S'identifier Contact Avis
 
23.12° C
  à Port-au-Prince
Radio Pacific 101.5 fm - En direct
Le Journal Dernière heure Actualité Édito Tribune Société Économie Culture Diaspora Sport rpacific101.5 FM  
× Immobilier Appartements Maisons Locaux commercial Locaux pour Bureau Terrains Véhicules Voitures Camions Tout Terrains Minibus Motos Divers Animaux Articles ménagers Ordinateurs et pièces Équipement électronique Équipement industriel Équipement lourd Diverses études Légal Bijoux et montres Smartphone et tablettes Vêtements Jeux video
Haïti-Enseignement : près de 7 années passées à étudier pour rien l’anglais et l’espagnol à l’école

Haïti-Enseignement : près de 7 années passées à étudier pour rien l’anglais et l’espagnol à l’école








Le constat est criant dans le système éducatif haïtien. Près de 7 années au secondaire à étudier l’anglais et l’espagnol, pour à la fin, n’apprendre presque rien du tout. Renauld Govain, doyen de la Faculté de linguistique appliquée (FLA) de l’Université D’État D’Haïti (UEH), se livre sur cette question dans un entretien spécial accordé au journal Le National. Le docteur en linguistique croit que le problème a beaucoup à voir avec la méthode utilisée. Selon lui, il faut entre autres, asseoir l’enseignement sur un curriculum adapté avec le niveau et le besoin des enfants.

En effet, tout cela traduit l’inefficacité du système éducatif haïtien pour enseigner ces deux langues de première importance dans la région et pour le continent américain, car ce sont les plus parlées.

Renauld Govain, doyen de la Faculté de linguistique appliquée (FLA) de l’Université d’État d’Haïti (UEH), dans un entretien téléphonique accordé au Journal Le National, le 7 octobre 2019, s’est prononcé sur ce fait. Il explique que le problème est lié d’abord à la méthode (moyen) d’apprentissage. Ensuite à la méthodologie (ensemble de dispositifs comme les livres)

« Nous n’avons pas servi avec les méthodes appropriées. Ces méthodes sont en fonction de trois éléments », a indiqué le doyen. « Le premier élément, dit-il, est le besoin des enfants en fonction de ce que nous voulons qu’ils apprennent. Ensuite la spécificité socio culturelle de la zone ou de la communauté (milieu). Et la troisième, la philosophie de l’école ». Par ce dernier, il laisse entendre pourquoi on veut que cette matière se développe chez l’enfant, pour quelle raison et dans quel objectif.

Pour le deuxième élément, à savoir la spécificité du milieu, il a indiqué lorsqu’on enseigne une langue dans une communauté, la première chose à connaitre c’est : « Quel est le statut socio didactique de la langue dans la communauté où on l’enseigne ? ». « Est-ce une langue maternelle, étrangère, ou une langue seconde dans le sens qu’il a un statut privilégié là où on le pratique », précise-t-il. Le docteur en linguistique a aussi dans les écoles pour une vision programmatique effective basée sur un concept de progression pour un enseignement efficace des langues.

Généralement en Haïti, dit le linguiste, chaque école enseigne l’anglais et l’espagnol d’une façon différente, avec un livre différent. « Dans un système éducatif, pour qu’une action éducative puisse donner des résultats dans un pays en terme national, il faut que cela puisse s’assoir sur l’unicité de l’enseignement », affirme-t-il. M. Govain poursuit ainsi : « Si c’est l’État central qui indique qu’on doit enseigner les langues, il faut qu’il dispose des ressources humaines et matérielles pour élaborer un dispositif et ensuite l’introduire dans les écoles où l’on forme des professeurs d’anglais et d’espagnol ».

Face à ce constat d’échec, celui qui est aussi chercheur, propose au ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP) de prendre contact avec des ressources humaines qui ont des connaissances dans la didactique des langues étrangères (anglais, espagnol). Aussi bien, conseille-t-il, de les faire développer des dispositifs (ensemble de matériels…) de concert avec des praticiens (ensemble de gens dans le système éducatif qui enseignent les langues sans avoir forcement des bagages académiques nécessaires).

Plus loin, le doyen du FLA croit que dans l’apprentissage d’une langue étrangère, le degré de motivation de l’apprenant est très important. Pour une personne dont on impose une langue, il a laissé savoir que le degré de motivation pour l’apprentissage peut paraitre plus faible. « L’une des meilleures façons d’apprendre une langue étrangère, explique-t-il, c’est en situation d’immersion. C’est-à-dire, l’on arrive dans une communauté où c’est cette langue seulement qu’on parle et qu’on entend à l’oreille, on finira par développer rapidement des habilités pour communiquer. »

Wisly Bernard Jean-Baptiste



Articles connexes


Afficher plus [3479]