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Le retour des nuits blanches

Le retour des nuits blanches








La saison cyclonique vient de débuter. Les pluies diluviennes commencent à s’abattre sur le pays de temps en temps. D’un autre côté, l’insécurité fait rage. Pour plus d’un, le sommeil n’existe presque plus.

Quelques jours après le début de la saison cyclonique, des pluies diluviennes ont provoqué des inondations de part et d’autre dans le pays. La rivière froide a envahi les habitants de certains quartiers de la commune de Carrefour qui ont passé plusieurs jours pataugés dans la boue. Simple cas isolé parmi tant d’autres.

Dans beaucoup de quartiers, particulièrement dans la zone métropolitaine, à chaque fois qu’il pleut durant la nuit, les riverains ne parviennent pas à dormir. Non pas qu’ils n’aient pas sommeil, mais parce que leurs maisons de fortune ne peuvent faire obstacle aux eaux de pluie. Il s’agit pour certains d’entre eux de quartiers habités par des gens qui vivent dans l’extrême pauvreté.

Parmi eux, des déplacés du tremblement de terre de janvier 2010 qui habitent aujourd’hui les camps de fortune qui existent encore neuf ans après le cataclysme. Au camp La Piste, abritant des personnes à déficience physique et intellectuelle, les petites tentes sous lesquelles vivent les gens ne les permettent pas de rester à sec quand il pleut. Les toits des maisons de fortune étant abimés, chaque goutte de pluie devient un cauchemar pour ces gens, ont-ils témoigné.

Dans certains quartiers de Cité-Soleil, la situation est pareille. « Ti Ayiti » ou encore « Ti Zile » font partie de ces zones du plus grand bidonville du pays où la pluie est un véritable tyran. N’en parlons pas du camp de la rue Gabart, à Delmas 41, de Cité Choune, à la ruelle Vaillant, ou encore de corridor Bastia, au Bel-Air. Les riverains nous ont raconté que dès qu’il commence à pleuvoir ils n’arrivent pas à fermer l’œil. Les toits de leurs petites maisons sont faits de morceaux de bâches trouées qui ne peuvent empêcher à l’eau de pluie de pénétrer leur chambre.

Sinon, ce sont les eaux des canaux qui les envahissent et stagnent dans leurs maisons pendant plusieurs jours. C’est pourquoi la population de ces zones demande inlassablement aux autorités de bien entretenir les canaux. Souvent, il pleut ailleurs et les habitants de ces zones sont inondés.

Voilà pourquoi pour ces gens, la saison cyclonique est une saison d’enfer durant laquelle les nuits blanches se succèdent. Alors que pour certains, la pluie durant la nuit est un bon moyen de dormir dans une agréable fraicheur, pour ces gens, c’est plutôt un cauchemar.

Vient s’ajouter l’insécurité qui prend une ampleur démesurée dans tout le pays. Des bandits armés prennent le contrôle de nombreuses zones du pays depuis quelque temps sans que les autorités compétentes ne puissent rétablir l’ordre. Très souvent, ils torturent et stigmatisent la population des zones contrôlées. Livrés à eux-mêmes, les habitants victimes passent souvent des nuits blanches à surveiller en vue de sauver leur peau.

Selon le 70e rapport de la Commission épiscopale nationale Justice et Paix, durant le premier trimestre de l’année en cours, au moins une (1) personne est morte chaque jour, suite à la violence dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince. Dans l’ensemble un total de 122 cas de morts, dont 100 personnes tuées par balles, a été enregistré pour les trois premiers mois de l’année.

Les autorités établies ont jusque-là échoué à garantir la sécurité de la population, tant sur le plan environnemental, économique que social. Chaque jour qui passe, la situation s’empire. En attendant, des gens ne dorment pas, la précarité ne leur accordant pas cette chance.

Ritzamarum Zétrenne



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