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Ethnographie intellectuelle de l’élite cubaine et de l’élite haïtienne

Ethnographie intellectuelle de l’élite cubaine et de l’élite haïtienne



 Partie 1

I. Introduction

Voyager à Cuba et à Haïti, nous permettraient sans grande théorie intellectuelle, d’avoir une vue panoramique et profonde de la formation sociale de ces deux pays ; partageant le même continent. Ces deux pays ont particulièrement une histoire commune de la liberté et de la révolution sociale. Haïti, de toute l’Amérique, a toujours été considéré comme le pionnier de la révolution sociale, de la liberté et du bien-être collectif. Cette conception fondatrice du peuple libre se trouve bien ancrée dans l’idéal Dessalinien.

Une conception politique, une vision du matérialisme dialectique qui ont été assassinées à la base où deux raisons clés le justifient : le racisme contre le noir et la jalousie contre la profondeur de la pensée de l’esclave, qui ne connait que le champ des cannes à sucre. Et pourtant, tout le long du XIXe siècle moderne, avec toutes ces grandes théories et inventions prodigieuses, ont eu sa racine dans cet idéal de bien-être des esclaves de Saint-Domingue ; qui ont su se révolter et créer un nouveau champ de conscience sociale dans la colonie et qui va s’étendre dans le monde entier. Avec ce bouleversement viscéral des esclaves de la colonie de Saint-Domingue qui, pour la grande majorité venue d’Afrique : l’humanité a connu un nouvel essor, en matière d’organisation sociale et de relations humaines. D’où l’existence de la gauche et de la droite politique et, tout ce qui va avec cette forme de catégorie de réflexion et d’action.

Aujourd’hui encore, nous pouvons poser la question : pourquoi Cuba a-t-il réussi à conduire son peuple vers la dignité humaine, l’identité, le sens du collectif et le bien-être pour tous ; alors qu’Haïti reste encore, un état sauvage et barbare ? Nous pensons pouvoir traiter cette question capitale, à travers, une simple ethnographie comparative du fonctionnement social et culturel de ces deux peuples. La dimension culturelle, la dynamique de l’organisation sociale, de la protection sociale de la révolution, de l’élite et de l’État, sont autant de termes sous-étude de la discussion et de l’argumentation dans notre technique d’observation sociale.

II. La dimension culturelle de l’organisation scientifique du social

Cette réflexion s’intitule l’ethnographique intellectuelle de l’élite des deux pays : Haïti et Cuba (1). Il s’agit de comprendre dans les faits historiques, l’intelligence pratique du choix de gouvernance des deux pays. Le contenu de l’intelligence pratique de Cuba peut-il être comparé avec le contenu de l’intelligence pratique d’Haïti ? Le terme ethnographie fait appel au terrain, à l’observation, à l’espace social dans lequel vivent les gens. L’intellectuel à l’esprit, l’intelligence, c’est-à-dire être des avant-gardistes, des gardiens de l’espace et du patrimoine historique. Dans cette ethnographie intellectuelle, il est question de voir ce que les gardiens de l’espace ont fait de l’espace social, en fonction de leur temps y compris de leur contretemps.

Nous pouvons examiner cette situation dans le résultat collectif des réalités historiques des deux pays, en faisant appel à l’élite dirigeante ou dominante, c’est-à-dire au groupe des dirigeants ou aux esprits mêmes qui dirigent ces pays-là pour voir ce qu’ils ont fait de leur société. Le sens que ces intelligences pratiques a donné à ces sociétés ; ce qu’il a fait de la dignité humaine et du principe leur permettant d’accéder à la réussite individuelle et au bien-être collectif. Nous pouvons appréhender cette réalité-là dans leur méthodologie d’action sociale et dans la cohérence historique des prédécesseurs en fonction d’une vision claire et simple de l’élite.

Sans éloge, nous pouvons affirmer que la révolution cubaine est née dans la pensée haïtienne de 1804, de l’idéal Dessalinien ; dans la praxis haïtienne, accompagnant les Vénézuéliens sur les champs de bataille contre les oppresseurs ; dans l’accompagnement des noirs américains pour l’égalité des droits et de la liberté contre les Yankees. Nous ne pouvons pas tous citer (...), car la liste est longue et remplie de contribution d’Haïti vers les autres pays de la planète terre, pour la conquête de leur liberté et du bien-être pour tous.

Il est évident de saisir que la beauté et la praticité des sciences sociales, en terme de théorie et d’action, trouve son émanation sur la terre de Dessalines : Haïti. Un jeune panafricaniste, musulman, Kemi SEBA n’a pas mâché ses mots dans ses visites au pays. Il dit : « pour un Africain comme lui, qui vient à Haïti (la source et la mère), c’est comme pour un musulman qui va à la Mecque ». Il considère Haïti, comme l’alma mater de la liberté et des droits de l’homme, la source de tout pouvoir supérieur, pour la libération de l’homme par l’homme, tant dans sa force, dans sa culture et dans sa racine historique de pensée et d’action.

Cette connaissance d’Haïti, d’être la mère de la liberté, de l’idéal Dessalinien du bien-être pour tous, est à la fois, fragile pour les habitants de l’espace et, enrichissant pour son développement intégral et systémique, de ses fils. Techniquement, les actions pratiques et la résistance progressive, intelligente de Cuba, tout au long du XXe et le début XXIe sont d’une utilité incomparable pour la survie d’Haïti.

La compréhension du programme de Castro est sommairement présentée dans son livre : « l’histoire m’acquittera ». Et l’observation ethnographique, de la révolution cubaine de 1959 est d’une humilité sans précédent, sur le terrain de l’action et des constructions d’œuvres historiques et de mémoire pour le peuple cubain, et celui du monde entier. Compte tenu des atrocités impérialistes qu’a connues ce peuple au cours de ces 50 dernières années. Dans ce livre, les intellectuels organiques peuvent lire et comprendre, ce qu’ils n’ont pas su faire où ils ne savent jamais comment lier la pratique et la théorie.

Au principe du Fidélisme, Castro dit de ses propres mots en comparant les acquis français et ceux de son pays : « La France a ses dates historiques et mémorables que tous les écoliers apprennent dès leur tendre enfance : 732, Charles Martel bat les Arabes à Poitiers ; 800, sacre de Charlemagne ; 1515, bataille de Marignan ; 1789, bien entendu, la prise de la Bastille, et puis encore les Trois Glorieuses, la commune... Cuba, comme tous les autres pays, a les siennes, qu’elles rappellent de bons ou de mauvais souvenirs : 1492, arrivée de Christophe Colomb : 1762, prise de La Haye par les Anglais ; 10 octobre 1868, première Guerre d’Indépendance ; 1871, exécution des étudiants de médecine ; mars 1878, protestation de Macéo à Baraguá ; 24 février 1895, seconde guerre d’Indépendance ; 1898, occupation des États-Unis ; 1993, renversement du dictateur Machado... La France s’est donné comme fête nationale la prise de la Bastille. 14 juillet ; la révolution cubaine s’est donnée, elle, la prise de la Monacada (26 juillet). Deux forteresses : l’une, symbole de la monarchie absolue ; l’autre, seconde caserne en importance d’une dictature née d’un coup d’État. Deux évènements qui marquent et symbolisent le point de rupture entre deux ères ». On a rappelé deux principes du Fidélisme pour faire le sens que la construction d’un État indépendant nécessite beaucoup de courage et de connaissance de la réalité sociale. Ainsi, on aurait pu dire autant pour Haïti, en rappelant le principe du Dessalinisme. Toutefois, il faudrait aujourd’hui le sacre d’une nouvelle indépendance politique et économique vers un avenir radieux. Il nous reste beaucoup à faire dans cette démarche-là.

La dimension culturelle de l’organisation sociale de la République d’Haïti devrait trouver son émanation dans les noms, dans grands guerriers et bâtisseurs de la nation suivants ; qui ont donné l’indépendance à Haïti et, traçant la ligne de progression que devait suivre Haïti : Toussaint Louverture, Jean Baptiste Vixama, Boukman, François Capois-la-Mort, Jean Jacques Dessalines, Henry Christophe, Alexandre Pétion, Charlemagne Péralte, Benoit Batravaille, Anténor Firmin, Jean Price Mars, Louis Joseph Janvier, Demesvar Delorme, Lysius Salomon, Dumarsais Estimé, Jacques Roumain, Dantès Bellegarde, Janil Louis-Juste (...), et tant d’autres noms des grands écrivains, chercheurs et scientifiques, qui ont su défendre et aimer ce pays du plus profond de leur âme, qui devaient faire partie de cette liste incomplète (...), dans tous les domaines de la vie sociale. Il s’agit d’une façon honorable de respecter la mémoire et les œuvres que nous ont léguées ces êtres éminents. En vertu, de cette idée que contient ce paragraphe, dans quelle région d’Haïti, peut-on faire, collectivement, connaissance à ces noms, les sentir, les vivre pour avoir la connaissance de la profondeur de ses pensées ?

On observerait que la dimension culturelle de Cuba se trouvait exposer en pleine rue de La Habana, dans la construction des infrastructures publiques, où n’importe quel voyageur, peut demander des informations ou comprendre la position individuelle et vitale des enfants de Cuba en lisant les fresques, les statues sur des places publiques ; les noms de Carlos Manuel de Cespedes, Camilo Cienfuegos, Ernesto Guevara, José Martí, Raúl Castro, Fidel Castro Ruz, Nicolas Guillén, Caballero Paris, Fernando Ortiz, Máximo Gòmez, Antonio Maceo, Frank País, Pablo Duarte (...), pourraient vous fasciner ; car leurs pensées d’être et de la vie des Cubains se trouvent inscrire à la vue de tout le monde. La vue panoramique cubaine parait être comme un grand musée ambulant, où l’on pourrait faire la connaissance historique avec tous ces ancêtres. Voilà, un élément fondamental qui garde ce pays en vie, en dépit des assauts incessants de l’impérialisme, et qui manque viscéralement à la jeunesse haïtienne.

L’on dirait même que tous les Cubains sont de patriarches vivants, promenant avec leur histoire en main, pour protéger le programme de la carte d’identité de soi tout en donnant aux autres peuples une alternative contre l’impérialisme. Alors qu’en Haïti, l’on dirait même qu’on fait des Haïtiens des gardiens ou assistants du programme de la destruction massive de sa conscience, de ses ancêtres, pour mieux les transformer en des fantômes, vénérant leurs propres bourreaux. L’on dirait même que les Haïtiens n’ont pas d’histoire, ou tout ce qu’on aurait pu lire sur ces ancêtres sont des épopées et des fables racontées de toutes pièces.

Jr CENANFILS

Licencié en sociologie à l’Université d’État d’Haïti, professeur d’introduction à la sociologie et de méthodologie à l’Institut des hautes de sciences économiques et commerciales en Haïti (Cuba, La Havane, le 04 janvier 2020).


Notes

(1) Du point de vue historio-géographique, ces deux pays se situent dans la mer des Caraïbes, ils font partie des grandes Antilles. Ils ont pratiquement la même histoire esclavagiste et colonialisme par les Européens (les Espagnols et les Français). Il s’agit des pays de climat tropical. L’ile d’Haïti est située beaucoup plus à l’est de Cuba sous le lever du soleil. Haïti est une terre très haute par rapport à Cuba. Ils ont pratiquement les mêmes types de production agricole avec des légères nuances. Et plus loin, le discours sur les richesses du sol d’Haïti est beaucoup plus reconnu que Cuba. Haïti se définit en tant qu’un État nègre, mais on le sait des propos de Gérard Barthelemy l’analyse binaire du social haïtien en nègre créole et nègre bossale. Tandis que Cuba qui est un peuple espagnol se définit comme un état métissé de toutes les couleurs : blancs, nègres, et métis. Une vraie mosaïque culturelle. Dans la pratique, les Cubains se voient comme des noirs, au lieu d’être comme des blancs.




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