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La perplexité d’une mère célibataire face à la vie économique actuelle du pays

La perplexité d’une mère célibataire face à la vie économique actuelle du pays








« Ce n’est plus une question de vivre en Haïti, on essaie à coup sûr de survivre », c’est la déclaration de Noseline Petit-Frère. Mère célibataire de trois enfants en plus d’une nièce à gérer pour sa sœur décédée.

Un parasol accroché à sa barque, juste à côté elle place son igloo et une petite chaise pour s’asseoir, son tablier collé à elle, ainsi résume la vie quotidienne de Noseline Petit-Frère à Delmas 33. Elle fait partie de celles qui se débrouillent pour tenir tête à la vie surtout celle d’Haïti. Abandonnés par leur géniteur depuis tout petit, ces enfants sont respectivement Carline, l’aînée âgée de 15 ans, elle est en huitième année fondamentale, Daphné de 10 ans, elle est en cinquième année fondamentale et Jhonny le cadet de six ans en 1re année fondamentale. Noseline fait de son mieux pour être une mère courageuse et forte.

Tous les jours après l’école, Carline doit prendre la place de sa mère le temps qu’elle leur trouve quelque chose à manger. Comme plus d’un, Noseline Petit-Frère reste perplexe face à la situation économique actuelle du pays. Elle fait, selon elle, tout ce qui est nécessaire pour sauver la vie de ses enfants. Elle se sacrifie corps et âme pour leur éducation, mais pour elle, tout ce qu’elle fait est très loin d’être suffisant pour vivre en Haïti.

Dans sa voix tremblante, on peut ressentir de l’angoisse, d’amertume, de désespoir. Sur son visage sont inscrites la douleur, la tristesse et toutes sortes de déceptions auxquelles elle est obligée de s’accrocher pour pouvoir faire un bilan de sa miséreuse vie.

Avant les émeutes du 6, 7 et 8 juillet 2018, Noseline aurait besoin de mille cinq cents gourdes pour s’approvisionner pour une semaine, histoire de nourrir sa famille. Une vie modeste ne demande pas grand-chose, c’est ce que veut faire croire Noseline. « Certes, ce que j’ai comme activité ne m’avait pas rapporté un revenu approprié à la gestion d’une famille, mais elle m’a quand même permis de payer le loyer, la scolarité des enfants en plus de les nourrir », dit-elle.

Suite à ces événements, tout devient noir pour Noseline, sa petite activité ne vaut même plus la moitié de ce qu’elle doit avoir comme revenu pour répondre au besoin de sa petite famille. Noseline dit avoir eu en tête la seule idée de confier ses enfants à des familles d’accueil, car selon son témoignage, elle n’avait plus le courage de les regarder souffrir. Malgré la misère, Noseline a dû garder son instinct de mère sensible et responsable, elle a dû prendre son courage à deux mains pour sauver ce qui lui est servi de famille.

De jour en jour, le coût de la vie joue des tours à Noseline. Dans le présent, malgré son corps frêle et impuissant, elle doit arpenter les ruelles pour offrir ses services dans la lessive et le repassage d’habit pour des particuliers. « Parfois, il y a certaines personnes qui m’ont repoussé, dire que je n’ai pas l’allure de celles qui peuvent bien faire ce genre de travail, dommage que mon apparence physique ne leurs inspire pas confiance », dit-elle avec un air déçu.

Malgré tout, Noseline n’a pas lâché prise, car, selon elle, pour nourrir modestement sa famille pour une semaine, elle doit collecter deux mille cinq cents gourdes environ sans compter la scolarité des enfants, le loyer et les autres besoins fondamentaux de la famille et voilà que sa barque et son igloo ne peuvent même pas assurer la moitié de tout ça.

Pour Noseline Petit Frère, vivre en Haïti au cours de ces dernières années, c’est comme vivre en enfer. Âgée de 31 ans, elle voit sa vie comme un véritable cauchemar, orpheline de mère et de père, elle croit que sa plus grande erreur c’est d’avoir impliqué des innocents dans cette situation alarmante. Parlant de ses enfants comme tels, envahit de tristesse, elle en profite pour penser à ceux qui vivent dans les rues sans personne pour les soutenir. La jeune mère pense malheureusement que dans les jours à venir, les familles les plus modestes, comme la sienne, auront besoin de cinq mille gourdes environ pour se nourrir pour seulement une semaine.

Rose Karlande Dérosier



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