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9 septembre 2019, une rentrée scolaire sur fond de crise

9 septembre 2019, une rentrée scolaire sur fond de crise








Les citoyens haïtiens se sentent alarmés par l’annonce du Ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP), selon laquelle la réouverture des classes est prévue pour le lundi 9 septembre prochain. Ne sachant plus à quel saint se vouer, des parents croient que la nécessité de la réouverture des classes cette année, au lieu de faire du bien, ne fait que renforcer leur incertitude, leur taux de stress et leur situation déjà complexe.

Interrogés par le National le 7 août 2019, des parents croient comme fer que cette année est la plus difficile depuis la chute de la dictature de Jean Claude Duvalier en 1986. Les turbulences politiques et la crise gouvernementale à répétition ont conduit le pays vers une situation économique de plus en plus perplexe. Le taux du chômage a grimpé de manière spectaculaire, et les chiffres sont de plus en plus inquiétants. Selon le dernier rapport de l’Institut haïtien de statistiques et d’informatique (IHSI), le taux d’inflation a déjà dépassé 18 %. Et, ajoutée à tout cela, la Coordination nationale de Sécurité alimentaire (CNSA) a révélé que le panier alimentaire de la famille haïtienne a atteint la barre de 25 %, lequel était à 10 % pendant toute l’année 2018.

Les parents sont nombreux à se trouver non seulement entre l’enclume et le marteau, mais aussi entre les besoins primaires et la nécessité de l’éducation. Ils ont témoigné qu’ils n’arrivent même pas à collecter de l’argent pour se procurer du pain quotidien à cause de la vie chère galopante. D’après eux, on aurait besoin d’entre 500 à 1 000 gourdes pour se préparer une modeste nourriture pour leur famille. Cependant, beaucoup d’entre eux sont contraints de commencer à payer l’écolage de leurs enfants depuis le mois d’août. Pour se procurer des fournitures classiques et faire préparer l’uniforme de leurs enfants, ces parents ne connaissent que peine et misère.

En ce qui concerne la cherté de la vie surtout dans le domaine de l’éducation, les parents se réjouissent de l’existence de la loi Bastien relative aux frais scolaires. Ladite loi se proposait de mettre un peu d’ordre dans le fonctionnement des établissements scolaires, principalement en ce qui concerne les frais scolaires. « C’est bon d’avoir de telle loi dans le pays », ont-ils félicité. Mais ils sont envahis par la tristesse lorsque cette loi n’est applicable qu’avec du papier de l’encre. « Cette loi est bonne en théorie, mais elle n’est pas mise en application », ont-ils bien compris. Ils ont déploré que maintes écoles privées aient déjà haussé le prix de l’écolage à plus de 100 %. Encouragés par le discours de certaines autorités de l’État, des parents ont porté plainte contre des écoles ayant monté le cout de l’écolage. Mais les suivis tardent encore. Tarderont-ils toujours ?

Dans cette optique, ils ont lancé un cri d’alarme auprès des autorités de l’État. Ils ont réclamé la traditionnelle subvention offerte par l’État avant la rentrée scolaire. Néanmoins, il convient de souligner que, parmi toutes les traditions ayant détérioré, celle des subventions éducatives de l’État en est une. Depuis des années, l’État n’est plus à l’heure des subventions au profit de l’éducation. Soit les subventions arrivent en retard, soit elles n’arrivent jamais. Les parents sont laissés pour compte, et c’est au prix de beaucoup de sacrifices que nombreux d’entre eux arrivent à collecter quelques thunes pour l’éducation de leurs enfants.

Josué Pierre-Paul



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