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Saint Michel de L’Attalaye : les cas de violences sexuelles toujours à la hausse

Saint Michel de L’Attalaye : les cas de violences sexuelles toujours à la hausse



Entretien avec Méus Isaleine, présidente de la plateforme des femmes de Saint Michel de l’Attalaye


Le National : Madame Méus Bonjour, merci de répondre aux questions de Le National. Dites-nous qui est Isaleine Méus.

Isaleine Méus : Je suis Isaleine Méus, fille de la commune de Saint Michel. Une auxiliaire-infirmière qui a beaucoup travaillé dans le système de santé dans la commune et qui continue de travailler dans la commune. Je suis actuellement la présidente de la plateforme.

LN : vous êtes présidente de la plateforme des femmes de Saint Michel de l’Attalaye. Présentez cette structure ?

IM : la plateforme des femmes de Saint Michel de l’Attalaye est une association communautaire, fondée en 2005 dans le but d’apporter un soutien aux femmes victimes de violences et travailler à la valorisation de la femme. Souvent considérée comme un mal nécessaire. Nous travaillons sur plusieurs axes. Par exemple : la violence basée sur les genres, particulièrement sur les femmes et les filles, économie sociale et solidaire et dans la santé et l’éducation pour les femmes. Nous développons des activités génératrices de revenues pour aider les femmes à faire des économies. Nous intervenons principalement dans la transmission de fruits locaux tels que : le tamarin, la grenadia pour faire de la liqueur, le Canel pour transformer en rhum. Avec le petit mil et le maïs pour produire du vin.

Pour le volet qui a trait aux violences faites aux femmes, c’est quelque chose qui fait de peine, on se demande à quel saint se vouer. Nous ne savons pas où ça a commencé, mais c’est très difficile. C’est un phénomène qu’on n’arrive pas à contrôler en dépit des sensibilisations réalisées dans les communautés. Mais on constate que tant que le pays est dans des périodes de troubles, tant le taux de la violence et la discrimination augmente chez les filles. Nous avons aussi constaté dans la commune des cas de grossesses précoces.

Des jeunes filles âgées de 12 à 15 ans qui sont tombées enceintes et ce, malgré de nombreuses sensibilisations. Quant aux violences sexuelles, les choses se compliquent davantage. Car malgré nos efforts, nous n’arrivons pas encore à trouver une solution à ce problème.

LN : Nous savons qu’il souvent est difficile pour les femmes victimes des violences sexuelles de verbaliser autour de la question. Est-ce qu’il y a un espace destiné à recevoir ces femmes et comment faites-vous pour les repérer ?

IM : Les femmes victimes de viols n’ont presque point honte d’en parler ces derniers temps. Le problème est que, les femmes qui viennent de loin arrivent trop souvent en retard. Normalement même si on développait des activités dans toutes les sections communales, il y aura toujours des personnes qui ne seront pas atteintes par le message. En fait, ce n’est vraiment qu’elles cachent ce qui s’est passé, mais le traitement et la pression qu’elles subissent par-devant la personne qui est chargée de les aider ont quelques fois poussé les victimes à garder silence. Ou du moins, si la personne arrive par-devant qui de droit pour obtenir justice et que justice n’a pas été rendue. Tout le monde dans zone prend note. C’est pourquoi je pense que si les juges de paix et autres personnes qui interviennent dans ces dossiers savaient l’importance que cela aurait quand la justice est rendue à une victime. Il y aurait beaucoup pour de cas de violences. Car quand une personne victime ne trouve pas justice comme il se doit, c’est toute sa communauté qui est en danger. D’un côté les garçons vont penser qu’ils peuvent agir de la sorte, il ne leur arrivera rien. Et de l’autre les femmes victimes vont comprendre que leur situation n’intéresse personne. De notre côté, quand elles viennent au bureau, nous faisons la prise en charge à commencer par les doléances juste qu’à la décision du parquet.

LN : Dans quelle section ces genres de cas sont-ils plus fréquents dans la commune ?

IS : Voilà comment je comprends le problème, quand il y a un CASEC responsable dans une zone, on trouvera rarement ce problème dans cette zone. C’est la même chose quand on arrive dans la commune avec ses quatre juges de paix. Si jamais, seulement un ou deux qui comprend le problème. Il y aura toujours des problèmes. Comme je le disais tantôt, c’est comme un acheminement. Quand par exemple il y a des victimes et que le CASEC ou le Juge de paix fait bien son travail en prenant en compte les dossiers fournis par les organisations de femmes, il y a une nette diminution, mais par contre si le dossier est traité de façon inadéquate, vous pouvez vous attendre à une augmentation de cas. C’est comme ça.

LN : pour les suivis médicaux. Comment ça se passe ?

IM : Pour les suivis médicaux, il y a quelques soucis parce que les personnes qui sont chargées pour aider les personnes victimes pas encore à mettre le problème nb dans son contexte normal. Il est vrai que l’hôpital fournit des soins adaptés et des certificats médicaux aux victimes de violences sexuelles. Mais pour les femmes victimes de violences physiques, les soins sont payants en raison du fait que les subventions ne couvrent les violences physiques. Alors que ce type de violence est très répandue. Quand ces genres de cas arrivent, si nous, au niveau de la plateforme nous n’avons pas les moyens pour payer les certificats médicaux, il devient difficile pour ces gens d’obtenir justice. Autres difficultés, si quelqu’un est victime en fin de semaine soit jeudi ou vendredi, il aura le certificat le lundi d’après au retour du médecin. Dans le cas de violences cela pose problème. D’une part, parce que le certificat médical doit être émis avant 72 heures et d’autre part pour les préventions contre les IST et la grossesse non désirée.

LN : Y a-t-il d’autres services offerts par le centre aux victimes ?

IM : selon l’ampleur du problème, le centre offre un service d’hébergement aux victimes pour quelques jours le temps que la situation se calme où l’intervention d’un juge de paix pour minimiser le danger. C’est la raison pour laquelle nous avons des dortoirs dans le centre. Tout cela sans aucun financement. Le centre arrive à survivre grâce aux activités de transformations des fruits mises en place par le centre.

LN : Vous aviez évoqué il y a deux mois, des cas de violences sexuelles sur des femmes qui travaillent seules des les jardins. Pouvez-vous nous en dire plus ?

IM : Cela arrive dans plusieurs sections communales. Et récemment, il y a eu un cas à la (4e section). À vrai dire, ce sont des gens que la conjoncture du pays permet de se disposer des armes. Les femmes vivent seules après le déplacement de leur mari pour un pays étranger, sont les principales victimes. Quand elles vont aux jardins, elles se sont fait violer. Cela dépend de la position de la personne qui commet l’acte par exemple un aide CASEC comme cela a été le cas à Lalomas, il ne va pas avoir de poursuites par rapport à son accointance avec le CASEC. À Lalomas, l’aide CASEC après avoir violé une dame s’est arrangée pour faire des pressions armées sur la dame pour l’empêcher de parler. Malgré plusieurs mandats émis à son encontre, aucune tentative d’arrestation n’a été faite.

Il a aussi une tendance dans les communautés à ne pas considérer les viols sur des personnes qui ont déjà mis au monde des enfants comme des viols. Bien que beaucoup de séances de sensibilisation ont été organisées pour les leaders et les autorités locales.

LN : Quelle est votre analyse de la situation ? Selon vous, y a-t-il diminution ou augmentation des cas ?

IM : Pour le moment il y a une forme de peur qui s’installe. Vous savez quand dans un pays l’insécurité est à la hausse, les femmes restent les principales victimes. Les cas de violences n’ont pas baissé. Pour considérer que les cas ont diminué, c’est quand on voit il y a zéro cas même pour une petite période. Cela peut arriver qu’on ne rencontre pas des cas et pourtant il y en a. Soit elles ont fait silence, soit le problème est réglé à l’amiable avec des avocats.

LN : Avez-vous un dernier mot ?

IM : Nous souhaitons que les dirigeants prennent conscience de la situation des femmes dans le pays et surtout aider les victimes à être réhabilitées.

Lesly Succès




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