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COMPRENDRE LA SANTÉ AUTREMENT (suite)

COMPRENDRE LA SANTÉ AUTREMENT (suite)



Septième partie : la santé scolaire (4)

Par Dr Erold JOSEPH

2 janvier 2020

« Rien n’est plus puissant qu’une idée ou action dont le temps est venu »

Au Dr Ary Bordes, père de l’hygiène en Haïti, véritable monument de l’histoire de la médecine haïtienne, assassiné par le banditisme chronique et qui m’avait fortement encouragé à poursuivre son œuvre…

Comment s’articulent les actions ou réalisations de la Direction Santé scolaire depuis sa création ?

Dès le deuxième article, il a été souligné que la mort emblématique du petit Gabo était imputable en majeure partie, à notre compréhension erronée de la santé, de l’éducation, de la politique et de la vie…

Le « Cadre de référence de la Santé scolaire », dans un premier temps ; puis, la nouvelle « Politique nationale de Santé scolaire » en cours de validation, précisent la vision et les grandes stratégies visant à transformer progressivement, par étapes, nos établissements en « Écoles Promotrices de Santé ».

Les actions s’articulent autour de deux grands axes majeurs :

1) développer la compréhension juste, c’est-à-dire correcte, de la santé
2) intégrer ensuite la santé bien comprise, dans le milieu éducatif scolaire et universitaire

De quoi a-t-il été fait pour passer, de la « vision biomédicale » focalisée sur les soins, au « paradigme biosocial » qui recommande plutôt d’intervenir en parallèle sur les différents déterminants de la santé ?

La toute première action a été l’élaboration, au ministère de l’Éducation nationale, en 2005, du « Cadre de référence de la Santé scolaire » axé sur la promotion de la santé, document très largement diffusé.

La deuxième, ce fut la création au Ministère de la Santé publique, de la « Direction de Promotion de la Santé et de Protection de l’Environnement » (DPSPE). Puis, en 2009, une Politique nationale de Promotion de la Santé a vu le jour.

Dès lors, les jalons étaient posés dans les deux ministères. Beaucoup d’activités conjointes déjà en cours ont pu alors mieux se structurer en conformité avec cette nouvelle approche de la santé.

L’élaboration en 2012, à l’époque du choléra, des « Directives pour la Promotion de l’hygiène en milieu scolaire », grâce au support de l’UNICEF, participe de cette volonté d’encadrer les acteurs éducatifs et de remettre en question la perception de la santé.

La troisième action a été l’élaboration en 2015, de la première « Politique nationale de Santé scolaire » (PNSS), grâce à un financement de la Banque Interaméricaine de Développement (BID) « Il s’agissait alors d’une initiative du Ministère de la Santé publique qui avait choisi unilatéralement son consultant. Malheureusement, le document produit, malgré les nombreux efforts de redressement effectués par la Direction Santé scolaire (DSS), reflétait encore la vision biomédicale toujours prévalente dans le secteur santé. Il n’a jamais été validé, voire mis en œuvre. Finalement, avec le support du Réseau francophone international pour la Promotion de la Santé (RÉFIPS), un nouveau document vient d’être élaboré. Sa validation est en cours.

La quatrième initiative, c’est l’organisation chaque année, d’une formation certifiée de cinq jours en promotion de la santé, à l’intention des cadres de la santé (médecins, infirmières, sages-femmes), de l’éducation et d’autres ministères ou secteurs comme l’Agriculture et l’Environnement. Cette “Université de Santé publique”, coordonnée par le Réseau francophone international pour la Promotion de la Santé (RÉFIPS) et le Ministère de la Santé, a connu deux éditions, en 2016 et 2017. Elle contient toujours un module de “santé scolaire” qui est sous la responsabilité du ministère de l’Éducation, via sa “Direction Santé scolaire”. Elle se déroule simultanément à la Faculté de Médecine et de Pharmacie et la Faculté d’Odontologie de l’Université d’État d’Haïti (UEH). Des Universités privées y participent. Elle n’a pas pu, malheureusement, se tenir ces deux dernières années, en raison du contexte sociopolitique.

La cinquième catégorie d’initiatives consiste dans une série d’ateliers de formation réalisés par la Direction Santé scolaire (DSS) dans les dix départements du pays, durant environ dix-huit mois (2014 à 2017) à l’intention des directeurs départementaux de l’Éducation, d’un certain nombre d’universitaires, de directeurs d’écoles, d’inspecteurs scolaires et d’ingénieurs départementaux. Ces formations visuelles et participatives ont porté à la fois sur l’hygiène, la santé en général, la santé scolaire et la promotion de la santé. Au total, environ un millier de cadres et une centaine d’élèves ont été touchés. Plusieurs centaines d’exemplaires des documents normatifs ont été largement distribués durant ces activités.

La sixième catégorie d’initiatives est représentée par un grand nombre de conférences, d’ateliers, d’articles, d’interviews radiophoniques et/ou télévisés, de spots audio et visuels réalisés par la Direction Santé scolaire et diffusés durant les dix dernières années, tant localement qu’à l’extérieur. Cette Direction a par ailleurs, participé et présenté à plusieurs éditions des “Journées annuelles de Santé publique du Québec (JASP)”, conférences internationales consacrées à la promotion de la santé et au partage d’expérience. La série actuelle vise le même objectif.

Comment doit-on s’y prendre pour intégrer la santé bien appréhendée dans le milieu éducatif et scolaire ?

. Il existe deux formes d’intégration d’une nouvelle thématique ou matière dans le système éducatif : l’intégration curriculaire ou formelle et l’intégration parascolaire dite non formelle.

Dans la première, la santé fait partie des matières à enseigner en salle de classe, ce qui implique sa présence dans le curriculum et dans un ou plusieurs ouvrages spécifiques. Cela exige et exigerait des maitres d’école préalablement formés en “promotion de la santé”, en santé scolaire, dès l’École Normale Supérieure, voire spécialisés dans ce domaine. Il ne s’agit point d’en faire des auxiliaires médicaux.

Dans la deuxième forme, sans être présente dans le curriculum, la santé est enseignée de manière visuelle et interactive, en salle d’études ou non, durant les jours de classe ou non. Il s’agit davantage d’ateliers de réflexion, de débats, d’activités avec les enfants, les jeunes, autour d’un thème donné. Ici, le maitre et/ou un invité jouent plutôt le rôle d’animateur(s). Cette forme est la plus efficace et la plus apte à développer les “compétences pour la vie”.

Est-ce difficile d’intégrer la santé dans le curriculum ?

Intégrer une nouvelle thématique dans le secteur éducatif, particulièrement dans le curriculum, s’avère une entreprise difficile et encore plus, quand il s’agit d’un thème aussi complexe que la santé. De nombreuses tentatives ont eu lieu dans le passé. Des dizaines de guides et modules sur le SIDA ou la Santé sexuelle et reproductive ont été et sont ainsi continuellement parachutés et en vain, par le secteur santé (étatique et privé), “seul détenteur du savoir”, vers le secteur éducatif qui aurait pour obligation de les intégrer rapidement dans le curriculum. L’inventaire de ces documents a été fait lors d’un “atelier sur l’intégration de la santé sexuelle et reproductive dans le milieu éducatif et scolaire” organisé du 15 au 17 mai 2014 à l’hôtel Montana, par la Direction Santé scolaire ». Les Directions de Promotion de la Santé (DPSPE) et de Santé de la Famille (DSF) du Ministère de la Santé, certaines institutions internationales comme l’OMS et l’UNICEF, des ONG locales (VDH, FOSREF) y ont activement participé. L’une des conclusions majeures de cet atelier supporté par l’UNFPA et l’UNESCO a été, qu’en raison de la complexité de la santé et des procédures de l’intégration curriculaire, il fallût poursuivre et affiner l’intégration parascolaire ou non formelle, tout en poursuivant le plaidoyer et en établissant les bases structurelles de l’intégration formelle à moyen ou long terme. Ce rapport illustré et encore disponible a été largement distribué aux hauts cadres des deux ministères et des institutions partenaires…

À suivre

Dr Erold Joseph

Dans notre prochain article, nous aborderons l’intégration parascolaire ou non formelle, y compris la question des « clubs de santé » dans les écoles.











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