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Musée des Infirmières en Haïti: entre histoire d’un métier et hommage aux femmes !

Musée des Infirmières en Haïti: entre histoire d’un métier et hommage aux femmes !



Dans la liste des plus célèbres infirmières on retient, avant tout la première des premières dames d’Haïti, qui fut aussi la première infirmière reconnue d’Haïti, Marie Claire Heureuse Bonheur Félicité Dessalines (1758-1858), qui fut l’épouse de l’Empereur Jean-Jacques Dessalines, le père fondateur de la nation haïtienne. Et depuis, l’histoire et la santé de la population continuent d’inscrire chaque année les noms et les contributions des milliers d’hommes et surtout des femmes à honorer. 12 mai est la traditionnelle journée internationale des Infirmières dans le monde. Un beau prétexte pour raconter l’histoire de cette profession dans un musée.

D’autres premières dames : Simone Ovide Duvalier (épouse de François Duvalier), elle est née le 19 mars 1913 et meurt le 26 décembre 1997, et Marie-Ange Nazon est l’épouse de l’ancien président de la République et général Prosper Avril, s’ajoutent dans cette prestigieuse liste des infirmières devenues premières dames.

Dans une note de circonstance publiée sur son compte Facebook, cette ancienne première madame Avril s’est exprimée en ces termes : « Jour international des Infirmières «La profession infirmière, vers un monde en bonne santé».Aujourd’hui, 12 mai 2020, Jour international des Infirmières, marque le bicentenaire de l’anniversaire de naissance de Florence Nightingale. À cette occasion, j’adresse un cordial salut et un mot de réconfort à toutes mes consœurs qui, à travers le monde, se dévouent inlassablement au chevet des malades, au péril même de leur santé. »

Des vieux souvenirs qui reviennent dans ses propos : « Ce jour est très cher à toutes les infirmières. Je me rappelle encore combien il a été bien fêté par notre association en 1972. En effet, il y a 48 ans déjà, le 12 mai 1972, l’Association Nationale des Infirmières Licenciées d’Haïti (ANILH), avait organisé un grand bal à Cabane Choucoune, à Pétion-Ville. Le budget était des plus simple: $300 pour l’Orchestre Septentrional, accompagné de l’Ensemble Bossa Combo qui, à l’occasion, avait offert gracieusement sa participation. De plus, M. René Marini, directeur propriétaire de Cabane Choucoune avait, suite à nos démarches, mis le local à notre disposition, sans frais aucun. Enfin, une tombola y était prévue, grâce à des prix généreusement offerts par des maisons de la place: Little Europe, Versailles Bigio Frères, Fouad Mourra, Batimat, aux cent mille articles, Madame et Mademoiselle, Maison Talamas, etc. ».

De la fierté pour l’infirmière qui a marqué son passage au palais, par son statut de femme militaire : « L’initiative fut couronnée de succès. Au nombre de 1,000, les cartes ont été toutes retenues et le produit de la soirée a été utilisé dans les travaux de construction de la Maison de l’Infirmière, située à l’Avenue du Travail à Port-au-Prince. ».

De la mémoire encore fertile : « Quelle ambiance de fête avions-nous offerte en cette soirée mémorable! Ce, à peu de frais. Jugez-en vous-mêmes! Cette carte retrouvée dans mes archives personnelles rappelle tant de souvenirs que j’ai tenu à la partager à côté de celle des 16 infirmières de ma promotion (août 1961) à l'École Nationale des Infirmières, accompagnées de nos professeurs. »
Des propos mémorables, comme tant d’autres qui méritent certainement une place au musée national des Infirmières en Haïti. Un espace pour raconter l’histoire de ce métier. Une collection composée par les costumes et les outils de travail, des documents archives, des matériels, des ouvrages et des documentaires, des photos souvenirs, des objets témoins qui participent à l’évolution et la modernisation des pratiques d’infirmières d’ici et d’ailleurs. En somme, tout ce qui pourrait célébrer la fierté de ces femmes professionnelles de la santé, dans la grande majorité des cas.

Des expositions parmi les plus inspirantes, les plus illustratives et les mieux documentées scientifiquement selon les normes des musées modernes actuellement seraient présentées dans le catalogue du musée national des Infirmières.

Découvrir l’histoire et l’évolution des sciences infirmières en Haïti à travers les titres suivants : Femmes et sciences infirmières en Haïti ; les matériels et les équipements utilisés par les infirmières depuis toujours ; les sciences infirmières malades en Haïti ; parcours des infirmières ; évolution de la formation et des institutions des sciences infirmières ; galerie des plus célèbres infirmières haïtiennes ; la vie cachée des infirmières en Haïti ; les infirmières haïtiennes dans la diaspora entre rêves et illusion, etc.

Dans le contexte mondial de l’épidémie du Coronavirus actuellement, en pleine expansion en Haïti, les services sont plus que jamais importants et indispensables pour permettre aux institutions sanitaires de faire face aux urgences. Ce qui oblige aux plus hautes autorités de penser à fournir les meilleures conditions de travail et d’autres formes de considérations en termes des avantages sociaux pour pouvoir encourager ces professionnelles, contraintes de laisser leurs familles pour servir la République dans des environnements à risque.

Dans la liste des institutions qui ont fait le plus grand nombre de victimes durant le séisme du 12 janvier 2010, l’école nationale des Infirmières de Port-au-Prince, et celle des femmes sages, située non loin et en face de l’École nationale des Arts (ENARTS), figure parmi celles qui ont emporté la vie de plusieurs jeunes filles qui se dédiaient pourtant au secours des patients et des malades. Dommage ! Qui sont-elles ces visages oubliés et ces nouvelles cohortes de femmes professionnelles totalement broyer par la nature ? Quel a été le bilan dix ans avant de ce drame sur la profession d’infirmière en Haïti ? Comment empêcher une nouvelle catastrophe pareille avec la propagation accélérée de l’épidémie de Coronavirus/Covid19, tout en évitant que les infirmières ne soient pas les prochaines grandes victimes en Haïti ?

Derrière les meilleures conditions de travail et les avantages sociaux que les infirmières réclament comme beaucoup d’autres professionnels de la santé, de l’éducation, de la sécurité publique entre autres, il existe des actions parallèles et culturelles qui pourraient contribuer à une meilleure valorisation du métier dans sa globalité, de la profession dans son historique mondiale et nationale.

Des écoles infirmières de plus en plus éparpillées dans les villes du pays, dont certaines fonctionnent illégalement, des conditions d’apprentissages au rabais et l’absence d’encadrement aux étudiantes, sans oublier les problèmes liés ӑ l’évaluation officielle des professionnelles, aux conditions de stages et de la recherche de l’emploi, sont autant de défis qui touchent ce secteur.

Dans l’espoir que ces femmes professionnelles vont trouver quelques réponses positives dans leurs démarches les plus légitimes comme pour beaucoup d’autres corps de métiers hautement stratégiques, mais marginalisés, parallèlement, certains des infirmières retraitées parmi les plus influentes du pays et celles évoluant dans la diaspora, en particulier les anciens professeurs des écoles de médecine et des sciences infirmières, pourraient commencer par constituer à distance le premier comité devant réfléchir sur le rôle et l’importance, sur les ressources et la stratégie à mettre en œuvre pour créer le premier musée national des Infirmières en Haïti.

Durant le confinement en cours, il est possible pour chaque infirmière du pays de constituer leurs albums de souvenirs, de conserver précieusement les premières blouses portées dans leurs carrières, les premiers équipements utilisés, les noms des premiers malades soignés ou décédés malgré tant de soin apportés à ces derniers.

Des infirmières qui sont très fières de servir leurs pays, je retiens qui communiquent sur les réseaux sociaux comme les professionnels de certains centres hospitaliers comme : Hôpital Espoir, en passant par celles de la maternité de Carrefour, ou la génération des infirmières de l’hôpital de l’Université d’État d’Haïti, comme miss Rosana Joseph, les nouvelles générations avec les noms de : Jennifer Joseph, Géraldine Emmanuel, Barbara Herta Nelson, parmi tant d’autres.

Dans la diaspora, principalement dans l’État de New York aux États-Unis, durant cette crise sanitaire majeure du Coronavirus, on pourrait citer le nom de Mikhaèl Ismé, parmi les courageuses infirmières d’origine haïtienne au service du peuple américain.

Dans la diaspora haïtienne éparpillée en Europe, en Amérique du Nord et du Sud, dans la Caraïbe, ou en République dominicaine, elles sont nombreuses ces femmes haïtiennes qui ont fait ce choix si exigeant pour servir les personnes les plus vulnérables à travers le monde. Récemment le Premier ministre du Canada avait pris le soin de saluer la contribution de ces travailleurs et travailleuses de la santé.

Des plaidoyers se croisent et se complètent dans les complaintes des infirmières en Haïti et ailleurs. « Les infirmières méritent (des applaudissements) des congés pour se reposer, des boss qui arrêtent de les mettre en danger, du respect et de la dignité », est l’un des messages les plus frappants publiés sur le compte de Richenel Ostiné.

Des manifestations et des protestations dans les rues, des interviews dans les médias, des prises de position comme des cérémonies d’hommages, des lettres et des pétitions, des manifestations culturelles, des plaques d’honneur, ou même des blagues sur les infirmières sont parmi les multiples actions et les communications qui accompagnent cette journée internationale qui rend hommage aux infirmières. L’aménagement d’un espace de valorisation du métier et destiné à honorer ces milliers de femmes parait comme l’un des investissements les plus intelligents devant servir de passerelles entre les infirmières d’hier, d’aujourd’hui et de demain.

Dans un discours prononcé lors de la graduation de la promotion 2011-2015, de la faculté des Sciences infirmières de l’Université Lumière (ULUM), le parrain avait pris le soin de mettre en avant les multiples fonctions de ce métier qui prend en compte les compétences et les connaissances, la communication et la compassion, comme conscience ou éthique professionnelle.

Dominique Domerçant




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