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11e Congrès de la Pastorale universitaire : quel devrait être le rôle de l’université dans le processus de réconciliation entre les Haïtiens ?

11e Congrès de la Pastorale universitaire : quel devrait être le rôle de l’université dans le processus de réconciliation entre les Haïtiens ?








Les 11 et 12 mai ont eu lieu, aux Jardins du renouveau charismatique, le 11e Congrès universitaire de la Pastorale de Port-au-Prince. Cet évènement, qui s’est réalisé sous le thème « Quel devrait être le rôle de l’université dans le processus de réconciliation entre les Haïtiens ? », a permis à un grand public, écoliers, universitaires et professionnels, d’échanger sur des sous-thématiques liées au rôle de l’Université dans une société, afin de formuler des recommandations pouvant être utiles à la bonne marche de la société.

Depuis plusieurs années, à travers son Congrès universitaire, la Pastorale universitaire de Port-au- Prince mobilise des experts et des professeurs, issus notamment des universités et de la classe politique, pour discuter sur des sujets portant sur l’université. Cette année, plus de 3 000 participants venant des 10 départements géographiques du pays ont répondu à l’appel.

Université et société, quel rapport ? ; réflexion autour des moments de crise en Haïti ; contexte sociopolitique de la réconciliation haïtienne ; quels sont les mécanismes d’une éventuelle réconciliation entre les Haïtiens, entre autres, étaient les différentes sous-thématiques qui ont été débattues pour aider à comprendre la mission de l’université dans une société.

« L’université est un lieu d’interpellation. Elle est un lieu de la mixité sociale par excellence. C’est l’unique institution qui devrait permettre à tous de se rencontrer, quelle que soit leur couche sociale. Pourtant en Haïti, les dirigeants n’accordent aucune importance à cette institution », a affirmé le professeur Chenet Jean-Baptiste lors de son intervention, estimant que l’avenir de la société dépend de la mixité sociale.

Par ailleurs, à travers des constats faits au sein de l’Université, M. Jean-Baptiste a affirmé qu’il n’y a pas d’échange, pas de construction du savoir entre les professeurs et les étudiants, alors que l’Université doit être le creuset d’une conscience critique et aussi le reflet de la société. Par conséquent, un étudiant n’est pas là pour ramasser des notes, mais les étudiants sont placés pour tout remettre en question et échanger afin d’apporter des idées nouvelles.

« L’éducation n’est jamais prise au sérieux par les autorités », a déclaré le professeur Hérold Toussaint. Selon le vice-recteur de l’Université d’État d’Haïti (UEH), le fait de banaliser la question de l’éducation contribue à appauvrir la population. « On n’a jamais opté pour avoir une éducation solide que ce soit au niveau primaire, secondaire, technique et universitaire. Un choix fait par l’État pour que le peuple demeure dans les ténèbres », a déclaré Hérold Toussaint. Ce dernier s’interroge : pourquoi l’État n’a-t-il jamais pris la question d’éducation de la population au sérieux ? L’État n’a jamais investi dans les causes sociales du pays ?

Mécontent du comportement des professeurs, étudiants et des dirigeants haïtiens vis-à-vis de l’Université, le professeur Hérold Toussaint dans ses déclarations a dit que l’Université n’est pas un lieu de combat entre les autorités, les professeurs et les étudiants, mais c’est plutôt un espace de recherche de la vérité. « L’Université est foncièrement axée sur la recherche, sur la promotion de la recherche et sur la démarche scientifiques. Au vu de cette mission, Hérold Toussaint croit que tous les acteurs du pays doivent se mettre ensemble pour permettre à l’Université de bien remplir son rôle convenablement dans la société. « Nous avons besoin des dirigeants capables de réfléchir et de philosopher ».

Pour leur part, le professeur Antoine Augustin et Clarens Renois, leader du parti UNIR, ont intervenu sur la sous-thématique portant sur le contexte sociopolitique de la réconciliation haïtienne. Dans un débat très houleux, l’auditoire a assisté à un débat contradictoire entre ces 2 conférenciers. Selon M. Clarens Renois, pour résoudre la crise haïtienne, il nous faut nous réconcilier. Alors que pour le sociologue Antoine Augustin, c’est le contraire, car, affirme-t-il, le mot réconciliation cache des hypocrisies, disant qu’au lieu de penser à la réconciliation, il faut penser à réparer la population de préférence et juger tous ceux qui ont causé du tort au peuple. Bien que M. Renoit ait pris un ensemble d’exemples sur le Rwanda pour montrer le bienfait de la réconciliation, il n’arrivait tout de même pas à convaincre le sociologue qui était sur le même panel que lui. « La réconciliation est un chemin qui transforme la société », soutient Clarens Renois.

Vu la vulnérabilité de la population, le sociologue croit qu’on ne peut pas demander au peuple de se réconcilier, car cela implique le fait d’accepter de vivre dans la résignation malgré tous les moments difficiles engendrés. « Alors les gens qui ont fait du tort à la population ont des comptes à rendre, on ne pas peut demander à cette population victime de se réconcilier avec quelqu’un qui l’a fait souffrir », a avoué le sociologue, Antoine Augustin.

Il est à rappeler que mis à part la conférence-débat, il y avait une mini-foire, exposition des livres et on assistait à une célébration eucharistique et à des activités culturelles.

Peterson Jean Gilles



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