S'identifier Contact Avis
 
30° C
  à Port-au-Prince
Radio Pacific 101.5 fm - En direct
Le Journal Dernière heure Actualité Édito Tribune Société Économie Culture Diaspora Sport rpacific101.5 FM  
× Immobilier Appartements Maisons Locaux commercial Locaux pour Bureau Terrains Véhicules Voitures Camions Tout Terrains Minibus Motos Divers Animaux Articles ménagers Ordinateurs et pièces Équipement électronique Équipement industriel Équipement lourd Diverses études Légal Bijoux et montres Smartphone et tablettes Vêtements Jeux video

À Bayonnais, des plus capables s’enrichissent sur la misère et l’ignorance de la population

À Bayonnais, des plus capables s’enrichissent sur la misère et l’ignorance de la population



Un réseau constitué d’étudiants, professeurs, pasteurs et avocats, tous originaires de Bayonnais (Cator), s’enrichit sur le dos de la population de cette localité qui vit dans une situation d’extrême pauvreté. À ce titre, pour un passeport dont le coût maximal est estimé à environ 7 mille gourdes, ces racketteurs exigent entre 15 à 20 mille gourdes par personne, a appris Le National.


Au lieu de voler au secours de la population de Bayonnais, 3e section des Gonaïves, qui est en situation d’extrême pauvreté et dépourvue quasiment de tous les services offerts par l’État haïtien, un réseau composé d’étudiants, professeurs, pasteurs et avocats, profite de cette misère afin de s’enrichir.

Si pour chaque type de service public l’État haïtien exige un tarif, à Bayonnais, ce sont ces racketteurs qui imposent le leur. Pour un passeport qui coûte 7 mille gourdes, ils ont doublé et parfois même triplé le coût normal. « Mon mari et moi avons décidé d’envoyer l’un de nos enfants au Brésil, après ses études secondaires. Pour le passeport, j’ai payé 15 mille gourdes à un Avocat-Pasteur, natif de Bayonnais », a confié Ariane (*), une mère au visage ridé.

Les étudiants, avocats et pasteurs ne sont pas les seuls maillons qui forment cette chaîne d’exploitation, à en croire Jephté (*), un ancien élève. « Je devrais laisser le pays à destination de l’Amérique du Sud, il y a huit mois. L’un de mes anciens professeurs m’a demandé, pour le service de passeport, un montant de 20 mille gourdes », a-t-il déclaré. Selon ses propos, il a versé à ce professeur plus de 16 mille gourdes. « Jusqu’à date, je n’ai pas le passeport. Il ne me remet pas non plus mon argent », se plaint Jephté qui, dit-il, oblige de verser un autre montant, soit 15 mille gourdes, à un autre racketteur.

Encore, Carole (*) témoigne-t-elle : « Mon mari était au Brésil. Il tentait de rentrer de manière clandestine aux États-Unis. Malheureusement, les autorités américaines l’ont refoulé au sol haïtien. Étant donné que son passeport était expiré, j’ai payé 15 mille gourdes à un étudiant qui, originaire de Bayonnais, étudiait, à l’époque, à Port-au-Prince. Cela fait deux ans, il ne me donne ni le passeport ni l’argent. »

Si, d’une part, ces racketteurs commencent à faire soulever des grognes, d’autre part, ils reçoivent comme des petits dieux des moments de gloire, entre les mains de bon nombre de paysans, ignorants. « Ces étudiants qui, après leurs études universitaires, décident de retourner à Bayonnais nous rendent beaucoup de services. C’est grâce à eux que nos enfants peuvent avoir, aujourd’hui, leur passeport », a félicité Ariane.

Les services de passeport ne sont pas l’unique source qui génère de l’argent à ces racketteurs. De complicité avec certains officiers d’État civil aux Gonaïves, ils accaparent les services afin qu’ils puissent toujours empocher de l’argent. Leurs astuces ?

Les Bayonnaisiens surtout les jeunes demandent souvent, aux Archives nationales, les extraits de leurs actes de naissance. Pour bien s’assurer que ce document juridique est enregistré dans les registres qui sont en cours pour Port-au-Prince, ces jeunes réeffectuent la demande de leurs actes de naissance. Pour ce faire, les places sont réservées, dans ces cahiers, au plus capables. Ces racketteurs et officiers d’État civil, a-t-on confirmé, exigent un montant de 2 500 à 3 mille gourdes à toute personne qui a besoin de ce service coûtant environ 200 gourdes.

Ces gens qui exploitent la population bayonnaisienne ont déjà possédé un salaire moyen. Confirmés par plusieurs institutions sociales, dont l’église, ces actes « malhonnêtes » ne sont pas encore dénoncés. Aucune mesure n’est encore prise non plus par les autorités publiques afin de contrecarrer ces malfaiteurs.

Soi-disant « leaders », bon nombre de ces racketteurs s’impliquent, au niveau de Bayonnais, à fond dans la politique. S’ils arrivent à la tête de l’État et/ou intègrent l’Administration publique, le pays pourra s’attendre à nouvelle cohorte de dirigeants corrompus. Car, dirait le proverbe, l’habitude du berceau dure jusqu’au tombeau.

P.S. (*) : Il s’agit des noms d’emprunt afin de protéger les victimes.

Wilner JEAN
jeanhaitiwilner@gmail.com




Articles connexes


Afficher plus [3801]