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Peur du lendemain

Peur du lendemain



Qu’il soit prophétique pour certains et naturel pour d’autres, le coronavirus est réel, et la planète entière s’est bien inclinée à sa puissance. De Wuhan à Port-au-Prince en passant par les grandes villes du petit globe, chaque vingt-quatre heures le nombre de morts et de personnes infectées se multiplie. Ce mot considéré comme « le plus grand ennemi de l’humanité », est, peut-être, malheureusement, le plus cité dans toutes les langues et dans toutes les races, et qui réduit la planète entière à 125 milliardièmes de mètre.

En Haïti encore, on se doutait de ses retombées, jusqu’à l’annonce du président de la République de deux cas confirmés sur le territoire, le 19 mars. Et depuis, la phase 2 étant arrivée, sur les réseaux sociaux, dans les médias, sur les pancartes, dans les conférences de presse, tout le monde cantonne un seul refrain « Lave men nou, mete mask nou, rete lakay nou, respekte 3 pa distans ».

Pourtant, la réalité étant ce qu’elle est, semble plus sérieuse qu’on le cantonne. Près de 600 cas confirmés sur le territoire et plus d’une vingtaine de morts. Alors que le danger de la propagation du virus dans le pays plane plus haut chaque jour. Le pire frappe nos portes, et il semble inévitable. Les chauffeurs de transport en commun ne changent pas de formule : « 7 moun pa ban ; si w pa vle, desann pran yon lòt ». L’ambiance de Carnaval aux marchés publics se poursuit. La majorité des concitoyens évitent leur masque, pendant que les supermarchés ressemblent à des stades où se jouent des matches de foot.

Résultat : le nombre de cas testés positifs se multiplie à un rythme exponentiel et refuse d’arrêter sa course. Plus de 320 nouveaux cas en une semaine. Port-au-Prince, Delmas et Pétion-Ville, les 3 points essentiels de la zone métropolitaine par leur population, sont, jusqu’à date, les communes les plus touchées.

S’il est vrai que le port du masque a été déclaré obligatoire, le constat dans les rues dévoile l’impossibilité du respect de cette mesure, car, selon des citoyens, le nombre de masques livrés par le gouvernement est loin d’être suffisant. Alors que les autorités sanitaires prévoient que plus de 400 mille Haïtiens pourraient être contaminés avec plus de 20 mille morts.

Et pendant ce temps, les retombées économiques donnent des sueurs froides et poussent les économistes haïtiens à se questionner sur le devenir de l’économie haïtienne post-Covid. Le dollar américain s’achète aujourd’hui à 107,15 gourdes dans certaines banques commerciales, et même à 110 gourdes dans d’autres banques. Le pouvoir d’achat des citoyens diminue alors que partout, les prix des produits doublent, ou presque. Les centaines d’employés des entreprises privées qui sont mis en disponibilité suite à de crises financières. Les revenus des familles sont bloqués pendant que les dépenses ne sont pas limitées.

Sur le plan éducatif, personne ne sait ce que va devenir cette année scolaire. Environ 3 mois seulement sur les bancs de classes, suite au « pays lock » et le confinement. Le programme « Télé École » annoncé par le gouvernement n’est jusqu’à présent pas fonctionnel, et sa réalisation est à questionner, compte tenu de la coupure drastique d’électricité en Haïti. L’université d’État d’Haïti ainsi que les facultés privées sont incapables de continuer leur programme via l’internet pour la même cause. En somme l’année académique ressemble beaucoup plus à recommencer qu’à sauver.

Néanmoins, le président de la République lors de sa visioconférence avec le président malgache n’a pas hésité de parler d’élections pour le maintien de l’État. Un État qui, jusqu’à présent, parait n’être pas encore conscient des lourdes conséquences de la pandémie dans les prochains jours, et peut-être pour toujours.

Contre ce vol de tempête qui vient assombrir nos jours bleus, sur qui peut-on espérer ?

Moise SAINT-ELOI




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