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Investir davantage dans l’éducation préscolaire

Investir davantage dans l’éducation préscolaire








Le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF) appelle les gouvernements du monde entier à investir davantage dans l’éducation pré-primaire, dans son tout premier rapport sur la petite enfance sorti mardi 9 avril 2019. En effet, l’agence onusienne a profité, entre autres, d’énumérer trois raisons essentielles pour rendre l’éducation préscolaire universelle, une priorité mondiale. Pendant ce temps, en Haïti, l’éducation préscolaire est majoritairement sous le compte du secteur privé.

Dans son tout premier rapport intitulé « A world ready to learn : Prioritising quality early childwood éducation » traduit en français « Un monde prêt à apprendre : prioriser une éducation de qualité pour la petite enfance », rendu public mardi 9 avril 2019, le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF) préconise aux gouvernements du monde entier à investir beaucoup plus dans l’éducation pré-primaire.

Dans ce rapport qui met en exergue le manque d’investissement de la plupart des gouvernements du monde entier dans la petite enfance, l’agence onusienne exhorte les régimes à consacrer au moins 10 % de leur budget national pour renforcer l’éducation de la petite enfance, investir dans les éducateurs ainsi que dans les normes de qualité.

En effet, ce rapport de l’UNICEF vient dans un contexte où le système éducatif haïtien fait face à un ensemble de problèmes de toutes sortes malgré certains efforts du ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP). De surcroit, l’éducation préscolaire est, en très grande partie, pour ne pas dire exclusivement, reposée sous le compte du secteur privé haïtien.

Pour citer Jacqueline Baussan- Loubeau, éducatrice préscolaire et psychologue clinicienne, le Plan opérationnel 2010-2015 élaboré par le ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP) stipule que « l’éducation préscolaire, destinée aux enfants de 3 à 5 ans, n’est pas obligatoire. Elle vise l’éveil et la stimulation de l’enfant aux plans émotionnel, physique et social ». Selon cette éducatrice, « la situation professionnelle des éducateurs est peu gratifiante. Les salaires sont bas, les emplois ne sont pas garantis. Chez les éducatrices préscolaires, le choix de carrière est motivé par l’amour des enfants. En début de carrière, les jeunes éducatrices sont à la recherche de prestige, d’une bonne rémunération et d’un emploi stable ».

Mme Baussan-Loubeau précise également dans le « Cahier thématique – Politique de la petite enfance et développement national » daté en 2014 et qui garde encore sa fraicheur en 2019, un ensemble de faiblesse du système préscolaire comme l’insuffisance des effectifs formés et « une pléiade de jeunes filles qui ont arrêté les études à des niveaux divers » et qui sont enseignantes.

À côté de tout cela, le rapport sur la petite enfance de l’UNICEF met en évidence les bienfaits de rendre universelle une éducation préscolaire de qualité. Tout d’abord, pour l’agence onusienne, une éducation pré-primaire de qualité définit une base solide pour apprendre. L’agence juge que les enfants bénéficiant d’une préscolaire commencent l’école primaire avec un solide fondement de l’apprentissage ; ils ont, de plus, de fortes compétences sociales et leurs vocabulaires plus larges. Ils ont un meilleur sens des nombres et développent plus de curiosité pour apprendre.

Ensuite, le rapport laisse entendre que l’éducation pré-primaire universelle favorise les systèmes d’éducation à être plus efficaces. L’UNICEF justifie cela en faisant savoir que les enfants qui ont fréquenté le maternel (préscolaire) sont moins susceptibles d’abandonner l’école et plus susceptibles de terminer l’école primaire et secondaire.

Et comme troisième raison, peut-on lire, l’éducation préscolaire équitable est une stratégie efficace pour promouvoir la croissance économique. « Un enseignement préscolaire de qualité réduit les écarts de réussite précoce des enfants issus de ménages défavorisés et les place sur un pied d’égalité avec leurs pairs aisés », précise le rapport ajoutant qu’il développe les compétences qui seront nécessaires sur le marché du travail.

Dans la même veine, dans un communiqué de l’UNICEF, sa directrice générale, Henrietta H. Fore, laisse entendre que « si les gouvernements d’aujourd’hui veulent que leur main-d’oeuvre soit compétitive dans l’économie de demain, ils doivent commencer par une éducation précoce ». Puis elle ajoute que « si nous voulons donner à nos enfants la meilleure chance de réussir dans une économie mondialisée, les dirigeants doivent donner la priorité à l’éducation pré-primaire et lui fournir des ressources suffisantes ».

Il faut souligner que les écoles préscolaires en Haïti sont dotées d’un curriculum. Et l’objectif, selon un communiqué du MENFP, en date de décembre 2017, est de « signifier à tous les acteurs du préscolaire qui sont directement impliqués sur le terrain dans le processus de l’implémentation, les changements profonds de comportements et de pratiques indispensables permettant de faciliter un enseignement de qualité ».

Wisly Bernard Jean-Baptiste



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