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Questions-réponses sur le nouveau coronavirus ou SARS-CoV-V2

Questions-réponses sur le nouveau coronavirus ou SARS-CoV-V2



Possède-t-on des données sûres sur la maladie (les caractéristiques du virus, ses modes de transmission, son traitement, les phases de développement de la maladie) ?


Il y a de nombreuses recherches dont sont issues une avalanche de données sur cette nouvelle maladie. C’est considérable pour un fléau qui n’a apparu que depuis trois mois. Mais, il faut noter que ce qui se dit relève souvent de nombreuses spéculations et de fake news « en pagaille ».

Avant toute chose, il convient de faire le point sur les trois mots-clés du texte.

Tout d’abord, sur le mot coronavirus, qui signifie virus à couronne désigne le virus à l’origine de la pandémie actuelle et de la peur qu’il ne cesse de répandre dans le monde.

Ensuite, sur le sigle SARS-CoV-V2 qui est l’identifiant savant de ce nouveau virus, donné par les biologistes et les épidémiologistes.

Enfin, sur le terme Covid-19, un mot valise particulier qui est lui-même le nom de la maladie due au nouveau coronavirus et se détaillant comme suit : CO pour couronne; VI pour virus, d pour desease (maladie) et 19 pour l’année de son apparition.

Les coronavirus constituent une famille de virus qui ont été découverts dans les années 1960, dont le diamètre varie de 60 à 200 nanomètres et dont la taille du génome est d'environ 26 à 32 kilobases. Ce sont des valeurs parmi les plus élevées chez les virus à ARN.

Les modes de propagation du nouveau coronavirus sont connus. Il s’agit d’une transmission par contacts directs (par gouttelettes de salive ou de sueur ou par voie aérienne, notamment air rejeté par une personne proche) et indirects (poignées de portes, téléphones, et divers objets manipulés dont certains aliments comme les fruits et les légumes, le pain).

Les phases de développement sont bien identifiées aussi. D’abord, une personne ou une poignée de personnes infectées (stade 1), puis en trois à quatre semaines on assiste à la propagation silencieuse du virus (stade 2) et au bout de deux à trois mois on passe à la généralisation de la contamination dans un territoire (stade 3). Cependant, les taux de létalité ne semblent pas être les mêmes d’un pays à l’autre, parfois en raison notamment des différences des pyramides des âges et des modes de lutte adoptées par les États qui sont confrontés à cette maladie.

De même, les évaluations concernant la virulence de la maladie (son pouvoir pathogène) relèvent d’estimations plus ou moins grossières et varient d’un pays à un autre.

Pour ce qui concerne la classification des cas de Covid-19, il est considéré que les pourcentages de personnes infectées par le virus sont généralement en-deçà de la réalité simplement parce que dans tous les pays la plupart d’entre elles n’ont pas été testées. Parce qu’il y a aussi de nombreuses personnes qui portent le virus et qui le transmettent à d’autres personnes sans le savoir et sans présenter les symptômes de la maladie. C’est la catégorie de celles qu’on appelle porteurs sains.

Même si actuellement le consensus scientifique autour du coronavirus est de considérer un taux d'infection hypothétique ou taux de contagion (le fameux Ro des virologues et des épidémiologistes - taux de reproduction de base-) d'environ 3 à 4, soit de 3 à 4 personnes contaminées par malade, rien n’est sûr en termes de connaissances. Cela dépend des contacts entretenus par les individus qui ont été contaminés. Par exemple, un chauffeur de taptap qui manipule des billets à longueur de journée risque de contaminer des centaines de passagers par jour. À l’opposé, une personne infectée qui reste en isolement chez elle ne contaminera que ses proches ou zéro personne.

Connaît-on vraiment l’origine de la maladie ?

Pendant longtemps le coronavirus actuel ou COVID-19 a été présenté comme une zoonose, c’est-à-dire une maladie qui aurait été transmise à l’homme par un animal. On a incriminé tour à tour des animaux qui sont couramment consommés par les Chinois : la chauve-souris, la civette et enfin le pangolin, un mammifère à écailles existant en Asie et Afrique. Cela parce que les chauves-souris, les oiseaux et les vertébrés à sang chaud sont des hôtes idéaux pour les coronavirus connus.

La thèse du pangolin suspect a été vulgarisée par des chercheurs de l’Université agricole de Chine du Sud le 7 février 2020. Cependant, deux mois après, les mêmes chercheurs avaient indiqué qu’ils n’étaient plus du tout certains qu’il faille blâmer le petit mammifère pour cette pandémie.

En définitive, aucune recherche sérieuse n’a pu avérer l’origine animale du COVID-19. À l’heure actuelle, personne ne sait s’il s’agit vraiment d’une zoonose, c’est-à-dire d’une maladie d’origine animale alors que cela a été prouvé pour d’autres maladies à coronavirus comme le SRAS paru en 2002 et le MERS (le syndrome respiratoire du Moyen-Orient, identifié en 2012 qui serait lié au dromadaire).

Quelles sont les catégories de personnes susceptibles d’être atteintes par la maladie?

Tout être humain sans considération de son âge ou de son sexe peut être frappé par le Covid-19, les individus de sexe masculin étant un peu plus vulnérables que les femmes. Les Chinois ont montré que les personnes de groupe sanguin A présentent un risque plus élevé que les autres groupes, tandis que les personnes de groupe sanguin O présentent un risque moins élevé de contracter la maladie. Mais, la différence porte sur la gravité de la maladie est surtout fonction de l’âge, les sujets âgés (de 70 ans et plus) étant les plus à risque d’en décéder surtout si elles ont développé des comorbidités qui affaiblissent leur système immunitaire (hypertension, diabète, cancer, troubles respiratoires et troubles rénaux, les femmes enceintes à partir du 3e trimestre).

Existe-t-il une protection due au climat et à certaines spécificités raciales ?

Jusqu’au mois de février 2020, la rumeur laissait croire que les Noirs auraient une spécificité génétique qui les protège de cette maladie. Les développements que l’on a constatés ces deux dernières semaines en Afrique et en République dominicaine infirment cette hypothèse.

Ipso facto, se trouve détruite l’idée que les personnes vivant en milieu tropical bénéficieraient d’une protection naturelle contre cette affection.

Tous les malades du nouveau coronavirus sont-ils toujours touchés de la même manière ?

Non, on a répertorié quatre situations concernant le coronavirus :

- les personnes non contaminées par le Covid-19 ou que l’on ne croit pas contaminées ;

- les personnes asymptomatiques qui sont porteuses du virus et qui ne présentent aucun symptôme (ni toux, ni fièvre, ni diarrhée, ni courbatures ou autres signes courants) ;

- les personnes légèrement symptomatiques, (80% des malades du virus), qui correspondent aux cas bénins et qui sont soignées le plus souvent sans administration de médicaments, comme ce fut le cas de l’artiste Roody Roudboy.

- les personnes sévèrement frappées qui nécessitent une hospitalisation et souvent soumises à un traitement par soins intensifs (15%) ;

- les malades gravement atteints par la maladie, qui doivent être l’objet d’une longue hospitalisation et d’une longue réanimation et d’une longue assistance respiratoire qui endommagent leur organisme de manière irréversible (5%).

La létalité de la pandémie due au coronavirus est-elle exceptionnelle ?

Non, au contraire, le Covid -19 est l’une des pandémies qui, historiquement, présentent peut-être le plus bas taux de létalité. Ce n’est que 3 à 10 % (ce dernier taux est celui de l’Italie qui concentre une grande quantité de seniors), c’est-à-dire qu’il ne tue que de 3 à 10% des individus atteints.

Pour information, voici les taux de létalité des pandémies les plus connues : 9,6% pour le SRAS de 2002 ; 15 à 40 % pour la fièvre jaune ; 30 à 60 %.pour la peste bubonique et 100 % pour la peste pulmonaire ; 35% pour le MERS (le syndrome respiratoire du Moyen-Orient) ; 50 % pour la fièvre Ebola ; 20 à 80% pour la grippe espagnole de 1918-1919 ; 60% pour la grippe H5N1 (influenza aviaire).

Peut-on prévoir la durée de la pandémie du coronavirus ?

Bien que des études confirment que le virus survit mieux dans les températures froides et plus humides (par exemple de quatre à neuf jours sur des surfaces inanimées comme des poignées de portes), il est risqué de croire que le SARS-V2 ne résiste pas aux chaleurs saisonnières. À preuve, il se développe à grande vitesse en Afrique noire et en République dominicaine depuis mi-mars. C’est un virus qu’on ne connait pas. Il est plus sage d’attendre. C’est des températures de plus de 56 degrés Celsius qui le détruisent. Savoir que le maximum de température observée sur la planète n’a pas dépassé 550 C dans la Vallée de la Mort aux États-Unis.

Il n’est pas impossible que le nouveau coronavirus soit un virus qui ait la vie dure et auquel l’homme doit apprendre à s’adapter, à vivre avec. Pour le combattre, il faut que l’on arrive à mettre au point au plus vite des médicaments un ou des vaccins qui en diminueront la létalité.

Comme a dit le docteur William DAB, ancien directeur général de la Santé en France, « Il ne sert à rien de faire des pronostics. Chacun doit se tenir informé auprès de sources crédibles, être rigoureux pour soi et ses proches dans l'application des mesures d'hygiène [les fameux gestes-barrière dont on parle tant en France]. Si celles-ci sont largement appliquées, on sera en mesure de limiter les dégâts de cette épidémie ».

Jean SAINT-VIL, géographe




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