S'identifier Contact Avis
 
27.78° C
  à Port-au-Prince
Radio Pacific 101.5 fm - En direct
Le Journal Dernière heure Actualité Édito Tribune Société Économie Culture Diaspora Sport rpacific101.5 FM  
× Immobilier Appartements Maisons Locaux commercial Locaux pour Bureau Terrains Véhicules Voitures Camions Tout Terrains Minibus Motos Divers Animaux Articles ménagers Ordinateurs et pièces Équipement électronique Équipement industriel Équipement lourd Diverses études Légal Bijoux et montres Smartphone et tablettes Vêtements Jeux video
Tirer sur les migrants : une phrase qui devrait interpeller l’État haïtien

Tirer sur les migrants : une phrase qui devrait interpeller l’État haïtien








La question de l’immigration est devenue un as dans les jeux de cartes des présidentielles américaines. Tout candidat y voit un pion pour séduire l’électorat et se démarquer. Donald Trump, quant à lui, reste fidèle à ses positions restrictives sur la migration. Une position que certains de ses partisans n’hésitent pas à combiner à l’extrémisme pour prôner la violence armée sur les migrants. Lors d’un rassemblement organisé mercredi 8 mai 2019 dans le cadre de sa campagne électorale, un supporter scandait, tirons sur eux pour répondre à Donald Trump sur l’infériorité numérique des officiers non armés par rapport aux migrants à la frontière. » Cette réponse alarmante qui réveille des souvenirs comme l’Holocauste, devrait aussi bien interpeller la conscience des autorités haïtiennes, surtout quand le président d’une grande puissance ne l’a pas condamnée. Une conscience sincère pour sauver ces milliers de migrants haïtiens qui partent toujours en quête d’une vie meilleure.

À part les requins qui tourbillonnent dans le large de la Floride ou encore les bêtes sauvages qui les guettent dans les forêts du Brésil, les migrants haïtiens devraient ils maintenant s’attendre à être massacrés sur la frontière mexico-étasunienne ? La neutralité dont Donald Trump a fait preuve n’aide pas à répondre à cette question ; quand on sait qu’en novembre 2018, ce dernier proposait aux soldats de considérer les pierres que les immigrants lançaient comme des fusils, et de les traiter en conséquence. À un moment de son intervention au Panama City Beach, Donald Trump disait « comment arrêter les migrants qui essaient de traverser », comme pour signifier sa naturelle aversion envers ceux qui dit-il toujours, raflent les privilèges des vrais citoyens américains et fait accroitre l’insécurité. « Tirons sur eux » a scandé un supporter. Si cette proposition devait créer une panique générale, elle a pourtant été tournée en parodie par le reste de la foule.

« Je ne ferais pas cela » a déclaré le président américain dans une entrevue avec Sean Hannity en mars dernier. « D’autres pays les massacres avec des mitrailleuses, mais pas nous » a lâché celui qui parlait de Shit hole country en se référant à de nombreux pays, notamment Haïti en janvier 2018 relate CNN. En effet on se souvient du scandale qu’a entrainé ce commentaire raciste que les autorités haïtiennes ont avalé. Un commentaire qui intervenait dans une réunion pendant laquelle il a « refusé de donner plus de considérations aux Haïtiens, “pourquoi avons-nous besoin de plus d’Haïtiens, expulsez-les au contraire”.

Plein d’espoirs et de rêves, des milliers d’Haïtiens courtisent la frontière mexicano-américaine dans le but de rentrer aux États- Unis. Ils fuient en prenant pour destination ce pays d’où venaient autrefois des bateaux d’esclaves en quête de liberté. Ils fuient l’insécurité qui règnent à cause de la distribution stratégique d’armes faite pas les politiciens aux gangs de la place. Ils fuient la faim qui s’accentue par la montée du dollar face à la gourde. Ils fuient le manque de soin de santé qui les tue à petit feu. Ils fuient le chômage et le “grate santi” qui les rendent démunis. Bref, ils fuient le désespoir.

Mais, en fuyant, ils s’exposent à toutes les humiliations, à tous les mauvais traitements que peut subir un être humain. Comment comprendre qu’un Haïtien se sent mieux dans une prison pour réfugiés que dans son propre pays ? La tranquillité d’esprit de ne pas se faire piller et violer comme les gens de Martissant peut-être. Comment expliquer qu’un Haïtien qui dort à même le sol à la frontière mexico-américaine ressent plus d’espoir que lorsqu’il était dans sa propre maison ? Il sait que même par terre il ne contractera pas le choléra des MINUSTHA peut-être. Comment comprendre qu’un Haïtien vit mieux comme un marron dans les forets du Brésil en direction pour les USA que sur sa terre natale ? La sérénité de ne pas être massacré comme les gens de La Saline, peut être ! Oui peut être, car en parlant de massacre il parait qu’en plein 21e siècle, siècle de l’évolution spectaculaire des droits humains, certains vivent toujours dans la xénophobie, prête à attaquer. Une situation qui devrait interpeller les autorités haïtiennes, qui au lieu de dépenser des millions pour sucrer le café des parlementaires, feraient mieux de bâtir des programmes pour les jeunes afin qu’ils cessent de croire qu’ils ne peuvent réussir qu’ailleurs. Une croyance qu’ils paient souvent au prix de leurs vies et de leur dignité quand ils émigrent illégalement.

Jessica Laloi



Articles connexes


Afficher plus [3310]