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« Les enfants doivent compter, quelle que soit leur origine », suggère Elizabeth Charlestin

« Les enfants doivent compter, quelle que soit leur origine », suggère Elizabeth Charlestin



Entretien avec Elizabeth Charlestin, linguiste et étudiante en travail social.

LN : madame Charlestin, bonjour ; merci de répondre aux questions du journal Le National. Dites-nous qui est Elizabeth Charlestin.

EC : Je suis Elizabeth Charlestin, je suis Gonaïvienne. Je fais une étude linguistique à la Faculté de linguistique appliquée (FLA). Je fais actuellement une étude en travail social (Social work) dans le département d’éducation des enfants défavorisés (Child welfare education).

LN : Vous avez été aux États-Unis et récemment vous êtes rentrée au pays pendant que d’autres jeunes tentent par tous les moyens de faire le chemin inverse. Qu’est-ce qui motive ce choix ?

EC : Au fait, ce qui m’a motivé à faire ce choix, c’est surtout mon amour pour le développement communautaire. Depuis mon plus jeune âge, j’ai toujours donné mon support aux activités que réalisent les jeunes et les enfants de ma localité. Mon plus grand rêve, c’est de participer au développement de la communauté. En fait, j’étais membre de différentes organisations locales aux Gonaïves. D’ailleurs, c’est la raison pour laquelle j’ai intégré le gouvernement jeunesse d’Haïti en 2017. Donc, pendant mon étude et surtout mes expériences aux États-Unis, j’ai senti, grâce à de nombreux outils professionnels, un grand rapprochement au rêve que j’ai toujours chéri. C’est pourquoi je commence avec cette activité.

LN : Le 28 décembre dernier, vous avez organisé une grande journée de partage et d’ambiance avec plus d’une cinquantaine d’enfants. Parlez-nous un peu de cette belle journée, et surtout des raisons qui vous ont poussé à organiser un tel événement.

EC : Nous avions eu 72 enfants entre 6 à 10 ans. Nous avions distribué des jouets de différentes catégories, des kits scolaires (Valises, cahiers, plumes, crayons et des instruments géométriques). Nous avions joué, dansé et mangé ensemble. Cela a été une excellente journée ponctuée d’énergie et de joie manifeste des enfants. La raison spécifique qui m’a poussé à prendre cette initiative c’est parce que pendant la période de « pays Lock » j’avais constaté la difficulté de certains parents d’enfants dans les zones défavorisées qui se plaignaient de l’aggravation de leur situation. Les enfants n’avaient pas de matériels scolaires et les parents, eux, ne pouvaient pas acheter des jouets pour leurs enfants sans oublier d’autres situations déjà stressantes qu’ils vivent tous les jours. Je me suis en quelque sorte résolue à commencer par concrétiser mon rêve de permettre à ces enfants de sourire pendant la période de la fête de la Noël.

LN : Comment faites-vous pour sélectionner les enfants qui ont participé à cette journée ?

EC : Le processus de la sélection des enfants n’a pas été difficile. Ils ont été choisis dans les zones vulnérables de la ville des Gonaïves où l’on trouve beaucoup d’enfants orphelins ou qui vivent dans de conditions vulnérables. En fait, c’est une zone adjacente à la localité où j’ai grandi. Je connais la localité. Je me suis rendue dans la zone accompagnée d’un résident dans la localité. J’ai récolté un ensemble d’informations sur les familles, ensuite j’ai choisi les bénéficiaires parmi les plus vulnérables.

LN : Après cette séance de distribution. Y a-t-il d’autres projets en cours ?

EC : Effectivement c’est notre première activité et on ne compte pas en rester là. Je souhaite l’organiser chaque année. J’ai encore d’autres projets en cours, comme mettre sur pieds une fondation pour continuer à venir en aide aux enfants démunis entre 6 à 12 ans.

LN : Comment comptez-vous accompagner ces enfants sur le long terme, puisque cette activité ne va pas tout changer en un jour ?

EC : Je sais que cela ne va pas changer la situation en un jour, je voulais d’abord commencer à faire sourire les enfants pendant la Noël. En tant qu’étudiante en travail social et Child welfare education, la condition déplorable dans laquelle vivent ces enfants m’interpelle et me pousse à prendre position pour ces sans voix. À long terme, je compte les accompagner à travers la fondation. Dans ce projet, nous comptons les envoyer à l’école, leur donner des soins alimentaires et médicaux, leur faire découvrir la technologie et surtout créer un espace d’épanouissement pour eux.

LN : Nous faisons face à un sérieux problème de scolarisation en Haïti. Au point que les gouvernements passés ont successivement recours à l’alphabétisation comme solution de rechange. Comment votre Initiative peut-elle contribuer à résoudre ce problème ?

EC : Normalement, c’est dans l’idée de combattre les programmes d’alphabétisation que j’avais décidé de sélectionner des enfants à partir de 6 ans. J’ai eu un grand moment de peine pendant le recensement ; il y a des familles qui ont des enfants âgés de 9 ans qui ne sont pas encore scolarisés faute de moyen, même pour fréquenter une école nationale. Je reste persuadé que mon initiative peut aider à diminuer le taux d’analphabétisation, car les enfants qui seront pris en charge dans le programme auront la possibilité de suivre les classes de la 1re année à la 6e année.

LN : Qui vous aide dans vos démarches ?

EC : Le projet de la fondation est une initiative en gestation. À vrai dire, je n’ai pas encore d’institutions spécifiques qui nous accompagnent dans ce projet. Mais, j’ai de très bons collaborateurs dans mon équipe qui souhaitent m’accompagner comme ils peuvent. Pour la réalisation de la journée du 28 décembre, nous avions eu le soutien du Député Edouanel Chéry et d’autres amis à l’étranger qui apprécient l’initiative. Ils l’ont supportée à leur façon à travers la cagnotte en ligne que j’avais lancée.

LN : Avez-vous un dernier mot ?

EC : En guise de dernier mot, je lance un appel à toutes les autorités du pays pour leur demander de penser aux enfants qui vivent dans les zones dites zones de non-droit. Il est inadmissible que ces enfants continuent de vivre en 2020 sans éducation, sans eau potable, dans les fatras, et sans compter de nombreuses autres conditions déplorables. Comme dit le dicton : « les enfants sont l’avenir du Pays » ; c’est pourquoi je pense que tous les enfants doivent compter, quelle que soit son origine.

Lesly SUCCÈS




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