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Les entreprises aux prénoms de femmes en Haïti !

Les entreprises aux prénoms de femmes en Haïti !



Dans l’art de tout mélanger, il existe différentes manières de combiner ou d’apprécier les relations possibles, entre les femmes et l’entrepreneuriat.

De nombreuses femmes entrepreneures choisissent de choisir d’utiliser leurs prénoms ou leurs pseudos (noms affectifs) pour identifier leurs activités économiques de manière formelle et informelle.

Des hommes qui disposent des prénoms mixtes choisissent également d’utiliser leur identité pour faire porter leurs entreprises dans plusieurs secteurs d’activités économiques.

Dans un troisième groupe composé des hommes et des femmes entrepreneures, ces derniers s’inspirent à travers des prénoms féminins pour dénommer leurs entreprises. Qui sont ces femmes à l’honneur ? Comment peut-on classer ces prénoms féminins ? Dans quel objectif ces prénoms féminins participent-ils à une certaine valorisation de ces institutions ?

Dimensions sociales : des prénoms féminins nous viennent à travers la littérature, les romans et la poésie, comme les médias, dans un échange ou d’une rencontre inoubliable, sur les bancs de l’école, dans un feuilleton ou une présentatrice à la télévision, qui aurait marqué l’enfance du futur entrepreneur.

Dimension familiale : ces prénoms font souvent référence à la mère, à une grand-mère, une fille, une épouse, une maitresse, une amie, une collaboratrice, comme une patronne bienfaitrice, une sœur ou une proche parent qui mérite une marque de reconnaissance.

Dimensions religieuse, spirituelle ou mystique, de nombreux prénoms féminins font souvent référence à la bible, aux saintes catholiques, aux esprits et aux lwa dans le Vaudou, qui portent souvent les couleurs du syncrétisme.

Dans le cas d’Haïti, les femmes ne représentent pas uniquement la majorité imposante au sein de la population et dans l’économie, elles s’affichent et s’affirment à travers l’identité de bons nombres des entreprises, dans différents secteurs d’activités économiques. Que se cache-t-il derrière les entreprises haïtiennes qui portent les prénoms de femmes ? Pourquoi retrouve-t-on autant de pancartes ou de vitrines avec des prénoms féminins ? Quelles sont les interrelations, interdépendances et influences entre ces prénoms de femmes avec l’intention de créer une entreprise et le choix des produits ou services à offrir à la communauté ?

Dans le secteur de la pâtisserie, on retient un grand nombre d’entreprises aux prénoms féminins. On peut retenir : « Marie Béliard », « Faby’s Garden », « Elsa », « Les Délices de Sainte-Claire », « Mama Mia », etc. Quels sont les plus célèbres ou les plus prestigieux prénoms féminins qui s’imposent dans l’économie haïtienne et dans quel secteur d’activités ? Pourquoi faut-il oui ou non faire porter le prénom féminin à sa prochaine entreprise ?

Des prénoms mixtes ou androgynes ne sont pas à négliger dans notre observation. À titre d’exemple, on peut citer : Dominique, Stéphane, Camille, Sacha, etc. Sur quelle base ces prénoms féminins ont-ils été choisis par ces femmes et hommes entrepreneurs haïtiens ? Que symbolisent ces prénoms tant dans la vie personnelle de ces patrons que dans l’image du secteur d’activités en question ?

D’autres institutions symbolisant des noms de femmes, et évoluant cette fois-ci dans la philanthropie vont également naître à partir des entreprises qui portent des noms des hommes. On pourrait croire que cela participe à une recherche de l’équilibre dans les activités économiques de la famille. On peut retenir : la fondation Françoise Canez Auguste sortie des entrailles de l’entreprise Valerio Canez ; la fondation Lucienne Deschamps qui a vu le jour à partir des entreprises Henry Deschamps ; sans oublier la fondation Odette Roy Fombrun, qui suit la même voie.

Dans une démarche de création d’entreprises, on ne saurait ignorer l’importante du nom que va porter l’institution. Ces choix s’effectuent sur la base de nombreux paramètres tels : le profil (émotionnel, professionnel, intellectuel, spirituel, mystique et social) du ou des fondateurs ; les spécificités du secteur d’activités en question par rapport à la typologie des produits, des services, des influences ou des tendances mondaines transversales, locales ou mondiales certainement liées à la compétition.

Donner un prénom à un enfant (comme à une institution ou entreprise) est avant tout une question de choix, d’autoappréciation, image de soi et personnalité, mal-être et bien-être psychologique, interaction sociale vers des prophéties autoréalisatrices, évaluation des aptitudes d’autrui autour d’un tel variable psychologique, pour reprendre un article scientifique du Cairn, publié sous le titre suivant : « Le prénom : un élément de l’identité participant à l’évaluation de soi et d’autrui », dans les Cahiers internationaux de Psychologie sociale 2005/1, numéro 65.

Déterminées en grande partie par l’idéal et le leadership, et surtout le besoin d’affirmation des femmes entrepreneures, on pourrait retenir des secteurs d’activités offrant des produits et services pour le corps et la beauté, l’éducation tournée vers la petite enfance, la décoration, la gastronomie, les provisions alimentaires et les accessoires de maison, le transport en commun, parmi tant d’autres. N’est-ce pas une forme de discrimination positive ?

Dominique Domerçant




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