S'identifier Contact Avis
 
26.11° C
  à Port-au-Prince
Radio Pacific 101.5 fm - En direct
Le Journal Dernière heure Actualité Édito Tribune Société Économie Culture Diaspora Sport rpacific101.5 FM  
× Immobilier Appartements Maisons Locaux commercial Locaux pour Bureau Terrains Véhicules Voitures Camions Tout Terrains Minibus Motos Divers Animaux Articles ménagers Ordinateurs et pièces Équipement électronique Équipement industriel Équipement lourd Diverses études Légal Bijoux et montres Smartphone et tablettes Vêtements Jeux video
Dérèglement climatique et sécurité alimentaire : deux enjeux liés

Dérèglement climatique et sécurité alimentaire : deux enjeux liés








Jean-Louis Chaussade, directeur général de SUEZ, propose sa vision d’un défi majeur en lien avec la révolution de la ressource. Pour le premier numéro du magazine Open_resource, il apporte son point de vue sur le lien entre changement climatique et sécurité alimentaire.

Dans un contexte marqué par l’augmentation de la population mondiale et l’explosion urbaine, le dérèglement climatique constitue un nouveau défi pour les systèmes de production alimentaire actuels. Or, l’adoption des Objectifs de développement durable de l’ONU, quelques semaines avant la COP21, plus qu’un hasard de calendrier, met en lumière le degré d’urgence tout comme l’interaction entre ces enjeux majeurs de notre siècle.

Le dérèglement climatique n’est pas uniquement une question d’énergie. Les ressources en eau, indispensables à la production agricole, figurent au premier rang des écosystèmes impactés par le changement climatique. Comment garantir la sécurité alimentaire et l’accès à l’eau potable pour tous dans un monde qui pourrait atteindre 9 milliards d’habitants d’ici 2035 et où les prévisions les plus pessimistes prévoient une augmentation des températures supérieures à 3 degrés Celsius si aucun accord contraignant n’est conclu et signé lors de la COP21 ?

Ces challenges appellent des actions et des réponses concrètes de l’ensemble des acteurs de nos sociétés : autorités publiques, entreprises, ONG, citoyens.

Assurer la sécurité alimentaire, promouvoir l’agriculture durable, garantir l’accès de tous à l’eau dans des conditions équitables : autant d’objectifs reconnus comme prioritaires par l’ONU dans les Objectifs de développement durable (ODD).

Conflits d’usage, pénuries d’eau, pollution des ressources constituent des menaces pour la stabilité des systèmes de production alimentaire et de production d’eau potable. Des menaces qui existent déjà aujourd’hui, mais qui demain s’accroîtront considérablement sous l’effet du Changement climatique si des décisions ambitieuses ne sont pas prises.

Nous constatons déjà la multiplication des épisodes de sécheresse dans de nombreuses régions du monde, de la Californie au bassin méditerranéen. Nous savons aujourd’hui que 40 % de la population mondiale vivra dans des régions en stress hydrique d’ici 2035, qu’il faudra accroître la production alimentaire de 70 % dans les trente-cinq prochaines années pour nourrir la population mondiale et que 600 millions de personnes pourraient être sous-alimentées à cause du changement climatique d’ici 2050. Nous devons, face à ces constats, chacun, dans son rôle, œuvrer à l’invention et à la mise en place de nouveaux modèles de production.

L’agriculture, qui consomme aujourd’hui 70 % de l’eau prélevée dans le monde, doit s’adapter pour produire plus avec moins. Cette transformation s’accompagne par la mise en place de systèmes d’irrigation intelligents permettant d’apporter la bonne goutte au bon endroit et au bon moment, par le développement d’outils de suivi des niveaux des nappes phréatiques, par la mise en place de solutions de gestion patrimoniale des nappes souterraines ou de production d’eau alternative comme le re-use…

L’assainissement et la gestion des déchets jouent également un rôle clé pour répondre à ces enjeux. Diminuer la proportion d’eaux usées non traitées rejetées dans les milieux naturels, lutter contre l’immersion de déchets et leur rejet dans les milieux naturels qui les conduisent trop souvent dans les océans, c’est aussi œuvrer à la préservation de la biodiversité indispensable à la sécurité de la production alimentaire.

Les solutions techniques ne manquent pas et continueront à se développer. On peut se réjouir du foisonnement de propositions, d’innovations que l’on constate partout dans le monde. Mais ces solutions techniques ne suffiront pas sans une évolution de nos comportements et de nos actes.

En matière de production alimentaire, la réduction des denrées gaspillées est, en ce sens, un autre enjeu clé. On estime qu’un tiers de la nourriture produite dans le monde est perdue chaque année, du fait de problématiques de stockage et d’acheminement en amont de la chaîne alimentaire ou de gaspillage de la part des consommateurs. En d’autres termes, 30 % des terres agricoles sont cultivées pour produire de la nourriture jetée. C’est autant d’eau utilisée en vain, autant de nouveaux déchets générés, déchets dont la dégradation entraîne une importante production de gaz à effet de serre.

Ainsi, si le gaspillage alimentaire était un pays, il serait le troisième émetteur de gaz à effet de serre à l’échelle mondiale. Nous n’avons plus les moyens d’assumer le coût environnemental de ce gaspillage.

L’optimisation de la gestion des ressources, l’évolution des modèles de production pour les rendre plus sobres et plus durables sont plus que jamais nécessaires pour faire face aux challenges que nous devons relever. L’engagement de tous et des expertises croisées, politiques, économiques, sociales ou sociétales contribueront aux nouvelles alliances climato-responsables qui s’imposent aux décideurs d’aujourd’hui pour les générations qui viennent.

Jean-Louis Chaussade



Articles connexes


Afficher plus [3251]