S'identifier Contact Avis
 
29° C
  à Port-au-Prince
Radio Pacific 101.5 fm - En direct
Le Journal Dernière heure Actualité Édito Tribune Société Économie Culture Diaspora Sport rpacific101.5 FM  
× Immobilier Appartements Maisons Locaux commercial Locaux pour Bureau Terrains Véhicules Voitures Camions Tout Terrains Minibus Motos Divers Animaux Articles ménagers Ordinateurs et pièces Équipement électronique Équipement industriel Équipement lourd Diverses études Légal Bijoux et montres Smartphone et tablettes Vêtements Jeux video

Au-delà du « lock »

Au-delà du « lock »



Lock, barricades, démission, dialogue, crise, ces vocables sont dans toutes les bouches, les éditions de nouvelles, les articles, les notes et même les pancartes, pour élucider - à qui veut l'entendre - toutes sortes d'exigences. Alors que les tendances contraires, les regards différents et les constats personnels accouchent des opinions communes sur le « lockdown » qui, preuve de l'évidence, touche toutes les couches de la société haïtienne.

La vérité du « Lock » c’est que le soleil se lève chaque jour avec la projection qui offre le même film : les écoliers sont cloués chez eux depuis neuf semaines, les professeurs d'école sans autres options pour le bien-être de leur famille, les portes des banques commerciales sont ouvertes à moitié et les transactions sont limitées, la voie publique interdit le transport en commun, les hôpitaux sont hors service, une session est ajoutée au programme des étudiants, les chauffeurs publics et les marchands se plaignent de leur faible clientèle. Rien ne fonctionne. Le pays n'est pas dirigé.

Et sur ces entrefaites, chaque camp fuit ses responsabilités. De l'Exécutif à l'opposition, passant par le Parlement et l'appareil judiciaire. Une réalité qui confirme l'analyse de Noclès Débréus « En Haïti nous cultivons cette mauvaise manie de nous déresponsabiliser et de rejeter nos errements, nos fautes sur les autres....C'est toujours la faute de l'autre, car on n’est jamais responsable de rien ». Que l'on soit conscient ou pas, cette attitude consistant toujours à chercher un bouc émissaire plonge le pays dans un imbroglio jamais connu depuis 1986.

D'une part, la lourdeur des conséquences veut démontrer que la maladie du « Lock » pourrait être le prix de la naïveté d'un peuple qui a voté au premier tour un corbeau promettant de combiner Terre-Soleil-Humain-Eau pour la nourriture dans les assiettes et des billets dans les poches, mais qui, en réalité, apporte un panier rose vide. D'autre part, le « Lock » veut aussi tracer l'image d'une opposition sans une alternative convaincante de « l'après Jovenel Moise », se faisant adepte du « ôtes-toi que je m'y mette ».

Néanmoins, la réalité étant ce qu'elle est, le mensonge ne peut plus régner, car les promesses ne pénètrent plus les tympans; les plaidoiries entre les partisans du pouvoir et les chefs opposants dans les émissions radiophoniques ne convainquent plus; les discours, les conférences de presse, les interviews prés enregistrés, et la création des commissions ne donnent plus espoir. Le scénario est enfin compris. Le lendemain est ambigu. Chaque jour se vit comme le dernier.

Pour le pays, pour les ancêtres, pour ceux qui refusent de s'enfuir vers le Chili, pour les jeunes diplômés, pour les derniers jours des vieux, pour les générations à venir, la nécessité du dénouement s'impose, un consensus doit éviter le chaos.

Moise Saint-Eloi




Articles connexes


Afficher plus [3529]