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Un ministère de la Famille, de l’Enfance et des Droits des Femmes en Haïti, pourquoi faire ?

Un ministère de la Famille, de l’Enfance et des Droits des Femmes en Haïti, pourquoi faire ?



Dix ans après le tremblement de terre du 12 janvier 2010, des dizaines de couples ou des familles ont été tuées. Des membres dans des centaines familles ont dû laisser le toit à la recherche d’une vie meilleure. Des milliers de familles ont certainement perdu au moins un ou deux de leurs proches parents. Et depuis, des milliers d’enfants orphelins survivants, mais traumatisés, qui vivent encore dans le pays ou qui ont voyagé, ont été soient adoptés, oubliés, vendus, mis en esclavage, ou grandissent sans un véritable accompagnement dans les nouvelles familles d’accueil, à défaut de bénéficier d’un minimum d’assistance sociale.

Dans la déshumanisation actuelle de la société haïtienne depuis quelques mois, par les conséquences de « Pays-lock », de la montée en puissance des groupes armés composés en majorité par des jeunes des deux sexes, et les actes de kidnapping qui dominent l’actualité, au point d’emprisonner la population dans plusieurs quartiers et d’empoisonner le bien-être des milliers de familles, il faudrait se questionner si derrière cette triste réalité, l’absence des politiques publiques efficaces, articulées ou harmonisées pour assister et accompagner les familles haïtiennes et l’indifférence de la société en générale devant le sort des enfants des rues et des gens qui croupissent dans les prisons ne sont pas du nombre des causes les plus influentes dans cette nouvelle forme de vengeance sociale imposée par ceux et celles qui tuent ou torturent, qui traumatisent ou qui font le trafic humain ou des organes, qui enlèvent des personnes de tout âge et de toutes les couches sociales.

Dans le prochain remaniement ministériel qui doit se tenir en Haïti, dans les heures, les jours, les semaines et les prochaines années, un président de la République visionnaire, et un Premier ministre pragmatique, assistés des meilleurs conseillers les plus objectifs et sans des parlementaires encombrants, avec la complicité des forces objectives de l’opposition, trouveraient une bonne occasion, dans un esprit de changement et d’intérêt collectif, pour offrir au pays une institution améliorée, qui prendrait en compte les attentes et les besoins, les priorités et les urgences des principaux membres qui composent la plus petite unité institutionnelle dans la société qui est la famille.

Défendre la création du ministère de la Famille, des Enfants et des Droits des Femmes en Haïti (MFEDF), c’est rapatrier et harmoniser les principales missions et attributions respectives entre le Ministère des Affaires sociales et du Travail (MAST), le ministère à la Condition féminine et aux Droits des Femmes (MCFDF), sans ignorer les autres ministères en charge de l’éducation et de la formation professionnelle et de la jeunesse et des sports, dans une nouvelle démarche plus moderne et visionnaire, intelligente, pragmatique, efficace et durable.

Devant l’effondrement des valeurs familiales, qui constituaient la charpente ou l’ossature de la famille haïtienne, il parait urgent d’inscrire ouvertement et officiellement la problématique de la famille dans les politiques publiques en Haïti. Quelle politique publique à mettre en place ? Quel agenda pour les familles haïtiennes ? Quelles sont les ressources et les stratégies à mettre en place pour panser ces problèmes ?

Déplacements forcés, imposés par la réalité économique dans beaucoup de cas, et séparation obligée parfois sur fond de violence et des crimes passionnels sont autant problèmes qui dégradent les relations familiales en Haïti comme partout ailleurs.

Duel entre les membres d’une même famille, dette morale pour certains, dérive et déviance, divorce ou démission, dépendance ou désistement, dans les relations entre les parents et leurs enfants s’ajoutent dans cette longue liste des causes qui emprisonnent le bien-être des ces enfants qui ont grandi sans avoir le droit de rêver ou d’exister comme ces autres enfants qui vont à l’école, qui peuvent manger dans un restaurant, porter des vêtements neufs, ou se laver dans une douche.

Dans les rues du pays et même dans beaucoup de villes de province, ils sont des dizaines, des centaines et des milliers d’enfants qui trainent dans la misère et dans la crasse, qui grandissent sans éducation et sans dignité, tout en s’initiant dans toutes les formes de pratiques délinquantes, des activités illégales, et les pratiques les plus autodestructrices, avant de se venger contre cette société qui a institutionnalisé le culte du « Kokoratisme », à toute une génération, sans identité, sans opportunité et sans référence ou adresse en dehors de la rue.

Dans les points frontaliers entre les aéroports, les ports et les postes frontaliers officiels et informels séparant le territoire de la République d’Haïti et de la République dominicaine, le commerce des enfants esclaves ou des organes s’intensifie entre les villes et les rues, selon les rapports des organisations concernées, ou même des familles peu éduquées, qui décident d’investir dans la grossesse précoce de leurs filles au niveau des villes frontalières.

Dix ans avant 2030, pour répondre aux avancées en matière de développement humain, qui va de pair avec le développement durable, cette nouvelle institution allait s’engager à travers une plus grande campagne de sensibilisation, d’éducation et d’harmonisation des politiques, et de responsabilisation des acteurs les plus sensibles, stratégiques dans le système, et les programmes en place, portée par l’État haïtien, les institutions internationales, les partenaires privés, les ONG, et d’autres opérateurs les plus motivés, dévoués et engagés comme l’Institut du Bien-être social et de la Recherche, l’UNICEF, entre autres.

Des sociétés plus modernes et avisées ont déjà emboité le pas dans une telle démarche complémentaire, constructive et complétive au niveau des problématiques transversales relatives aux familles, aux enfants et aux femmes.

Dans l’impossibilité de refonder l’organigramme du MAST et du MCFDF pour avoir cette nouvelle institution plus moderne et efficace, les plus hautes autorités pourraient ainsi nommer un homme ou une femme, en tant que ministre d’État, ministre délégué, ou un secrétaire d’État qui pourraient avoir ce portefeuille en question. L’État haïtien a pour obligation de responsabiliser une autorité pour sortir les enfants dans nos rues.

Donner des moyens additionnels à ces deux institutions (MAST/MCFDF) dans le cadre d’un partenariat sur des projets techniques ou d’une commission interministérielle pourrait bien combler certains vides et des manquements au niveau des services à fournir à la population. Mais la création de ce nouveau ministère de la Famille, de l’Enfance et des Droits des Femmes allait offrir au pays une nouvelle approche plus cohérente en termes de politiques publiques axées sur le développement humain, le capital social, l’institution basique qu’est la famille, le bien-être collectif, l’intelligence collective, les valeurs sociales, les liens intergénérationnels, l’éducation, la formation et la transmission, etc.

Derrière ces argumentaires utilisés pour défendre l’importance d’une telle institution, certains des conseillers les plus influents de la présidence ou de la primature, ont aussi leur part de responsabilité dans cette démarche responsable, qui ne vise que l’intérêt du plus grand nombre.

Désormais un ministère sera en charge de penser de manière globale et stratégique les besoins de la famille, en privilégiant les principales actrices les plus vulnérables qui sont les enfants et les femmes.

D’une pierre plusieurs coups, dans cette grande vague de mobilisations et de manifestations pour changer le système, la refondation des principales institutions publiques concernées par les principaux services sociaux du pays pourrait contribuer à changer notre regard sur la façon de voir les problèmes sociaux globaux, qui passent avant tout par l’individu, l’être humain, les catégories les plus vulnérables.

Dans ce ministère de la Famille, de l’Enfance et des Droits des Femmes, on prendrait désormais en compte, l’ensemble des facteurs les plus déterminent pour parler de bien-être de la population telles les valeurs et les dimensions : personnelles, physiques, légales, environnementales, familiales, éducatives, spirituelles, intellectuelles, économiques, financières, professionnelles…

Droit des femmes, droits des enfants, droits de la famille, devoir des uns envers les autres. Un nouveau ministère qui harmoniserait les efforts éparpillés des autres institutions publiques pourrait améliorer les conditions de vie de la population, et responsabiliser l’ensemble des acteurs dans leur complémentarité et leur complicité.

Dominique Domerçant




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