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"Pa Jete l, Plante l", un mouvement citoyen au service du reboisement d'Haïti

"Pa Jete l, Plante l", un mouvement citoyen au service du reboisement d'Haïti








Le reboisement du pays est possible par une méthode simple et volontaire, selon Danel Georges. L'entrepreneur haïtien croit qu'il n'est pas nécessaire d'attendre les bonnes grâces de la Communauté internationale ou des autorités de l'État pour commencer de poser de bonnes actions dans la société, principalement pour la protection de l'environnement et le reboisement du pays. C'est dans cet ordre d'idée qu'il a lancé le mouvement intitulé "Pa Jete l, Plante l". Ce mouvement poursuit son petit bonhomme de chemin avec pour objectif de planter 2 millions d'arbres sur tout le territoire national.

Rencontres, promotion sur les réseaux sociaux, émissions de télévision sont entre autres les activités stratégiques utilisées par l'entrepreneur pour sensibiliser les Haïtiens sur cette problématique. Selon M Georges, cette initiative ne doit pas être individualiste, car elle ne concerne ni une personne ni un groupe de personnes. Il faut la participation de tous les Haïtiens préoccupés par le sauvetage de la nation. "Si seulement 125 000 de nos compatriotes s'impliquent et décident chacun de planter au moins 16 arbres, dans un laps de temps, nous aurons plus de 2 millions de nouveaux arbres sur le territoire national", a déclaré avec confiance le promoteur du Mouvement d'unité de la communauté par l'intégration (MUCI). En ce sens, si au moins 875 individus s'impliquent dans chaque commune du pays, le pays commencera à retrouver sa verdure.

La méthode est facile : dans chaque fruit, il y a des graines. Dans chaque graine, il y a un ou plusieurs arbres en puissance. Le citoyen se procure des fruits au marché ou des arbres directement, pour se nourrir. Après une bonne dégustation, il peut extraire les graines. Au lieu de se débarrasser les graines, il les plante. Et dans un futur proche, des graines, le pays aura des arbres. Selon des agronomes contactés par Le National à cet effet, il faudra une vaste campagne de sensibilisation pour donner aux citoyens le savoir-faire approprié.

Souvent en Haïti, quand il s'agit de reboisement, les paysans ou les cultivateurs sont les principales personnes à être indexés. Des citoyens les accusent souvent d'abattre les arbres et de laisser flancs et montagnes dénudés. Leurs accusations s'appuient sur le fait que souvent les paysans abattent les arbres pour fabriquer du charbon de bois, lequel est vendu pour la cuisson, etc. D'autres croient que la solution devrait impliquer directement ce groupe social négligé par les autorités. Quant au mouvement "Pa jete l, Plante l", ce n'est pas une affaire de paysans ou de cultivateurs. Ce n'est pas une affaire de "nèg mòn", c'est-à-dire des personnes affaiblies par la pauvreté extrême et vivant en marge des villes. Le directeur du MUCI a pu réunir autour de ce mouvement des Haïtiens des différents groupes sociaux, embrassant la vision et qui en font la promotion. le motivateur économique veut que tous les Haïtiens soient impliqués, sans tenir compte de leur origine sociale ou de leur lieu de résidence.

Pour intégrer ce mouvement, la condition proposée par le promoteur du MUCI, c'est l'implication sociale volontaire. "Le citoyen doit s'impliquer avec sa conscience d'abord", a-t-il déclaré. Car, selon lui, si le citoyen ne peut pas s'impliquer avec sa conscience pour produire le changement en faveur du pays, il n'est pourra pas participer efficacement au développement de sa communauté. Danel Georges croit aussi que, de manière individuelle, le développement de la nation restera une illusion et le reboisement du pays un conte de fée. Pour que le mouvement puisse faire de l'impact dans le pays, "il faut se regrouper", a-t-il rappelé.

Planter est une activité de grande importance dans la société. Dans un contexte où le changement climatique devient un enjeu de grande importance au niveau international, surtout dans les pays pauvres, il est nécessaire de planter, de participer au mouvement "Pa Jete l, Plante l". C'est la raison pour laquelle la Fondation Katapausis et d'autres institutions sociales dans divers endroits du pays ont accepté d'embrasser le mouvement et de contribuer ainsi à l'amélioration de vie des Haïtiens. Selon des spécialistes de la terre, planter est le meilleur moyen de protéger le sol et d'assurer la longévité. C'est la raison pour laquelle l'écrivaine Marthe Rabiosi a déclaré planter un arbre, c'est se donner 100 ans de vie. Et l'écrivain français Bernard Werber, dans son livre intitulé "La Révolution des fourmis", a déclaré avec sûreté qu'il faut accepter de planter pour que d'autres récoltent ailleurs et plus tard.

Planter ne se présente pas comme un simple acte de bon sens, mais aussi comme une obligation citoyenne. La Constitution de la République d'Haïti, en son article 52-1, stipule que, parmi tous les devoirs du citoyen, respecter et protéger l'environnement fait partie du devoir civique. On entend par devoir civique l'ensemble des obligations du citoyen. Donc, planter, comme veiller à la propreté des rues devient une obligation constitutionnelle à laquelle doit se soumettre tout citoyen haïtien. Serait-ce dans cette optique que le fameux chanteur cubain a inséré la plantation des arbres comme un élément de réussite personnelle ? Dans l'une des œuvres, il a mentionné que, pour réussir sa vie, l'homme doit faire un enfant, écrire un livre, et planter un arbre.

La déforestation est l'un des problèmes majeurs de la République d'Haïti. Avec moins de 2% de couverture forestière, Haïti est sur le point de devenir un grand désert envahi par des quartiers précaires, et encore plus exposé au phénomène du changement climatique. Parmi les principales conséquences de la déforestation en Haïti, des agronomes citent souvent : érosion intense, stérilisation des sols, disparition d’un important réservoir de biodiversité animale et végétale, etc. L'entrepreneur Georges est clair là-dessus : il y a lieu de planter au lieu de jeter les graines, de s'impliquer dans un tel mouvement pour améliorer les conditions de vie de la population et de s'attaquer aux problèmes liés à l'environnement.

Josué PIERRE-PAUL



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