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Ethnographie intellectuelle de l’élite cubaine et de l’élite haïtienne

Ethnographie intellectuelle de l’élite cubaine et de l’élite haïtienne



Partie 3

IV. Cuba et Haïti : une question d’élite ou d’État

La comparaison de l’organisation sociale cubaine à Haïti est historiquement complexe. Car, il s’agit de deux pays à vision sociale et politique nettement différente. Cuba est un pays conventionnellement de la gauche, inspirant de la philosophie politique de marxiste — léniniste au dire de Fidel Castro lui-même et, il l’a montré dans ses actions historiques et infrastructurelles où la position des pays du Nord le confirme. Haïti, depuis après l’assassinat de l’Empereur Jean Jacques Dessalines n’a pas de position fixe, sinon que de surveiller le programme de la destruction mentale de nos ancêtres par les pays occidentaux. Haïti est devenu un terrain d’expérience et d’essai de toutes les ordures internationales de la France, du Canada et des États-Unis. Pour Haïti, la raison à cet état de fait est simple, il suffit de préciser la richesse locale d’Haïti, pour comprendre les intérêts des Occidentaux et le modèle des élites haïtiennes (lignite, l’or, le pétrole et l’iridium).

Cuba a fondé le sens de sa critique sur la pensée universitaire, il a donné de l’éducation à sa jeunesse. Haïti a fondé le sens de sa critique sur les ragots de la rue, le scandale des manifestants et elle n’a aucune vision claire de l’éducation à la jeunesse. Cuba a exposé l’idéal de ses ancêtres dans tous les compartiments du pays, ses poètes, ses philosophes, ses scientifiques, sa culture, ses généraux et ses prouesses. Tandis qu’Haïti a mis à l’écart la pensée de ses ancêtres dans tous les domaines pour épouser celle de l’occident. Cuba a renié ses bourreaux, Haïti a embrassé ses bourreaux dans son inégalité sociale criante de la politique de couleur dominante. Quel sens bizarrement complexe de l’histoire ? Et, comment progresser dans une telle situation sociale quotidienne, psychologiquement toxique ? Force est de constater que l’élite haïtienne a fait d’Haïti un asile psychiatrique à ciel ouvert.
Avec la révolution castriste de 1959, le gouvernement cubain a, techniquement et fondamentalement, tracé la ligne directrice de la République de Cuba. Le gouvernement a donné le ton et choisit sa voie du changement social pour son peuple. Le gouvernement cubain a une vision mondiale, objective, scientifique, s’inspirant du marxisme-léninisme. Il est très clair, le pays est contre la libéralisation du marché. Le gouvernement est contre tous les plans du néolibéralisme. Cette stratégie lui dicte sa conduite dans le temps et lui permet de définir ses priorités, en fonction de ses alliés, tout en donnant la priorité aux besoins de base de son peuple et de son quotidien. À cet effet, l’élite cubaine n’a pas d’autre choix que de suivre les directives de son gouvernement et de travailler en conséquence. Cuba est un pays unique de la région de l’Amérique latine et de la Caraïbe. Il est à la fois victime des assauts de l’impérialisme de l’Occident, et en même temps, avec la vision castriste, le chef de file des pays de la région qui souhaite prendre le contrôle de ses richesses locales, de la nationalisation de bien privé qui ne sert pas au service du collectif et de la reforme agraire. Pour y arriver la vision politique devrait être claire et uniforme au pays : la consolidation interne de la révolution dans tous les secteurs de la vie nationale, le contrôle social et de l’identité individuelle, la protection sociale et la mise sur pied des programmes massifs pour toute la région sous forme d’alternative économique, l’éducation gratuite pour tous et la santé gratuite pour tous. Il est évident qu’à ce niveau qu’il est un combat sans merci, contre les programmes mondiaux néolibéraux des Nations unies.

La réussite de la résistance cubaine contre les assauts occidentaux est dans la constance, la dynamique, l’honnêteté, la transparence, la proactivité du gouvernement et le courage de l’État cubain. Dès le départ, le gouvernement révolutionnaire a fixé les limites de ses actions par la transparence, tout en améliorant les conditions de vie du peuple. Aussi, le gouvernement a appliqué une justice équitable contre les corrupteurs et les détracteurs de l’État. Ainsi, les élites corrompues ont été condamnées et ont payé de leurs fautes, envers la nation cubaine. À Cuba, il y a le sens du moral social, le respect des autres et le sens de l’égalité sociale en commençant par leur niveau de salaire.

La comparaison sociale des deux pays dans le contenu de ses élites1, par l’outil de l’observation de son intelligence pratique, nous permet de former un nœud classique des problèmes des pays « dits du Sud » : l’individualisme et le collectivisme, le capitalisme et le socialisme, la gauche et la droite, le néolibéralisme économique et l’économie planifiée, le racisme et l’antiracisme. Cuba a fondé la vie sociale de son pays sur la valeur intrinsèque de l’homme et non, sur l’argent. Haïti est l’un des premiers pays nègres de la région qui a fait de la liberté et du respect de droit de l’homme une affaire impersonnelle. Et pourtant, il est le seul pays de la région où ceux qui contrôlent l’économie du pays, le pouvoir politique ne sont pas des nègres authentiques. Ils se sont fait doubler par des nègres, des apatrides et des antinationaux. Des hommes dangereux pour le pays, car ils ignorent totalement leurs histoires et ils s’en foutent pas mal d’objectivité scientifique et de vérité historique.

Les dernières recherches internationales sur l’économie haïtienne montrent que l’échelle de classification économique est axée sur le transfert de la diaspora en Haïti. Les autres contenus de l’économie qui sont l’agriculture, le tourisme et l’industrie (...) sont quasiment inexistants. Donc, la seule instance économique ou de contrôle du marché est l’État. Nous pouvons dire que cette économie porte le nom de transfert. Économie de transfert, l’argent des immigrants haïtiens vers des proches de son pays où l’état perçoit des taxes. La démarche cruciale est de réorganiser le pays et d’avoir un État responsable qui donnerait le ton, en fonction d’une vision bien définie, objective, scientifique, tout en tenant compte, de notre réalité historique et culturelle de peuple dans la région de la Caraïbe. Contrairement à la République de Cuba, Haïti de ces 30 dernières années a adopté la politique néolibérale de l’Occident et, a décidé de marcher dans les sillages États-Unis d’Amérique tête baissée.

L’élite haïtienne est moribonde et nauséabonde. Ils sont pour la plupart des mulâtres, c’est-à-dire des enfants blancs avec des noirs, qui se croient être des blancs (des colons). Ce sont eux qui dirigent Haïti à travers la complicité de l’Occidental. Ils sont, tout simplement, des agents du néocolonialisme. Ils n’ont pas de vision populaire. Ils sont racistes et vieux. Pour eux, la seule politique qui vaille est la politique du système de la plantation esclavagiste. Ils n’ont pas de cran pour s’opposer à leurs pères occidentaux, ils les aiment et cela, c’est dans leur veine historique et émotionnelle. Car, ils sont des fils de putes. Pour ceux qui connaissent la République d’Haïti, le pouvoir politique n’est qu’une façon de l’économie sauvage pour l’enrichissement personnel. Haïti a deux problèmes basiques qu’il faut en tenir compte dans toute politique publique de développement : le climat versatile et l’élite corrompue et sclérosée qui condamne l’émancipation de la masse crasseuse.

Nous pouvons emprunter les mots du Dr Jean Price Mars, Haïti doit faire un retour à l’histoire, à son « alma mater », pour redorer son blason dans le concert des nations. Et, cette planche de salut n’est pas une utopie, on peut le lire en cohérence à notre histoire de peuple libre et, dans les rues de La Habana. Adopter le sens pointilleux de l’organisation sociale cubaine. Imaginer une Haïti, où tout le monde sait lire et écrire ; tout le monde peut satisfaire ses besoins primaires ; tout le monde a un logement décent ; tout le monde marcherait libre sans se soucier de l’insécurité dans les rues. Imaginer une Haïti où l’espérance de vie est de 120 ans par une médecine endogène respectable et respectée où l’on enverrait nos médecins noirs, partout dans le monde pour servir d’autres peuples. Voilà, il n’y a pas à sortir de là, le salut d’Haïti est dans son histoire, son retour en Afrique pour épouser sa vraie histoire, des peuples bâtisseurs d’empire et plus près de nous à Cuba un peuple frère, qui a su améliorer la condition de vie des milliers de gens par l’éducation et la production locale dans la dynamique de l’économie planifiée, vers un sens moral hautement collectif et de bien-être.

V. Conclusion

Tout compte fait, nous avons compris que de tous les temps, l’esprit humain pour progresser a besoin de se comparer avec ses semblables pour mieux extraire le vrai du faux. Dans l’analyse scientifique du social, il est un principe clé de considérer la dimension culturelle de l’évolution de l’espèce par imitation et, c’est ce que nous avons fait, en voulant écrire ces lignes ethnographiques intellectuelles sur Cuba et Haïti ; deux pays des grandes Antilles qui ont en partie une histoire commune. Alors qu’aujourd’hui, Haïti est dans l’anarchie totale, le gaspillage, l’instabilité; Cuba est dans la discipline, l’ordre, la constance et la production. Nous avons besoin d’appréhender cette réalité des deux pays, en tenant compte de leur organisation sociale. Haïti peut calquer sur Cuba pour mieux maitriser le domaine de la protection sociale, en son concept majeur : le contrôle social.

Nous terminons notre réflexion sur l’ethnographie intellectuelle des deux pays, en pointant du doigt l’incapacité du gouvernement, à travers ses élites corrompues et corruptibles, de donner des réponses congruentes aux différents problèmes sociaux que font face quotidiennement les Haïtiens. Le monde entier a le projecteur rivé sur Haïti où il voit l’inutilité des choix de nos gouvernants, qui ne cessent de nous conduire vers la bassesse et l’ignominie. Haïti est un petit pays des grandes Antilles qui a une histoire émouvante, une terre riche, une nature et climat attrayant qu’il faut savoir jongler avec, par les caprices du temps géologique. Nous avons décidément confondu l’élite et l’État dans ce texte, pour exprimer le sens prolifique ou non prolifique du travail d’un groupe d’homme consciencieux ou non consciencieux, dans l’organisation de son pays ou dans le déséquilibre de son pays.

Haïti n’est pas seul sur cette planète et encore plus dans la région. Tous les pays du monde ont des difficultés, qu’ils ont su relever dans la solidarité et la planification. Tous les modèles de développement social sont là, on n’a pas besoin de réinventer la roue ni d’aller chercher aux confins du monde. Il suffit de rouvrir les yeux et de décider quel destin choisir pour son peuple. On l’a déjà fait dans l’histoire contre l’esclavage des colons et, le temps nous montre que le travail de nos ancêtres était correct, mais toutefois, incomplet. Tout ce qu’il reste à faire pour améliorer le sort du peuple haïtien est de se ressourcer dans son histoire, son origine, sa genèse et d’aligner notre politique en fonction de la réalité locale.

Les pays du sud n’ont pas le même besoin que les pays du nord. Nous n’avons plus de leçon à ne recevoir de personne. L’histoire nous est déjà un grand guide d’enseignement.

La révolution sociale n’est pas une utopie, elle est possible. Nous sommes ce peuple noir bâtisseur d’empires, de pyramides. Autrefois, même le blancoïde Ptolémée croyait que nous étions des dieux en Égypte. Nous sommes ce que nous sommes de constitution exceptionnellement exceptionnelle. Il faut seulement ne pas l’oublier. Mais les manipulateurs et les détracteurs sont là pour nous diaboliser comme ils l’ont fait pour tous les pays qui souhaitent prendre son envol vers le progrès. Tout ce qu’il reste à faire en Haïti est de donner une opportunité aux enfants d’Haïti, d’avoir un avenir meilleur que nos ancêtres et le nôtre. Pour le faire, il nous faut choisir de fonder le développement du pays sur la valeur intrinsèque de l’homme et non sur la valeur de l’argent. D’où l’importance de se mettre à l’écoute de l’appel populaire des manifestants de rues de Port-au-Prince qui ne cessent de dire : il faut changer le système et juger les coupables.

VI. Bibliographies

1. Cheikh Anta Diop. Civilisation ou Barbarie. Paris : Présence Africaines. 1981.

2. Fanon Frantz. Peau noire masque blancs. Paris : Seuil 1995.

3. Fidel Castro Ruz. L’histoire m’acquittera. Ed. les temps des Cerises. 2013.

4. Gérard Barthelemy. L’univers rural haïtien. Le pays en dehors. Paris. Éd. L’Harmattan. 1990.

5. Jean Marie Adiaffi. La carte d’identité́. Paris : CEDA. Éd. Hatier. 1980.

6. Jean Price Mars. Ainsi parla l’Oncle. Essai d’ethnographie. New york: parapsychology Foundation Inc. 1928. Nouvelle édition. 1928.

7. Louis-Joseph Janvier, Les Antinationaux (Actes et principes) suivi de, le vieux Piquet. Première Édition. 1884. Port-au-Prince. Haïti. Les éditions Fardin, 2012.

8. Mircea Eliade. Initiation, rite, sociétés secrètes. Paris : Gallimard, 1959.

9. Marcel MAUSS. Manuel d’Ethnographie. Paris : Editions Sociales. 1926.
10.

Junior Cénafils

Notes :
1 le contenu de ces élites est fondamental pour la connaissance de la question sociale actuelle haïtienne et cubaine. L’élite cubaine est composée de Cubains, des patriotes et des nationalistes de la révolution castriste. Ils adorent être appelés : Rebelde. Car, elles étaient les avant-gardistes de la rébellion contre les malversations du gouvernement du dictateur Batista. L’élite cubaine est dans un projet nationaliste au nom de la phrase phare : la patrie ou la mort. Elle ne suit pas à pas les lignes de ces ancêtres de la guerre. Tous les produits de la consommation cubaine viennent de Cuba et fabriqués par des Cubains, en fonction des règles de la République cubaine. L’élite cubaine travaille pour la prospérité et la survie de Cuba. Pour résider à Cuba, il faut être cubain et intégrer les valeurs de la révolution et de la patrie cubaines. L’élite haïtienne est composée pour la plupart des étrangers, des commerçants et des diplomates étrangers par ricochet avec les organisations des ambassades de l’Occident. Aucune décision ne peut prendre en Haïti, sans l’aval de l’Occident. L’élite haïtienne, ou par correspondance l’État haïtien, est syrienne, égyptienne, américaine et libanaise. Il est évident que l’élite est tout, sauf être une élite haïtienne. Il fallait vérifier la généalogie des grands commerçants du pays ou eux qui font la loi dans les ambassades représentant le pays. Tous les produits de la consommation haïtienne viennent de l’extérieur. Tous ceux qu’on fabriquerait au pays sont relégués aux calendes grecques. Plus personne ne s’intéresse au progrès d’Haïti.




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