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Dieudonne : et si on fêtait avec les enfants nés le 12 janvier 2010 en Haïti ?

Dieudonne : et si on fêtait avec les enfants nés le 12 janvier 2010 en Haïti ?



Dans la capitale haïtienne et dans plusieurs autres villes avoisinantes touchées par le séisme du 12 janvier 2010, il n’y a pas eu uniquement que des morts, par dizaine, par centaine et par milliers à compter. Parallèlement, plusieurs autres femmes parmi les survivantes ont mis au monde également des enfants avant, pendant et après l’arrivée de Goudoudou.

Désormais une nouvelle génération de ces enfants nés le jour du séisme va célébrer ses dix ans d’existence en Haïti. Qu’est-ce qui leur est réservé en dehors de toute la grande mobilisation qui va se tourner autour de Saint-Christophe, entre les discours et les chants dédiés aux morts et aux disparus ? Quels sont les principaux prénoms ou même des noms des noms de famille qui sont créés à partir de l’ampleur du séisme du 12 janvier ?

Des nombreux parents des enfants nés ce jour dramatique en Haïti, allaient réviser les prénoms à donner à leurs nourrissons. Quels ont été les impacts réels ou symboliques du séisme du 12 janvier 2010 sur les parents et leurs enfants ? Dans quel sens le séisme a-t-il pu influencer le choix des prénoms de ces enfants survivants dans les différentes villes affectées par cette catastrophe qui aura bientôt dix ans ?

Dieula, Jésula, Jezila, Dieusibon ou Dieudonne comme la sénatrice du Nord, Dieudonne Luma, sont parmi les prénoms les plus connus portés respectivement, par des filles et des garçons en Haïti, qui portent des charges hautement spirituelles ou symboliques.

Des choix composés par les parents ou imposés dans leurs croyances à partir d’un événement majeur survenu comme le séisme, illustrant des rêves prémonitoires ou des révélations de toutes sortes.

Dans tous les cas, suivant nos recherches réalisées et des témoignages recueillis, ces prénoms manifestent ouvertement par ses parents, un sentiment de remerciement et de reconnaissance pour avoir finalement eu ces enfants, en cadeau. Ces prénoms font aussi référence à des épreuves difficiles et des maladies surmontées, certaines fois contre des pratiques de sorcellerie, ou signifient l’estime des parents de considérer leurs enfants comme des élus tant dans la famille.

Dieudonne Laurent a été retenue parmi ces femmes contactées pour explorer et exposer cette thématique. Elle raconte qu’elle est enfant et fille unique de sa mère, ayant pour prénom à son tour : « Vierge ». Concernant son prénom, elle rapporte que sa maman aurait consacré plusieurs années dans sa vie, avant de tomber enceinte, jusqu’à la mettre au monde cette fille unique, qui est le témoignage vivant, selon sa foi que c’est « Dieu qui donne », par contraction « Dieudonne ».

Des souvenirs de l’horreur et des expériences de solidarité inoubliables depuis séisme du 12 janvier 2010, Dieudonne Laurent était déjà bel et bien une femme assez mâture à cette époque. Elle se souvient qu’elle était enceinte de plusieurs mois, lors du séisme. « Je me trouvais avec une collègue quand on a ressenti les premières secousses, dans la commune de Saint-Marc », se rappelle-t-elle.

Dieudonne Laurent, une professionnelle dévouée, qui travaille depuis plusieurs années dans la gestion de projet financé par l’international, confie : « Je suis rentrée quelques heures après dans la capitale, pour rejoindre les autres membres de ma famille ». Et depuis, elle allait découvrir toute l’horreur, en plus de passer des heures à traverser à pied les décombres et les cadavres dans les rues pour prendre des nouvelles de son père.

De nombreuses autres femmes enceintes, comme Dieudonné Laurent, parmi les milliers de survivantes, qui ont connu des heures et des jours très difficiles pendant et après le séisme du 12 janvier 2010, jusqu’à contourner des crises de toutes sortes ou l’avortement, pourraient bien rejoindre une telle initiative visant à célébrer la vie, la survie et l’avenir de ces nouveau-nés.

Détourné de toute intension de rappeler que, dès le soir même ou le lendemain du séisme du 12 janvier, la machine à reproduction pour le remplacement accélérée des milliers de vies emportées par le séisme a été mise en marche sous les tentes.

Dans les réflexions pour trouver de meilleures idées innovantes pour marquer différemment la première décennie de ce drame (2010-2020), neuf ans, après avoir porté le dossier au plus niveau, entre la nécessité d’avoir un musée du 12 janvier en Haïti ou la création d’une chaire universitaire sur les catastrophes dans le pays, je me suis rendu compte qu’il fallait penser à ces nouveau-nés venus à cette journée sismique devenue historique.

Des cadeaux, des jouets, des livres, de l’animation et de l’amour s’il vous plait, pour les enfants qui sont nés le 12 janvier 2010 en Haïti. Une manière d’éviter de les marginaliser dans le pays, à force prioriser trop la mémoire du drame et les souvenirs des disparus. Qui, sont pourtant partis inutilement à cause que les élites du pays n’ont pas profité des leçons de ce séisme, pour éviter les constructions anarchiques dans le pays et encourager des comportements plus responsables chez les Haïtiens.

Divinement bien sortis des décombres, des maisons effondrées, des hôpitaux surchargés de blesses et des cadavres dans l’après-midi et plusieurs jours après la douzième journée de l’année 2010, ces femmes et ces enfants méritent une fête à part, pour célébrer leur rage de vivre dans ce pays qui n’est pas certainement pas maudit.

Documenter dans les registres des registres des Archives nationales d’Haïti, alimentés par les bureaux des officiers d’État civil, des hôpitaux et des centres de santé établis particulièrement dans l’ensemble des villes qui étaient touchées directement, ou des quartiers avoisinants, offrirait certainement des pistes assez intéressantes pour mieux répertorier les dates, les prénoms et les noms des parents, et surtout les lieux de naissance.

Delmas, Port-au-Prince, Léogâne, Croix des Bouquets, Pétion-Ville, Carrefour, Cité Soleil, Tabarre, et plusieurs autres villes dans les autres départements, toutes invitées à fêter avec tous les enfants dont l’âge augmentera chaque année depuis le 12 janvier 2010.

« Du sol soyons seul maître, marchons unis, marchons unis… », semblent avoir été les extraits de l’hymne national fredonner silencieusement en dehors des cris désespérés, des appels de détresse et des prières formulées, par ces femmes qui ont voulu à tout prix traverser en entier les horreurs du 12 janvier 2010.

Dans une sorte de mission on dirait impossible pourtant bien accomplie, par les anciennes et les nouvelles mamans qui ont mis au monde des enfants le jour du séisme, ces femmes de courage méritent bien un carton d’invitation à cette belle fête de la vie, en dehors des souvenirs et des soupirs que nous laisse tristement cette date sismique devenue historique.

Dans le décor de toutes les manifestations qui se dessineront pour maquer le dixième anniversaire du « Goudougoudou », Dieudonné Laurent comme plusieurs autres parents et des mères survivantes et des enfants nés le 12 janvier 2010 pensent qu’il faudrait célébrer également la vie.

Donnons une place d’honneur à ces enfants survivants de l’horreur. Préparons dès maintenant à un mois de la date, pour leur offrir le meilleur des présents. Parce qu’ils sont l’avenir !

Dominique Domerçant




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