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Des Léogânais sceptiques sur le reste de la saison du Rara

Des Léogânais sceptiques sur le reste de la saison du Rara



À moins d’un mois de la clôture des activités de rara dans la cité d’Anacaona, le Covid-19 suscite des inquiétudes énormes au sein de la communauté léogânaise. Au regard des décisions en cascade qui sont en train d’être prises par le Gouvernement haïtien, les fêtards redoutent un arrêt spontané du déroulement de cette belle tradition.

L’un des vecteurs favorisant la transmission rapide du virus est l’effet de foule. Plus on s’expose au rassemblement, plus on est vulnérable. Et, par mesure de précaution, les rassemblements publics sont fortement déconseillés selon les experts. En rapport au risque qu’ils comportent, les gouvernements ont pris les décisions qui s’imposent en essayant d’interdire dans la mesure du possible ces genres d’activité à travers tous les recoins de leurs territoires.

Aussi vrai qu’Haïti officiellement n’a recensé aucun cas de contamination, il n’a pas non plus pris des mesures drastiques pour interdire les rassemblements. Ce qui ne veut pas dire qu’elle ne va pas le faire dans les jours futurs. En attendant une pareille décision, le doute plane dans la tête des mordus du rara léogânais craignant une interruption soudaine de cette festivité qui n’est qu’à son troisième weekend.

En effet, les citoyens de la cité d’Anacaona évoquent plusieurs raisons pour justifier leur scepticisme. Les événements de pays lock, l’avortement en deux années consécutives du carnaval national et le respect de la transition. « C’est une activité hautement importante pour la ville. C’est le moment d’attirer le tourisme, de se défouler, d’économiser quelque chose, de montrer notre respect envers ce qui nous est très cher (le rara). Contrairement à ce qu’on pense, c’est aussi un moment de retrouvailles, de réconciliation et d’expression de paix, d’amitié intracommunautaire », a expliqué un étudiant finissant de la faculté d’ethnologie de l’UEH qui dit penser que ce serait un manque à gagner énorme pour le pays.

Des notables de la ville requérant l’anonymat prennent en exemple les multiples interdictions imposées dans tous les domaines des communautés internationales pour empêcher la propagation du virus. Selon eux, l’État haïtien ne va pas tarder à étendre ses mesures sur le rara, le football et les activités scolaires plus tard. Cependant, ils disent, au-delà des considérations, espérer que cette décision ne vienne pas avant que les traditionnelles fêtes de rara eussent terminé.

Questionnés à cet effet, les fêtards n’ont pas caché leur scepticisme. Non pas qu’ils ignorent le danger auquel ils sont exposés en prenant trois fois par semaine ce bain de foule, mais il se trouve que pour eux c’est juste une manière de vivre. « Le rara, c’est une partie de notre vie », balance Mireille ainsi connue, l’humeur joyeuse devant une bande arborant son fanion. Johnny C. Plivard n’a pas un avis contraire. Cependant, en bon optimiste, il est convaincu que durant la période, rien ne viendra déranger l’ambiance populaire.

Si durant le weekend, les amoureux du rara n’avaient aucune inquiétude à cet effet, la décision gouvernementale annoncée par le ministre de l’Intérieur, Audin Fils Bernadel, dimanche dernier, a tout basculé. La peur d’un arrêt brutal des activités peine à se dissimuler. Partout, dans toutes les activités, on n’en fait que parler. Sur les réseaux sociaux, la population s’enflamme. « Ce serait un coup dur », jugent-ils sans acculer, peut-être pour une fois, le gouvernement.

« Quant aux dirigeants des bandes et des responsables des organisations appuyant ces institutions, ils ne montrent pas leurs inquiétudes. Mais attendant une éventuelle décision, ils s’engagent à continuer de faire ce qu’ils aiment et ce qu’ils sachent faire mieux que tous les citoyens du pays » vante un membre de "timalis kache".

Le 12 avril prochain, la ville de Léogâne attend cette belle fête. Dans l’intervalle, les allers-retours hebdomadaires marchent à merveille. La fête va continuer durant les quatre semaines à venir. Notons dans la foulée que hormis l’ambiance qui règne et qui attire plus d’un, un élément crucial est à faire remarquer : les fêtes particulières des bandes, un symbole de convivialité sans précédent. Chaque weekend toutes les bandes rendent visite à celles qui fêtent durant la semaine. Après Sacré-Cœur de Jésus et consorts, tous les yeux sont rivés sur la localité de Belle fortune pour rendre visite à "Mande granmoun" le weekend qui s’amène.

Daniel Sévère




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