer au GARR dans le cadre du projet Fwontyè San Fòs Kote, a fait état des différentes avancées réalisées en Haïti dans la lutte pour le respect des droits des femmes. Il a profité pour saluer la création en date du 8 novembre 1994 du ministère à la Condition féminine et aux Droits des femmes (MCFDF). Cette institution, selon lui, est la résultante de la longue lutte menée par diverses organisations des droits des femmes haïtiennes.

À Fonds-Parisien, section communale de la commune de Ganthier (Ouest), des organisations féminines communautaires ont réalisé une journée de réflexion à laquelle ont pris part des autorités locales. Intervenant comme panéliste en cette occasion, la chargée d’assistance légale au GARR, Anghie Lee Gardy Petit, estime qu’il reste beaucoup à faire pour atteindre l’égalité entre les femmes et les hommes en Haïti. Car, selon elle, les femmes sont les catégories sociales les plus victimes en matière d’éducation et d’emploi.

Suivant les dires de Mme Gardy, 47,7 % des femmes ont actuellement un emploi en Haïti alors que, statistiquement, elles sont beaucoup plus nombreuses avec un taux de 52 %. « Dans les entreprises privées comme dans les entreprises publiques, les femmes occupent les postes inférieurs ayant un faible revenu par rapport aux hommes », a-t-elle observé.

D’un autre côté, la militante Petit a fustigé le non-respect du quota de 30 % minimum des femmes dans l’administration publique. Pour elle, cette situation de déséquilibre social est due à une mauvaise représentation de la femme dans la société fondée sur le genre, expression du système patriarcal de la domination masculine. Pour remédier à cette situation, elle a plaidé en faveur d’un changement social, commençant au niveau des foyers, des communautés, des écoles, des universités, des églises pour ensuite aboutir aux espaces politiques.

Quant à Francklyne Dorzil, une autre intervenante en la circonstance, elle a mis l’accent sur les violences et les discriminations faites aux femmes, avec des exemples à l’appui. Elle a égrené un ensemble de barrières sociales, légales et économiques pour dégager l’immensité des problèmes sociaux et les lacunes des textes de loi en la matière. Pour pallier ces problèmes, la féministe a fait ressortir un ensemble de stratégies, allant de la responsabilité de la femme elle-même, de la communauté et jusqu’à la société civile organisée. « Les femmes doivent d’abord prendre en main leur destin par l’éducation, par des activités économiques autonomes et aussi par la création des partis politiques féministes capables d’implémenter les politiques sociales en faveur des femmes haïtiennes », a-t-elle précisé.

À Ouanaminthe, une série d’activités, dont une marche pacifique, des conférences-débats, matchs de football féminin et animation théâtrale ont été réalisés par la Plateforme genre du Nord-est (PGNE) en partenariat avec le GARR et le ministère à la Condition féminine et aux Droits des femmes (MCFDF). Ces activités ont été tenues simultanément dans 6 communes du département du Nord-est notamment à Ouanaminthe, Capotille, Ferrier, Terrier Rouge, Trou-du-Nord et Fort-Liberté.

À l’unanimité, les intervenantes estiment qu’il est fondamental que les femmes s’impliquent davantage dans la vie politique haïtienne en vue de faire respecter leurs droits.

La responsable de plaidoyer au GARR et coordonnatrice de la Plateforme genre du Nord-est, Jésula Blanc, a encouragé les participantes à voter pour les femmes au moment de l’organisation d’élections en Haïti. Ce qui, selon elle, permettra de mieux combattre les différentes formes de violences faites aux femmes.

Après les conférences-débats, des activités artistiques et culturelles ont été au rendez-vous. Des troupes théâtrales créées dans le cadre du projet Sans Fòs Kote du GARR ont sensibilisé les femmes à travers des mises en scène à Ferrier, Fort-Liberté, Ouanaminthe et à Ganthier.

Woovins St Phard



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