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À l’occasion de la journée nationale de l’enfant, Le National est allé à la rencontre de Samuel Jean Baptiste, jeune citoyen engagé dans la protection de l’enfance

À l’occasion de la journée nationale de l’enfant, Le National est allé à la rencontre de Samuel Jean Baptiste, jeune citoyen engagé dans la protection de l’enfance








L.N. Samuel Jean Baptiste, bonjour. Merci de nous accorder cet entretien.

S.J.B. Bonjour, Le National. Et merci pour cette opportunité de parler de mon travail de tous les jours.

1— L.N. Si vous devez vous présenter, que diriez-vous pour l’essentiel ?

S.J.B. Samuel JEAN BAPTISTE, Jeune Citoyen actif, il s’engage dans le domaine de la protection de l’enfant en Haïti à travers ses interventions (Formations ; Causerie, Conférences et Publications [voir Les classiques des sciences sociales UQAC]). Après sa licence en Psychologie, puis une étude en Travail social respectivement à la Faculté d’Ethnologie et à la Faculté des Sciences humaines de l’Université d’État d’Haïti, il fait une maîtrise présentement en Psychologie sociale.

2— L.N. Vous travaillez depuis des années avec des enfants. D’où est venue cette idée et qu’est-ce que cela vous apporte ?

S.J.B. Durant toutes mes années d’étude, la problématique des enfants a été une priorité dans mes recherches, car ils constituent l’avenir de cette société. Ce qui fait, même dans nos discussions en salle de classe, il y a eu toujours cette tendance à aborder la cause des enfants, notamment les enfants réduits en restavèk, les enfants de rue, les mineures prostituées. Car, si l’on veut construire une société juste, il faut commencer avec les enfants.

3— L.N. Comment collectez-vous les informations sur les enfants en domesticité ?

S.J.B. Cette question tombe bien parce que non seulement, pour l’obtention du grade de Licencié en Psychologie, j’ai dû faire un travail de collecte de données auprès de ces enfants identifiés dans une communauté, mais il se trouve aussi que je travaille directement avec les enfants réduits en restavèk, bénéficiaires des programmes d’une institution (dont je me garde de citer le nom). Ce qui fait que je vis quotidiennement la réalité de ces enfants. À cela s’ajoutent les différentes rencontres sur la protection de l’enfant auxquelles je participe, et aussi mes déplacements au niveau des dix (10) départements du pays pour animer des séances de formation m’ont permis d’échanger avec les participants et d’apprendre beaucoup plus sur les enfants notamment ceux et celles réduits en restavèk. De là, j’ai une meilleure compréhension du système restavèk.

4— L.N. Comment ça marche quand vous travaillez avec des enfants ? Comment faites-vous pour les replacer dans des espaces sécurisés ?

S.J.B. Notre travail avec les enfants consiste surtout à créer un meilleur environnement pour leur développement tant sur le plan cognitif que sur le plan social. De là, on comprend très bien qu’il y a un autre travail qui doit se faire, c’est celui auprès des parents d’accueil. (À ne pas confondre avec les « Parents d’accueil » certifiés par l’IBESR. Dans notre cas, nous considérons comme parents d’accueil, tous ceux et toutes celles qui reçoivent un ou plusieurs enfants dans leurs maisons.) Ce qui fait intervenir nos compétences en qualité de Psychologue et de Travailleur social pour faire des interventions, pour éduquer les parents, les gens dans les communautés sur la cause des enfants, et de permettre aux enfants de se sentir en sécurité. (Il faut préciser qu’un enfant peut être en sécurité et ne pas se sentir en sécurité). Notre travail consiste à faire pratiquement les deux, c’est pourquoi nous travaillons avec les enfants directement, et aussi avec leur environnement immédiat ou encore les gens dans leurs communautés. C’est donc un travail de sensibilisation, d’influence, de mobilisation et d’inspiration dans l’intérêt supérieur des enfants.

5— L.N. On dit toujours dans le parler haïtien "timoun jodi Granmoun demen". Quel doit être la place des enfants dans une société ?

S.J.B. Les enfants constituent l’avenir d’une société. On le répète souvent. Cela devrait nous pousser à travailler pour les enfants, car notre demain dépend d’eux. Ce sont eux qui seront jeunes, adultes responsables au niveau du pays. Si l’on construit des restavèks, comment peut-on concevoir une société juste ? Si l’on construit des « timoun lari », comment peut-on espérer une meilleure société ? L’enfance étant vue comme une étape de développement de tout être humain. C’est donc une étape cruciale dans ce que nous devenons demain. Nous devons construire des citoyens responsables au lieu de construire des « restavèks ».

6— L.N. Vous dites toujours si nou pa kanpe pou timoun yo jodia Yap kanpe nou demen. Pensez-vous que c’est inévitable ?

S.J.B. Je dirais tout simplement que la domesticité constitue un véritable problème social, que nous pouvons représenter comme le tronc d’un arbre à problème dont les racines sont de tous types et les fruits sont de mauvais goût. Les enfants en domesticité peuvent constituer un danger si nous n’agissons pas aujourd’hui. Il faut permettre à ces enfants de jouir de leur enfance. Il faut travailler dans l’intérêt supérieur des enfants pour qu’ils puissent construire un meilleur avenir. C’est pourquoi je le dis souvent : « Si nou pa kanpe pou Timoun yo jodia, y ap fè nou kanpe demen. »

7— L.N. Que faire ?

S.J.B. Nous avons une grande responsabilité face aux enfants. Il nous faut donc tout un travail d’engagement à ce niveau, et ceci à tous les niveaux (Enfants, Famille, Église, École, Communautés, l’État à travers sa politique sociale).

10— L.N. Un dernier mot

S.J.B. À tous ceux et toutes celles qui travaillent dans le domaine de la protection de l’enfant, je vous encourage à garder cette énergie, et surtout à inscrire vos actions dans l’intérêt supérieur des enfants. Continuez à influencer votre entourage !

À tous ceux et toutes celles qui continuent de maltraiter les enfants, rappelez-vous (comme je le dis toujours) : « Ou kapab anpeche TIMOUN manje, ou kapab anpeche l pale, ou kapab anpeche l dòmi […] men ou pap janm ka anpeche l GRANDI ».

Merci !

Propos recueillis par
Lesly SUCCÈS pour Le National



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