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Le sort des meneurs de chevaux de la citadelle Laferrière

Le sort des meneurs de chevaux de la citadelle Laferrière








Grâce à la citadelle Laferrière, la ville du Cap-Haïtien est considérée comme la première ville touristique d’Haïti. Cependant, on oublie souvent tous ceux qui participent à l’exploitation et la valorisation de cette forteresse. Spécialement, les meneurs de chevaux qui sont disponibles pour aider les touristes à escalader la citadelle à cheval. Il est navrant de constater qu’ils n’ont pas un salaire fixe et qu’aucun organisme ne se penche sur leur cas. Pour les guides des chevaux, cette activité est plus une nécessité qu’une utilité.

Le salaire des meneurs de chevaux de la citadelle varie chaque mois, en fonction du nombre de trajets effectués. Ils auront droit à la moitié ou au quart de la somme qu’ils ont ramassé pour le mois. Il est vrai que le coût du parcours à cheval menant à la citadelle est de 500 gourdes par personne, mais cet argent n’appartient pas aux accompagnateurs de chevaux. Pour parcourir la moitié de la route, le montant est de 250 gourdes, et les meneurs ne peuvent aller au-dessus de cette somme. Pourtant, l’argent qu’ils reçoivent ne peut les aider à réaliser leurs projets. Le plus jeune des meneurs de chevaux en parle. « Il m’est impossible de trouver d’autres activités à entreprendre, c’est pourquoi je suis encore ici. Je n’ai plus pour longtemps, car l’argent que je reçois ne peut en aucun cas subvenir à mes besoins », déclare-t-il.

Qui aurait cru que les chevaux ne sont pas les possessions de leurs guides ? Sur chaque cheval, on peut remarquer l’emblème du ministère du Tourisme. On retrouve la fleur « Choublack » colorée en blanc sur l’arrière-train des chevaux. Ce signe est comme une délimitation du territoire du ministère. Cela voudrait dire que les chevaux sont leur possession et que les guides sont les employés du ministère du Tourisme.

Pourtant, les meneurs de chevaux travaillent pour le compte d’une association de la zone. Cette association ne fixe pas un mode de recrutement. Cette activité est ouverte à tous ceux qui habitent la zone. Il suffit d’accepter leur mode de fonctionnement. Avant d’investir le site, l’on remarque des jeunes et des vieux qui tiennent un cheval en laisse. Tous vantent le mérite de leur animal.

Si certains s’autorisent à ne rien recevoir des touristes outre l’argent fixé pour le parcours, il est différent de quelques-uns. Surtout lorsqu’ils remarquent qu’ils n’ont rien trouvé durant la journée. Car ils vivent de leur quotidien. Quoi qu’ils aient un rapport à soumettre chaque mois, un touriste peut leur gratifier un peu de monnaie. « Je peux me permettre d’empocher une somme qui est au-dessus de 250 gourdes, cela ne sera pas révélé dans le rapport », confie un accompagnateur de chevaux. Dans certains cas, les guides ne sont pas de mauvaise foi lorsqu’ils ne transcrivent pas cette somme dans le rapport. Puisque les responsables penseront qu’ils ont encaissé l’argent, certains préfèrent accompagner des touristes jusqu’à la citadelle gratuitement.

Cette entreprise n’est pas toujours prospère. Il y a certaines périodes de l’année où les touristes débarquent en masse pour visiter ce site, spécifiquement durant les vacances estivales. Les gens viennent du pays et de l’étranger pour explorer cette richesse laissée par Henry Christophe. Après avoir payé la course, les meneurs de chevaux peuvent accepter un pourboire de la part d’un touriste.

Les meneurs de chevaux avant d’être initiés à cette entreprise ne savaient pas manipuler ces animaux. Ils ont eu plusieurs entrainements avant d’être habiles au dos du cheval. Ils ont participé à plusieurs séances d’apprentissage. Après ces formations, les responsables peuvent leur faire confiance. Ainsi, chaque meneur a-t-il son propre cheval à sa disposition.

Nombreux sont ceux qui pensent acheter un cheval et lancer son entreprise. Toutefois avec l’argent qu’ils obtiennent, ils ne peuvent pas s’offrir ce luxe. D’après le jeune meneur, c’est parce que les responsables ne veulent pas de cette concurrence qu’ils ne fixent pas leurs salaires.

Pharah Djine Colin



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