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Manipulation de l’opinion publique : mensonge comme fondement des rapports en société.

Manipulation de l’opinion publique : mensonge comme fondement des rapports en société.



À mon sens, on reproduit dans la société ce que les rapports interpersonnels, les éthos de la famille et les modes de rapport au temps et à la vie nous enseignent. Je pars de cette idée pour construire une conception de l’humain dont la base est la manipulation. Qu’il s’agisse des rapports de société entre les classes et les rapports entre les humains dans une société et les rapports interpersonnels, la manipulation de l’opinion et de la conscience est déterminante Plus on manipule la parole, plus on manipule l’autre. À tort ou à raison, la parole de la manipulation est une parole mensongère. Construire la manipulation comme base des rapports de société, finira par chambarder l’ordre social ou l’ordre du rapport par le temps et l’espace de production de la manipulation. En effet, la manipulation devient la science de cette vérité mensongère. Comme le dit Jean Cavailles, on n’a jamais menti autant depuis l’Antiquité. Le mensonge devient norme. Les concepts pour le construire en même temps deviennent faux en forme et en fond. Tout perd en substance dans une société où la base est le mensonge. Si l’économiste Etzer Émile parle du faire semblant, le faire semblant est l’expression même du mensonge dans la société d’apparence. Si on examine, cette construction du faire semblant et/ou le mensonge comme discours du faire semblant, on peut se demander, quelles sont les causes qui expliquent la construction du discours comme régnant dans la société ? Comment au sens d’une libération de la parole, la parole comme acte ou autorité peut libérer l’humain de son déshumanise en créant dans l’espace privé ou public, le mensonge comme stratégie de dissimulation ? Comment le mensonge devient-il normé ? Peut-on construire une société des égaux avec le mensonge comme base des rapports ?

Deux situations me préoccupent : la première, c’est le discours d’un soi-disant journaliste qui prétend tenir discours devant quiconque dans la société parce qu’il est honnête, mais ayant toute la chance du monde en retrouvant 5000 dollars par terre et l’emporter comme le fruit de son travail et la seconde est une affaire privée qui met en branle cette hypocrisie de construire des artéfacts pour disposer d’un certain pouvoir de vérité. Vérité qui est synonyme du mensonge ou d’une construction d’une réalité portant un discours faux. En vérité, sous la base de l’honnêteté, on peut tout dire. Cependant, l’action de l’honnêteté ne peut pas dire tout. L’honnêteté devient l’incarnation d’un discours. Pour être honnête, il faut le dire, mais ne pas le prouver. On est dans une société de faire semblant. On fait semblant d’être victime pour attirer des regards. Comme si on est vu par cette capacité à être dans un rapport de victimisation. Ce problème au lieu d’être un problème politique est de préférence à mon sens, un problème éthique. Comment se dire être soi-même par un discours de non-soi ?

Je ne suis pas spinoziste. À mon avis, Spinoza a posé le problème de l’essence humaine par le conatus. Cet effort à préserver dans son être. Cette manifestation de cet effort à persévérer dans son être est le désir. En ce sens, l’évolution du conatus ne décrit pas un être permanent. Il se peut qu’il existe à mon sens un effort de persévérer dans son être comme être de ne pas être. Voilà tout le problème de l’évolution du conatus. Cet effort par le désir d’être non-soi définit des appétits. Spinoza le dit essentiellement dans l’éthique par ces termes : "l’effort par lequel chaque chose s’efforce de persévérer dans son être n’est rien à part l’essence actuelle de cette chose "quand on rapporte cet effort à l’esprit, il s’appelle volonté, en le rapportant au corps et à l’esprit c’est l’appétit. On a des appétits pour ne pas être soi-même.

La volonté de ne pas être soi-même ou de construire les stratégies mensongères pour dire autre de soi, est l’expression du faire semblant.

Par le mensonge, on finit par dissimuler que les inégalités sociales sont construites. Par le mensonge, ou la construction de l’opinion, on finira par faire accepter l’inacceptable.

Par exemple, j’ai pu comprendre la position de Bourdieu dans l’opinion publique n’existe pas en analysant le cas haïtien. Comment des journalistes haïtiens construisent l’opinion publique en faisant des sondages d’opinion sur le cas du pays lock (pays verrouillé) ? Ce qui est pire dans le cas haïtien, la première réponse influence toutes les autres si la compétence politique n’est pas un acquis. Par effet de politisation dans le sens de Bourdieu, on peut répondre à toutes les questions de la même façon en sachant que le journaliste est de telle position et quelle émission animée par le journaliste. L’autre élément pervers dans le mensonge qui manipule l’opinion est la façon dont le journaliste construit le problème pour poser les questions. Ce rapport au fait ou la description et la narration du fait dépend de ce qu’on pourrait appeler la ligne éditoriale. Le fait ne se rapporte pas de la même manière suivant la ligne éditoriale. Deux lignes éditoriales suffisent pour des stratégies de manipulation de l’opinion. En résumé, ce que rapportent les journalistes de l’opinion des autres n’est pas vrai. Ils ne rapportent que l’effet de la politisation de la ligne éditoriale. Et les chiffres pour l’exprimer sont magiques. 10 personnes participent à l’émission suffisent pour justifier que le pays lock fait mal aux gens.

Je n’ai pas l’intention de ne pas prendre en compte l’effet du pays lock sur la situation sociale et économique, mais le problème est le discours qui fait croire que le pays lock est responsable des maux de la mauvaise gouvernance , du système politique qui rend invisible les paysans, les chômeurs et les vagabonds.

À mon avis, le discours mensonger est le fruit de deux siècles d’une construction asymétrique sur le plan social , politique et économique au sein de la société. Dès la construction de l’État, l’information et la richesse étaient au détriment de la classe défavorisée. On construisait des discours de toutes pièces pour démontrer qu’Haïti ne peut rien faire sans l’autre. Le patrimoine matériel et immatériel est peu connu de tous, et est accaparé par un groupe qui consolide le discours de la pauvreté. On est pauvre par le discours. Cette construction de la pauvreté psychologique détruit toute la vérité sur le potentiel des paysans et des exigences de l’État.

Si la scène sociale et politique désigne des aléas de vie est l’œuvre d’un rapport du discours mensonger qui fait des gens des incapables, être incapable, est le mensonge du capable pour faire des incapables des éternels incapables.

En fait, comment peut-on utiliser ce même pouvoir discursif pour libérer la parole en créant des égaux dans la société ? Une des façons de construire un nouveau discours, c’est de construire des médias alternatifs qui donnent la parole aux incapables en éduquant suivant la réalité matérielle de leur existence, la question de la situation de classe ou la théorie de la classe sociale. En sachant que le discours marxisant reste le seul discours capable de libérer les incapables de faux en opinion, de ce mensonge normé au sein de la société.

Bernadin LARRIEUX




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