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Quels aléas climatiques et météorologiques pour 2020 ?

Quels aléas climatiques et météorologiques pour 2020 ?



La décennie qui s’est achevée n’a pas été particulièrement tendre avec notre pays au point de vue météorologique et climatique. Entre 2009 et 2019, plusieurs épisodes de sécheresses ont touché le territoire national, particulièrement durant la période 2014-2016 où l’un des plus intenses El Niňo des 100 dernières années combinées à un refroidissement des températures de l’Atlantique malmena plusieurs secteurs de l’économie nationale ; comme l’agriculture, l’eau, la santé, etc. Ce cycle d’évènements météorologiques et climatiques extrêmes avait commencé par le passage du cyclone Thomas (octobre 2010), dans le canal de la Jamaïque, suivi de Sandy (2012) ; dont les pluies diluviennes dévastèrent les cultures du grand Sud, durant son périple sur la Jamaïque et le sud-est de Cuba. Cette série allait finalement prendre fin avec l’atterrissage catastrophique du monstrueux cyclone Matthew sur la presqu’île du Sud, provoquant des centaines (peut-être des milliers) de morts directes ou indirectes ; la destruction des cultures, des infrastructures et des séquelles dont nous ne sommes pas prêts à nous remettre. Assisterons-nous à une répétition d’événements extrêmes durant l’année en cours qui inaugure une nouvelle décade ? La saison des pluies, sera-t-elle une fois de plus décalée ? Quid de la saison cyclonique ?

S’il est ardu de prévoir le nombre de cyclones qui se formeront au cours d’une saison cyclonique et impossible de pronostiquer leur trajectoire ; il est plus facile de prévoir, et cela des mois à l’avance l’arrivée de phénomènes comme la sécheresse (généralement provoquer par El Niňo en été et automne et La Niňa au printemps et en hiver). En effet, la pluviométrie sur une grande partie des Caraïbes et de l’Amérique centrale dépend en grande partie de la différence de température entre les océans Atlantique et Pacifique. Lorsque l’Atlantique est plus chaud (différence positive) les alizés sont moins rapides, et permettent à l’air de s’accumuler près de la surface favorisant la convergence qui produit des mouvements ascendants favorables aux activités pluvieuses. Lorsqu’elle est négative (atlantique plus froid) dans le cas d’El Niňo par exemple les alizés plus rapides soufflant sur la mer des Antilles (et l’Atlantique) provoquent un refroidissement des eaux de surface(les turbulences océaniques entraînent des remontées d’eau froide des profondeurs) qui stabilisent l’atmosphère et empêchent l’accumulation de l’air en surface. Ce phénomène réduit ou même inhibe la convection. Une situation courante depuis 2013 où la présence d’El Niňo 2013-2016ou encore 2018 et aussi les premiers signes annonciateurs d’un basculement de l’océan Atlantique en phase froide favorisèrent un déficit pluviométrique non négligeable. 2017 où la configuration de notre océan fut proche d’un AMO+ alors que La Niňa faisait son retour constitua une exception. La corrélation entre ces configurations et la pluviométrie est assez élevée ; toutefois, pour les régions septentrionales d’Haïti ou Cuba, d’autres facteurs entre en ligne de compte, comme la position et l’intensité de l’Anticyclone des Açores (NAO) ou encore le signe de l’Oscillation du Pacifique Nord (PNA), pourquoi ? Parce que ces phénomènes peuvent influencer la trajectoire des perturbations polaires (Thalweg, Front, etc. ) et les diriger au-dessus de notre région. Qu’en sera-t-il en 2020 ?

Si la configuration actuelle sur le pacifique ne correspond pas au critère officiel d’un El Niňo classique, l’atmosphère quant à lui réagit comme si Enso+ était présent. Les vents alizés sont plus rapides que la normale et devraient contribuer à une certaine réduction de la pluviométrie sur les Caraïbes (l’arc antillais surtout). Toutefois, en ce qui nous concerne, la circulation au-dessus du pacifique et des États unis pourrait conduire quelques systèmes hivernaux à passer beaucoup plus près de notre pays. Les modèles continuent de montrer un non-événement sur le pacifique, et même un retour probable de la Niňa d’ici la fin du printemps ou le milieu de l’été. Mais rien n’est moins sûr, car un large réservoir d’eau chaude est présent dans les profondeurs du pacifique, alors que l’activité solaire actuelle faible pourrait faciliter un retour (officiel) d’El Niňo. Si cela arrivait, la saison pluvieuse du printemps sera une fois de plus perturbée, comme cela a souvent été le cas au cours des 6 à 7 dernières années. Chez les modèles, c’est la quasi-unanimité : ils tablent en effet sur une fin d’hiver et un début de printemps beaucoup plus mouillé que d’habitude en dépit de l’absence d’un Niňo classique.

Notre verdict

On serait donc une fois de plus, dans une dynamique humide mars/avril, et peut-être une partie de mai, avec une saison sèche un peu plus longue allant de mi-mai/juin à septembre ; dont la durée dépendra de la configuration des SST entre les deux océans.

Saison cyclonique

L’activité cyclonique dépend de nombreux facteurs, comme le signe de l’Oscillation de l’Atlantique, les températures océaniques, la présence ou non d’El Niňo ou de la Niňa, etc. Toutefois, la trajectoire et le degré d’activité dépendent aussi de la distribution des anomalies de températures sur notre bassin cyclonique. Des anomalies positives (plus chaudes) sur le nord de l’océan créent des conditions moins favorables sur l’Atlantique tropical, qui est la pouponnière des cyclones caribéens. Ce n’est pas un hasard si, mis à part de 2016 et 2017 (et encore), très peu de cyclones ont traversé la mer des Antilles depuis 2007 ! Entre 2013 et 2019, plus de 75% du temps, la distribution des anomalies de températures fut peu défavorable, d’où le peu d’impacts sur les Antilles (2017 est une exception et concerne le nord-est des Antilles). Ce déséquilibre est probablement dû à la circulation océanique sur l’Atlantique qui montre des signes de basculement en phase froide (peu favorable aux saisons actives). Nous sommes donc une fois de plus, probablement partis pour une saison avec une majorité d’ouragans se formant, ou atteignant leur intensité maximale au nord du 20edegré de latitude et cheminant au nord des Antilles ou sur l’Atlantique subtropical. Un bémol toutefois, si le Pacifique, comme le montre plusieurs modèles climatiques, passe en mode neutre froid ou si La Niňa se développe, cela pourrait équilibrer les choses et augmenter la menace sur la région qui connaît disette d’ouragan de forte intensité.

Nos prévisions

Une saison plus active qu’en 2019 avec un ou deux trajectoires qui pourraient se rapprocher ou transiter sur la mer des Antilles, donc menace accrue sur les Antilles.

Rudolph Homère Victor
Météorologiste/AMS




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