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L’organisation InscionHaiti plaide pour un meilleur accès aux soins chirurgicaux en Haïti

L’organisation InscionHaiti plaide pour un meilleur accès aux soins chirurgicaux en Haïti








Chaque jour, à travers le monde, des milliers de familles sont endeuillées à cause des difficultés d’avoir accès à des soins chirurgicaux. Des études ont montré que l’accès à la chirurgie pourrait sauver des millions de vies dans les pays en voie de développement. De ce fait, l’organisation InscionHaiti a organisé, récemment, le premier symposium haïtien sur la chirurgie globale autour du thème : « les soins chirurgicaux : élément essentiel de la Couverture sanitaire universelle » afin de mener une plaidoirie pour avoir un meilleur accès aux soins chirurgicaux en Haïti.

Organisée à la salle de conférence de l’hôpital militaire, cette activité, qui a réuni des étudiants de plusieurs facultés en Sciences de la Santé (Médecine, Sciences infirmières) et des professionnels (médecins généralistes, résidents en chirurgie, chirurgiens spécialistes et autres), visait à sensibiliser la population, en particulier les professionnels en sciences de la santé, sur l’importance de faire un plaidoyer pour l’accès à des soins chirurgicaux de qualité, a expliqué, l’un des organisateurs de ce premier symposium, en l’occurrence le médecin résident Alence Théroné, soulignant que la santé est un droit inaliénable, la Constitution haïtienne, dans son article 19, dit que tout individu a le droit de jouir de ce droit. « Il faut donc donner aux individus les moyens de vivre une vie saine et promouvoir le bien-être de tous à tous les âges, peu importe leur origine et leurs conditions socio-économiques », a-t-il précisé.

Conférences-débat, séance de sensibilisation, atelier de réflexions ayant rapport avec le thème ont constitué le menu de cette journée à laquelle plus de cinquante participants venant de divers horizons, majoritairement de femme, ont pris part. Tout en montrant leur réjouissance pour l’organisation d’une telle activité, les participants ont montré leur intérêt pour la chirurgie globale et aussi manifesté leur inquiétude face à la faiblesse du système de santé du pays.

Intervenait sur la « Transfusion disponible et sécure : une condition essentielle pour un accès efficace aux soins chirurgicaux », Dr Sylvio Augustin, dans son exposé a mis l’accent sur la nécessité pour avoir plus de structures capables de collecter du sang dans le pays. « En Haïti, nous n’avons pas la culture de « Donner du Sang pour sauver une Vie », mais la défaillance du système de Santé fait aussi beaucoup de victimes ! Combien de structures capables de collecter du sang existe-t-il ? Pourquoi les hôpitaux ne disposent-ils pas de leur propre banque de sang ? Existe-t-il une politique publique visant à encourager, inciter les gens à donner du sang régulièrement ? », s’est interrogé Dr Augustin.

Par ailleurs, pour illustrer ses dires, le médecin a pris comme exemple des types de messages qu’on a l’habitude de voir sur les réseaux sociaux faisant appel à donner du sang pour une personne en difficulté soit une femme enceinte qui va subir une césarienne ou un accidenté de la route qui va subir une intervention chirurgicale en urgence; mais certaines fois, a-t-il déclaré que les structures responsables ne sont pas en mesure de donner du sang et très malheureusement l’appel à l’aide de cette personne en difficulté est sans réponse. « Tout ceci pour montrer que les soins chirurgicaux ne nécessitent pas seulement la présence de l’hôpital, du chirurgien et de l’anesthésiste, et qu’il y a un ensemble de mesures accompagnant la prise en charge chirurgicale ! »

Quant à Dr. Ernest J. Barthélémy, il a parlé sur le sujet « Vers la couverture sanitaire universelle en Haïti : quel rôle pour la chirurgie » ? Il a révélé que cinq (5) milliards de personnes à travers le monde n’ont pas accès à des soins chirurgicaux de qualité dans des délais recommandés. Selon Dr Barthelemy, le manque d’accès à des soins chirurgicaux est responsable de 18 millions de décès annuels, soit 4 fois plus que la malaria, la tuberculose et le sida réunis.

Dans le cas d’Haïti, Ernest J. Barthélémy a avoué que chaque année, les hôpitaux font face à des crises récurrentes qui handicapent leur fonctionnement et mettent en danger la vie des malades nécessitant des soins chirurgicaux, en urgence certaines fois. Tout en se montrant attrister, le spécialiste médical a fait savoir que même dans les conditions normales, la situation de pénurie et le manque d’infrastructures auxquels les hôpitaux font face, donnent envie de pleurer ou plutôt de responsabiliser les autorités concernées, en particulier l’État qui est chargé de garantir de la bonne marche des institutions, en vue d’apporter des solutions immédiates et adéquates.

« La chirurgie a, en tout cas un grand rôle à jouer en vue d’aboutir à la couverture sanitaire universelle. Pour répéter Dr. Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) «Aucun pays ne peut atteindre la couverture sanitaire universelle, à moins que sa population ait accès à des soins chirurgicaux sains, opportuns et abordables. Il est donc vital que les pays investissent dans la chirurgie ».

La troisième présentation était avec la Dr. Laëlle Mangurat. « Être une femme et pratiquer la chirurgie en Haïti : défis et opportunités », c’était la thématique débattue par la Dr. D’après elle, pour Haïti, on n’a pas les chiffres sur le nombre de femmes chirurgiennes travaillant sur le territoire, mais il est certain que dans la société haïtienne où les hommes sont plus et mieux écoutés et appréciés, le défi est assez grand pour ces femmes et les opportunités minimes. « D’ailleurs, nous avons cette habitude d’appeler presque toutes les femmes en blouse ou scrub « Miss » c’est-à-dire infirmière, même si elles sont médecins. Elles subissent donc cette discrimination et de la population et de leurs collègues ». Face à cette situation, Dr Laëlle Mangurat croit qu’il faudrait que les gens soient valorisés pour leur performance liée à leur profession, plutôt que sur leur genre, en reconnaissant que c’est un combat difficile et long et, « on souhaite courage à toutes ces femmes chirurgiennes et à celles qui souhaitent faire carrière dans cette spécialité. InciSion-Haïti, de son côté, entend utiliser sa voix et ses réseaux pour faire un plaidoyer en ce qui a trait à l’équité dans la profession ».

Dr. Odilet Lespérance, pour sa part, est intervenu sur : « Les conséquences de la croissance démographique sur le développement et la santé des femmes ». Selon le constat fait par cet homme de santé, plus une famille a d’enfants, moins elle pourra répondre aux obligations et ce sont les femmes des sociétés les plus démunies qui subissent les problèmes de santé les plus sérieux et disposent du moins d’opportunités.

Par conséquent, Dr Lesperance voit la nécessité de mettre en place des politiques et programmes exhaustifs sur la santé de la reproduction et aussi promouvoir la planification familiale, car l’espacement des naissances se traduit par une meilleure santé et une meilleure productivité économique des familles.

Comme étant un droit inaliénable, le médecin résident faisant partie du staff d’organisateur, Alence Théroné, disait que la chirurgie a atteint maintenant un point crucial dans la santé mondiale et la livraison des soins chirurgicaux comme une composante essentielle des systèmes de santé. Il est donc impératif d’offrir un accès plus équitable et plus abordable aux services chirurgicaux en Haïti, pour éviter que des centaines de personnes meurent inutilement ou deviennent pauvres à la suite de dépenses liées aux soins chirurgicaux.

Peterson Jean Gilles



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