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Sécurité alimentaire en Haïti : une question qui doit interpeller tout le monde

Sécurité alimentaire en Haïti : une question qui doit interpeller tout le monde








« Sécurité alimentaire en Haïti : état des lieux, défis et recommandations » tel est le thème d’une conférence qui a eu lieu, vendredi 12 avril 2019, au local de l’Université de la Renaissance d’Haïti (URH) sous l’initiative de la Conférence des recteurs, présidents et dirigeants d’universités et d’institutions d’enseignement supérieur haïtiennes (CORPUHA) en partenariat avec l’Agence universitaire francophone (AUF) et l’URH. Il a été question pour des intervenants comme Jean Ulysse Hilaire et autres de dresser un état des lieux de la situation alimentaire en Haïti.

Partant des constats que l’université n’est pas trop impliquée dans le développement du pays et la sécurité alimentaire devient très alarmante en Haïti et autres, la Conférence des recteurs, présidents et dirigeants d’universités et d’institutions d’enseignement supérieur haïtiennes (CORPUHA), en partenariat avec l’Agence universitaire francophone (AUF) et l’Université de la Renaissance d’Haïti (URH), a organisé au local de l’URH une conférence autour du thème : « Sécurité alimentaire en Haïti : état des lieux, défis et recommandations ». L’objectif, entre autres, pour les conférenciers, a été de dresser un état des lieux de la situation alimentaire en Haïti qui doit interpeller tout le monde.

Pour le secrétaire exécutif du CORPUHA, Edgard Prévilon, le panel de la conférence s’inscrit dans le cadre d’un projet : « Les universités haïtiennes pour le développement ». L’université n’est pas trop impliquée dans le développement, c’est-à-dire, sa contribution aux solutions des problèmes qui assaillent cette société est modeste : problèmes d’environnement, de santé, d’alimentation, d’emploi.

« Absorbée par les difficultés de fonctionnement interne, l’université haïtienne a du mal à assumer les fonctions de recherches, le service à la communauté, l’encadrement de l’insertion professionnelle des diplômes et d’appui au développement », dit le secrétaire avant de préciser les trois objectifs du projet. C’est d’« accroitre l’intérêt des communautés universitaires pour des questions reliées au développement national, susciter les espaces de réflexions sur des thématiques stratégiques de développement tel que l’énergie, la protection de l’environnement, renforcer la pertinence des activités d’enseignement et de recherches des institutions d’enseignement supérieur ».

Le recteur de l’URH, Franck Charles, dans sa prise de parole, a affirmé que c’est un plaisir pour lui d’accueillir ce panel sur la sécurité alimentaire dans les locaux de son institution. « Comment peut-on demander à des étudiants de venir prendre le pain de l’instruction avec les ventres vides », se questionne le recteur de l’URH en faisant savoir que cette question l’intéresse bien et devrait intéresser tout le monde. Personne ne peut vivre sans manger affirmant que cela est inquiétant en Haïti et il a accepté rapidement quand le secrétaire général lui a proposé d’organiser la conférence.

Il faut souligner que le public était en majeure partie constitué des étudiants accompagnés de quelques professeurs et autres. Le panel des conférenciers a été composé ainsi : Jean Ulysse Hilaire, directeur technique de la Coordination nationale de la sécurité alimentaire (CNSA) avec pour thème : État des lieux de la sécurité en Haïti ; Gilbert Bureau, directeur de Lutte contre la pauvreté au fonds d’assistance économique et sociale (FAES) : Intervention en sécurité alimentaire : études de cas ; et enfin, Sergot Jacob, professeur et consultant avec comme sous thème, Sécurité alimentaire en Haïti : déterminants et pistes d’améliorations.

M. Hilaire a tenu à faire un sursaut sur la définition de la sécurité alimentaire, sa disponibilité, son accès et sa stabilité. On a enregistré un niveau sans précédent en termes d’augmentation d’insécurité alimentaire, dit le directeur de la CNSA. « Entre 2006 et 2011, on avait enregistré 6% en terme d’insécurité alimentaire élevé et qui est passé en 2018 à 17% ». On sort de 6 à 17 %, signale-t-il. Le pays est globalement en crise, selon M. Hilaire. Il laisse savoir que 2,58 millions de personnes sont en insécurité alimentaire et 32 % de la population est en situation plus ou moins normale.

Il y a 2 types d’insécurité alimentaire : l’insécurité alimentaire aigüe reliée par les causes conjoncturelles et nécessite des interventions d’urgences ou à court terme et l’insécurité alimentaire chronique reliée par des causes structurelles, a informé M. Hilaire. Comme constat, pour arriver à ce stade d’insécurité alimentaire, selon lui, c’est la perte de la souveraineté alimentaire, 59% de la population est pauvre et le pays est classé parmi les pays les plus sous-alimentés au monde près de 45% de la population.

Par ailleurs, le directeur de la CNSA a tenu à donner quatre solutions pour améliorer la sécurité alimentaire d’ici 2030 : « Relancer la dominance des politiques favorisant le commerce international en faveur de politiques visant à atteindre la souveraineté et sécurité alimentaire et nutritionnelle, investir dans les filets sociaux, appuyer sur l’agriculture familiale et l’agro-industrie, renforcement des capacités à tous les niveaux ».

De son côté, le directeur de lutte conte la pauvreté au fonds d’assistance économique et sociale, Gilbert Bureau, dans son exposé, a présenté le programme de lutte contre la faim du gouvernement visant à donner une aide alimentaire aux bénéficiaires souvent vulnérables à travers des projets. Ces derniers sont : Panier solidarité, Cantine mobile, et restaurant communautaire. M. Bureau en a profité pour présenter tous les résultats atteints par ces projets de 2012 au 13 avril 2019. Toutefois, il juge que ces programmes sont encore insuffisants et il reste beaucoup à faire, dit-il. Car pour lui, la sécurité alimentaire ne peut se résumer seulement à ces projets qui, selon lui, ne représentent qu’un volet de la question. Il croit que d’autres secteurs doivent être impliqués dans cette lutte contre l’insécurité alimentaire.

Il faut signaler, selon la CORPUHA, dans un communiqué rendu public le même jour de la conférence, la sécurité alimentaire est un « problème éminemment politique »

Wisly Bernard Jean-Baptiste



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