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Conditions hygiéniques des détenues à Cabaret : préoccupation de la Coalition de la Jeunesse haïtienne (CJH)

Conditions hygiéniques des détenues à Cabaret : préoccupation de la Coalition de la Jeunesse haïtienne (CJH)



Les conditions de détention en Haïti soulèvent beaucoup de préoccupations. Les détenus vivent dans des conditions presque inhumaines. Ils manquent de tout ce que l’on pourrait considérer comme un minimum vivable. Il n’est nul besoin d’être le plus intelligent des hommes pour se rendre compte qu’il n’y a aucune politique carcérale en Haïti et que les détenus sont livrés à eux-mêmes. N’en parlons même pas de la détention préventive prolongée.

La situation des détenus, en particulier celle des femmes détenues à la prison civile de Cabaret, a plongé les membres de la Coalition de la Jeunesse haïtienne (CJH) dans une consternation profonde. Ainsi pour la troisième fois consécutive, à l’occasion de la journée internationale des droits de la femme ils se sont rendus à la prison pour voler au secours des détenues le mardi 10 mars 2020.

Une initiative à travers laquelle le Coordonnateur national de la CJH veut rappeler aux détenues qu’il leur tient à cœur. « C’est une façon pour nous de dire à ses femmes oubliées par une frange dans la société que nous pensons à elles et qu’elles peuvent encore espérer à un avenir meilleur une fois purgée leur peine », a déclaré Monsieur Mikerlange Registe, Coordonateur Nationale de la CJH.

Toutefois Monsieur Registe reconnaît qu’apporter des kits hygiéniques aux femmes chaque année ne suffit pas, c’est une question de politique carcérale qui mérite d’être mieux définie. « La distribution de kits hygiéniques est loin d’être une mesure drastique aux conditions d’existence des détenues, la surpopulation carcérale et la détention préventive prolongée doivent cesser d’être le cadet des soucis des autorités judiciaires » estime le numéro 1 de la CJH. « Néanmoins, ce geste leur paraît très significatif », conclut-il.

Comblée d’émotions, Mademoiselle Néïka Jasmine Desrivieres déplore les négligences portées à ces femmes, qu’elle estime mérite d’être traitées comme des êtres humains. « Même privées de leur liberté elles restent nos mères, nos femmes, nos sœurs et nos enfants. Nous avons donc une obligation morale de leur venir en aide » soutient l’Ambassadrice de la CJH à Pétion-Ville.

Interviewé sur la question, Danove Jose Karly Dieufort, Coordonnateur du département du Nord de cette structure juvénile, rappelle qu’une fois les conditions hygiéniques sont négligées les conditions sanitaires le seront aussi. « Il existe une corrélation parfaite entre les conditions hygiéniques et la santé d’un individu, point besoin de signaler combien le risque d’être tombé malade est potentiel à la prison », clame l’étudiant en médecine.

De son côté, Anne-Sarha Lozamar, Ambassadrice de Saint Michel, critique vertement l’absence d’une décision qui soit capable de faire taire certaines frustrations à la prison. « Seulement 13 % des 242 détenues sont condamnées, les autres soupirent encore de voir un jour qu’elles comparaissent par-devant un juge, ce qui devait être fait 48 heures après leur arrestation » argue la jeune Saint-Micheloise. « C’est une situation révoltante fustige-t-elle ! En 2020 c’est impensable que des personnes, encore moins des femmes, soient détenues dans de telles conditions » déclare Mademoiselle Anne-Sarha Lozamar.

Questionné sur la provenance des dons distribués à la prison chaque année, d’un air satisfait et fier Mikerlange Registe soutient « nous avons lancé un appel à la solidarité surtout à la jeunesse haïtienne, en moins de deux semaines plus de 200 kits ont été collectés contenant pâtes dentifrices, savons, serviettes hygiéniques et papiers hygiéniques » affirme le jeune Carrefourois. « Cela justifie si les jeunes parviennent à se coaliser bon nombre de choses peuvent être réalisées au profit du bien-être collectif » renchérit-il.

La société haïtienne ne devrait-elle pas prendre ces jeunes comme exemple ? À savoir se mettre ensemble pour réaliser quelque chose de grand ?

La situation déconcertante des femmes détenues à la prison civile de Cabaret est le reflet des conditions de vie inhumaine d’une grande majorité de la population haïtienne. Le message est clair, quels que soient votre âge, votre profession ou votre situation, à moins que vous soyez riches ou dans les bonnes grâces des chefs ; évitez la prison, car vous risquez de le payer au prix fort.
À quand une vraie politique carcérale en Haïti ?

Jn Fritz Gérald Aguy
fegy12512@gmail.com




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