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LE NOUVEAU CORONAVIRUS EN DOUZE QUESTIONS, AVEC SUGGESTIONS AUX RESPONSABLES NATIONAUX

LE NOUVEAU CORONAVIRUS EN DOUZE QUESTIONS, AVEC SUGGESTIONS AUX RESPONSABLES NATIONAUX



Mieux comprendre pour mieux agir

1-Qu’est-ce qu’un coronavirus?

Les coronavirus constituent une famille de virus dont la partie extérieure présente la forme d’une couronne, d’où leur nom. Ils parasitent soit l’animal, soit l’homme et peuvent causer des maladies respiratoires souvent bénignes sous la forme d’une simple grippe, mais parfois très graves si cette dernière se complique en pneumonie ou insuffisance respiratoire sévère pouvant conduire à la mort.

2-Quels sont les coronavirus les plus dangereux pour l’espèce humaine ?
Il y a :

- le SRAS-CoV apparu en Chine en 2002 et responsable de l’épidémie de SRAS ou Syndrome Respiratoire Aigu Sévère et qui a totalement disparu en 2004

-le MERS-CoV, apparu en Arabie Saoudite en 2012 et qui a causé au Moyen Orient la Maladie Respiratoire Sévère du Moyen Orient dont le sigle en anglais est MERS. L’hôte intermédiaire est le chameau

- SARS-CoV-2 ou COVID-19 apparu récemment en Chine, à Wuhan, en décembre 2019 et responsable de l’actuelle épidémie. Deux mammifères sont incriminés pour faire le relai à l’homme : la chauve-souris et le pangolin

3- Comment les coronavirus passent-ils de l’animal à l’homme ?

Les virus ne survivent pas longtemps dans la nature : environ quelques heures. Ils doivent parasiter un hôte végétal ou animal, y compris l’être humain. Ceux qui sont hébergés par un animal peuvent passer de ce dernier à l’homme par contact étroit, notamment lors de la consommation de viande fraiche. Le virus s’adapte alors à l’espèce humaine, peut produire la maladie, et la transmission interhumaine devient alors possible.

4- Quels sont les symptômes liés au nouveau coronavirus ?

Le COVID-19 engendre généralement une maladie respiratoire se manifestant sous la forme d’une simple grippe avec fièvre, toux, écoulement ou congestion du nez (nez bouché), maux de gorge. C’est souvent accompagné d’une sensation de grande fatigue. 80% des personnes infectées guérissent spontanément. Certains individus contaminés, quoique contagieux, présentent peu ou pas de symptôme. Il peut s’agir d’un symptôme digestif, généralement la diarrhée, ou encore de la perte du goût (agueusie) et/ou de l’odorat (anosmie). Certains individus peuvent présenter des formes plus graves avec un tableau de pneumonie ou même d’insuffisance respiratoire nécessitant alors une hospitalisation. Il s’agit généralement de personnes âgées ou affectées d’une autre pathologie qui diminue leur immunité (résistance) comme le diabète, une infection à VIH ou même l’hypertension. On parle alors de comorbidité. Les décès (environ 2% à 3% des malades) surviennent surtout dans cette catégorie, mais apparaissent de plus en plus chez des jeunes. Dans tous les cas (bénins ou graves), il faut chercher une assistance médicale surtout si la personne en question a séjourné dans une région où l’épidémie fait rage ou encore a été en contact étroit avec un individu malade.

5-Comment se réalise la transmission interhumaine du COVID-19 ?

Elle se réalise au moyen des gouttelettes respiratoires expulsées par le nez ou la bouche lors de l’éternuement ou de la toux. Ces gouttelettes peuvent se retrouver sur des objets ou des surfaces autour de la personne déjà infectée. On peut alors contracter le virus, en touchant ces objets ou ces surfaces et en portant ensuite les mains aux yeux, au nez ou à la bouche. Le microbe peut survivre dans la nature, en fonction de la surface, de quelques heures à quelques jours. Il est également possible de contracter la maladie en inhalant des gouttelettes d’une personne malade qui vient de tousser ou d’éternuer à proximité, à environ un mètre. (source OMS). La transmission aérienne est possible, mais ne peut se faire à grande distance, comme dans la rougeole qui constitue l’une des maladies les plus contagieuses. Il reste toutefois beaucoup d’inconnus concernant ce virus et ses modes de propagation.
6-Une personne asymptomatique peut-elle transmettre le virus ?

Pour comprendre, il faut bien appréhender la notion de période d’incubation laquelle définit l’espace de temps séparant l’introduction du virus dans l’organisme et la manifestation des premiers symptômes. En principe, la personne ne devrait pas être contagieuse durant ce laps de temps. Il s’agit en quelque sorte, de la période d’emménagement du microbe dans l’organisme : il s’installe confortablement dans l’appartement, pour parler de manière imagée. La reproduction n’a pas commencé. Cette période dure le plus souvent cinq jours en moyenne, mais peut s’étendre exceptionnellement jusqu’à douze à quatorze jours. Il est difficile de la déterminer avec précision, d’autant plus qu’il existe encore beaucoup de points d’ombre sur ce nouveau virus. C’est la raison pour laquelle une personne soupçonnée d’avoir été en contact avec le microbe est gardée en isolement, en quarantaine, pendant quatorze jours, le temps que la maladie se déclare. Il faudrait peut-être dire quatorzaine. Par ailleurs, les symptômes sont souvent si discrets chez certains individus que l’on peut les considérer comme faussement asymptomatiques alors qu’ils sont susceptibles de transmettre la maladie. La quarantaine vise donc à protéger la personne (diagnostic et soins), mais aussi son entourage ainsi que la collectivité, ce en attendant les résultats du test diagnostic et/ou la manifestation de la maladie.

7- Si vous avez des symptômes respiratoires ou un test positif, que faire ?

Vu le niveau élevé de stigmatisation, de discrimination, de violence existant en Haïti à l’encontre des personnes infectées ou supposées l’être, il vous faudrait consulter discrètement et rapidement un professionnel de santé (médecin, infirmière, responsable de labo..) ce, pour éviter des actes attentatoires à votre personne, votre famille et vos biens. Vous pouvez aussi appeler les numéros de téléphone suivants mis en place par le Ministère de la Santé publique et de la Population, à savoir: le 2020, le 43433333 ou le 116, mais sans révéler votre identité ou votre adresse. Vous exigerez d’être orienté et/ou traité dans le secret professionnel le plus complet.

8- Quels sont les tests de dépistage réalisés en cas de suspicion de Covid 19 ?

Le test le plus précis est le PCR (en anglais : Polymerase Chain Reaction). Il est un peu désagréable et douloureux. Il consiste à introduire dans les narines et même jusqu’au pharynx (arrière-gorge), une tige cotonnée afin de prélever des cellules nasales, lesquelles seront examinées afin d’y identifier éventuellement l’ARN du coronavirus. Le résultat peut être obtenu en 24h.

Il existe d’autres tests sérologiques, réalisés par prélèvement de sang. Ils visent à chercher dans le sang coagulé, ou plus précisément dans la partie liquide appelée sérum, des substances chimiques spécifiques (anticorps) produites dans le sang par l’organisme, en réponse à l’agression du virus. Certains tests sont très rapides et le résultat peut être obtenu en quelques minutes à partir d’une simple goutte de sang prélevée. Mais, il existe un nombre non négligeable de faux positifs ou négatifs. Ces tests rapides ne sont pas encore utilisés ou admis en Haïti.

9-Existe-t-il un traitement ou un vaccin efficace contre le nouveau coronavirus ?

Il n’y a actuellement aucun traitement efficace contre les virus. Les maladies dues à cette catégorie de microbes (y compris la grippe) guérissent spontanément par un mécanisme d’autoprotection et de défense appelé immunité ou résistance naturelle. Toutefois, certaines associations de médicaments peuvent aider à bloquer le virus donc, au rétablissement ou à l’amélioration de la qualité de vie. En raison du caractère récent du SARS-CoV-2, il n’existe pas encore de protocole thérapeutique ayant respecté toutes les procédures de validation exigées par la science et la recherche médicales. Toutefois, certaines associations médicamenteuses comme le couplage hydroxychloroquine + azithromycine du Dr Didier Raoult de Marseille parait donner des résultats prometteurs, ce qui serait contredit par d’autres études. La situation s’avère similaire pour le remdesivir précédemment utilisé contre l’Ebola, mais aussi pour l’armoise ou artemisia administrée sous forme de potion ou de tisane au Madagascar et dans quelques pays africains et qui, comme la vieille chloroquine a fait ses preuves dans le traitement du paludisme sur le continent noir. Dans le cas des maladies « coronovirales », généralement respiratoires, la prise en charge actuelle du patient se résume soit au traitement des complications, soit au traitement dit supportif consistant à atténuer ou éliminer des symptômes gênants ou graves (fièvre, toux, douleurs thoraciques, maux de gorge difficulté respiratoire ), ce qui aide le malade à se guérir lui-même. En ce qui concerne les vaccins, certains ont été développés contre la grippe saisonnière et certaines maladies virales. Mais, cela prendrait au moins une année pour en fabriquer un contre le COVID-19 et le tester ensuite avant de l’administrer aux êtres humains.

10-Quels sont alors, les principaux moyens de prévention contre l’épidémie due au SARS-Cov2 ou Covid-19 ?

En l’absence d’un vaccin et d’un traitement validé par les instances officielles internationales comme la Food and Drug Administration (FDA), la prévention primaire, c’est-à-dire, axée sur l’environnement, les comportements et les habitudes de vie, représente la seule alternative susceptible de diminuer la propagation et l’impact de la pandémie. Cette prévention se présente sous deux formes : individuelle et collective.

La forme individuelle repose sur l’hygiène personnelle, notamment le lavage fréquent des mains avec du savon ou une solution hydrochlorée. Elle comprend aussi les « mesures dites barrière », notamment le port du masque dans certaines circonstances jugées à risque. La distanciation physique et sociale en vue de se protéger de la toux et de l’éternuement constitue un troisième moyen individuel de protection.

Quant à la prévention collective, elle est un « remake » de la vieille technique médiévale de la quarantaine qui a fait ses preuves dans le passé et qui consiste à isoler les « contaminés ou présumés tels », des individus « jugés sains et/ou fragiles ». La fermeture des établissements d’enseignement ainsi que le « cordon sanitaire » rebaptisé aujourd’hui « confinement » relèvent de la quarantaine.

Les conseils individuels suivants visent à se protéger et protéger autrui :

a) Toujours tousser ou éternuer dans ses manches ou son coude, jamais au visage de l’autre ni dans les mains

b) Se laver fréquemment les mains avec du savon. Si ceci est impossible, utiliser de l’eau alcoolisée ou un gel hydroalcoolique

c) éviter tout contact étroit avec une personne présentant un syndrome grippal et l’inviter à se faire soigner

d) Eviter de se toucher les yeux, le nez et la bouche

e) Eviter, autant que possible, les grands rassemblements

f) Toujours porter un masque lorsqu’on est en contact ou en réunion avec plusieurs personnes
Ces conseils ne vous protégeront pas à 100%. Toutefois, leur respect diminuera de beaucoup les risques de contracter ou de transmettre la maladie.

11-Quelle est la gravité, quel est l’avenir de cette nouvelle épidémie de coronavirus ?

Deux paramètres déterminent la gravité d’une épidémie : sa contagiosité et sa létalité. Le premier traduit sa capacité de transmission au sein d’une population et le second, la mortalité due spécifiquement à la maladie. La capacité de transmission ou de contagion est mesurée par le taux de reproduction de base ou RO du virus, lequel indique le nombre moyen d’individus qu’une personne infectée peut contaminer. Un RO de 2 signifie qu’un individu infecté peut contaminer en moyenne deux autres. Un RO inférieur à 1 ne peut entrainer une transmission soutenue. Le virus finit alors par disparaitre de la circulation. Le RO est, par ailleurs, directement lié au mode de transmission de la maladie. Ainsi, la contagion est beaucoup plus facile dans les maladies à transmission aérienne laquelle peut se faire à bonne distance que dans celles qui nécessitent un contact intime comme le VIH/SIDA qui exige des relations sexuelles. Le deuxième paramètre, à savoir la létalité, est le plus important pour évaluer la gravité d’une épidémie. Il est apprécié par le taux de létalité, pourcentage des individus décédés parmi ceux qui sont infectés. Une épidémie peut être létale, mais très peu contagieuse. Ainsi, le coronavirus du Syndrome respiratoire du Moyen Orient ou MERS tue très rapidement, mais est très peu contagieux. La faible contagiosité d’une maladie aussi mortelle est une bonne chose pour l’Humanité.

L’épidémie de Covid-19 apparue en Chine continentale, plus précisément à Wuhan, en décembre 2019 et qui a essaimé à travers le monde pour se transformer en une véritable pandémie, a provoqué jusqu’à date près de 400.000 décès, sur un total d’environ 5.000.000 d’infectés. Elle s’est avérée à la fois plus contagieuse et plus létale, donc plus grave que prévue.

En Haïti, où elle est parvenue à phase 3, soit la phase d’épidémie locale avec transmission communautaire, on recense actuellement 533 cas, dont 21 décès et 21 guérisons. Depuis tantôt trois semaines, les chiffres grimpent avec une rapidité extrême, ce qui indique que l’épidémie s’achemine vers son pic avec un nombre maximal de morts avant de redescendre et de disparaitre définitivement ou de revenir périodiquement comme le fait généralement toute épidémie.

12- Que faire à ce stade ?

Vu la faiblesse et l’absence d’organisation de notre système de soin qui risque d’être rapidement dépassé par un afflux considérable de malades, vu l’incapacité de réaliser un dépistage à grande échelle, auparavant en raison de l’indisponibilité des tests de dépistage, aujourd’hui à cause du refus des concernés qui craignent la stigmatisation et la violence alors que les tests diagnostiques sont beaucoup plus disponibles, l’auteur propose les mesures suivantes :

1) Définir un seul protocole de traitement du coronavirus Cela peut être l’association du Dr Raoult : hydroxychloroquine et azithromicine. La forme hydroxylée de la chloroquine pourrait même être remplacée par la forme phosphate en comprimé, plus accessible et moins coûteuse, quoique peut-être moins efficace et d’action plus lente. L’érythromycine, un autre macrolide, donc de la même famille, pourrait se substituer à l’azithromicine pour les mêmes raisons. Quant aux patients âgés avec problème cardiovasculaire, un examen cardiaque devrait être préalablement réalisé ainsi qu’un suivi durant le traitement. Les médicaments traditionnels comme l’armoise (artemisia), le gingembre ou autre pourront toujours être utilisés concomitamment par le patient, sous réserve d’une évidence de contre-indication formelle.

2) Revoir la définition de cas du Covid 19 laquelle devrait inclure des cas probables . Ainsi, un individu présentant des symptômes respiratoires, une fièvre, une grande fatigue inhabituelle, une histoire de contact avec un cas positif ou de séjour dans un pays ravagé par l’épidémie, devrait être considéré comme un cas probable de coronavirus et placé immédiatement sous traitement. La perte du goût ou de l’odorat serait vue comme un symptôme quasi pathognomonique (de quasi-certitude). Un test au coronavirus pourra être fait en parallèle ainsi qu’une radiographie du thorax si possible.

3) Libéraliser rapidement les tests de dépistage du coronavirus qui devraient se réaliser désormais, de même que le traitement, dans la confidentialité la plus stricte, selon les principes d’Hippocrate. Une assistance-conseil pré et post-test en présentiel ou à distance s’avèrerait obligatoire pour chaque patient.

4) Réserver les hospitalisations aux patients présentant des complications ou une pathologie associée (comorbidité). Elles devraient avoir lieu dans des hôpitaux publics comme privés, sélectionnés en fonction de leur capacité et de leur expertise.

5) Poursuivre et améliorer les activités d’éducation et de prévention en mettant un accent prioritaire sur la compréhension des modes de propagation de la maladie, sur la solidarité, la compassion, le combat contre la stigmatisation, la discrimination et la violence.

6) Trouver un moyen intelligent et consensuel de régulation des marchés publics et du transport en commun

7) Maintenir un « confinement raisonnable » et insister sur le port des masques en utilisant la persuasion, voire l’intimidation, mais sans tomber dans des mesures extrêmes comme la brutalité, les amendes, ou autres sanctions exagérées en cette période extrêmement difficile

Dr Erold Joseph,

pneumologue, expert en promotion de la santé et Directeur de la Santé scolaire au ministère de l’Éducation nationale
eroldjoseph2002@yahoo.fr et eroldjoseph2002@gmail.com




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