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Les femmes et la Police nationale d’Haïti

Les femmes et la Police nationale d’Haïti



Dès qu’on fait référence aux femmes et à l’institution policière haïtienne, comme par un premier réflexe, tous les regards se tournent vers les femmes policières en uniforme. Et pourtant, elles sont encore plus nombreuses qu’on le pense, les femmes qui sont liées intimement, socialement, juridiquement ou même génétiquement à la Police nationale d’Haïti (PNH).

Derrière chaque agent de la PNH nouvellement gradué, se trouve toujours dans la majorité des cas qui confirment la règle dans la société haïtienne, une professeure ou une infirmière, une marchande ou une couturière, une «Madan Sara » ou une femme au chômage, une veuve ou une femme séparée, une tante ou une grand-mère, une grande sœur ou une autre femme évoluant dans la paysannerie, dans la capitale ou dans la diaspora qui a financé en grande partie les études classiques et les démarches qui ont conduit ce jeune homme ou cette jeune femme dans les rangs de la Police nationale d’Haïti.

Déjà 300 mois depuis la création de la PNH, c’est le moment pour saluer la contribution des parents et des proches qui ont permis au pays de bénéficier dans la forme, dans le fond ou au rabais, l’assistance policière à travers la mission de « Protéger et servir ».

Différentes façons de voir les liens entre les femmes et la PNH. D’abord, il faudrait repartir le sujet en trois grandes catégories : Premièrement : les femmes-parents et proches des policiers haïtiens ; deuxièmement : les femmes qui travaillent depuis la genèse de l’institution et 25 ans après, à un titre ou à un autre au sein de la PNH ; troisièmement : les femmes qui influencent ou profitent de l’institution dans un sens ou dans un autre, de façon ouverte ou masquée, ceci, bien avant le confinement et le port obligatoire des masques contre l’épidémie de Coronavirus, cette crise sanitaire, qui malheureusement va empêcher aux policiers haïtiens de fêter avec faste, les 300 mois depuis la naissance de la Police nationale d’Haïti, le 12 juin 1995.

Dans les derniers moments de George Flyod avant son trépas, les témoignages rapportent qu’il avait crié sa mère, comme un ultime appel, pour demander à la première femme de sa vie, de l’accompagner ou de venir l’accueillir et lui ouvrir les portes de l’au-delà, comme ce fut pareil le jour de sa naissance. Personne ne viendra remettre en question le pouvoir des morts, la communication entre les vivants et les morts, l’importance et l’influence suprême de la femme, particulièrement d’une mère sur ses enfants, morts ou vivant dans les deux cas.

Derrière chaque policier tombé, il faut se tourner vers la mère de ce dernier, si elle est encore en vie, pour comprendre les douleurs, les sacrifices, les investissements et les efforts de ces femmes, dans beaucoup de cas pour donner la vie, éduquer et fabriquer cet homme ou cette femme, qui allait servir les rangs de l’institution policière.

Devant la mort de chaque enfant en Haïti en âge adulte, c’est une mère qui débute une danse perpétuelle, souvent avec des cordes à la ceinture, une manière de retenir et de résister face aux douleurs de l’accouchement. Voilà pourquoi, dans cette perspective de commémorer l’anniversaire de l’institution policière, le haut commandement a pour devoir de jeter un coup d’œil sur l’ensemble des mères qui ont perdu un fils ou une fille dans les rangs de cette institution. Que deviennent ces mamans en deuil ? Comment vivent-elles des années après avoir perdu un de leurs fils ou filles policières ?

Des veuves également sont à considérer dans leurs douleurs pas toujours effacées et les cicatrices de ces maris policiers absents, en dehors des mères et des autres proches masculins qui méritent le même honneur. S’ajoutent dans la liste également des tantes, des sœurs, des grands-mères, qui ont vu partir et mourir leurs proches au sein de la PNH. 25 ans après, quel est le bilan global des policiers décédés dans des conditions connues ou inconnues ?

Dans la deuxième catégorie des femmes qui font partie des rangs de la PNH, il faudrait d’abord partir des anciens des Forces armées d’Haïti qui ont rejoint la police intérimaire, pour constituer définitivement la police nationale d’Haïti. Qui sont-elles ces femmes militaires ou des consultantes civiles ? Des conseillères internationales ou des femmes membres de cabinets présidents, de ministres ou des femmes diplomates de l’époque ?

Des noms et des dates précises, des titres et des contributions respectives devraient accompagner la prochaine exposition sur l’histoire des femmes dans la PNH, quand l’espace du prochain musée de la Police nationale sera aménagé, ou un financement sera trouvé pour publier le prochain ouvrage sur l’histoire de l’institution, et les différents catalogues qui seront édités pour les enfants des policiers, les jeunes du pays et pour marquer la traditionnelle journée de 8 mars des années à venir.

Des femmes policières de carrière continuent de gravir les échelons de l’institution, on peut citer : Alexia Marie Louise Gauthier, la coordonnatrice des affaires féminines de la PNH, Jeannette Bateau, présidente du réseau des Femmes de la PNH, et sans oublier le Dr. Gina Joachim, qui est une figure emblématique dans plusieurs secteurs. L’inspectrice Pierre Marie E. S. Nassar et la commissaire Yvrose Benjamin figurent parmi les nombreux hauts cadres de l’institution policière.

De nombreuses femmes policières ont également fait l’actualité en Haïti au sommet de la PNH. On pourrait citer le triste cas de la policière Christine Jeune, ou de la belle et brave policière des temps actuels, Yanick Joseph, un des membres fondateurs du syndicat de la police nationale (SPNH), de moins en moins visible dans les actualités.

Derrière les différentes promotions qui complètent régulièrement les effectifs des différentes unités et entités de la PNH, on ne pourra jamais laisser passer sous silence, Joceline Pierre, la première femme à occuper la fonction de directrice générale de la Police nationale d’Haïti. Le nom de Jessie Cameau Coicou, qui fut inspecteur général en chef de la PNH, et celui de madame Hermione Leonard sont à retenir également.

Dans la 24e promotion de la PNH, qui visait à augmenter le quota de 9 à 10% des effectifs de femmes au sein de la PNH, il y a moins de cinq ans, elles sont de plus en plus jeunes et motivés femmes qui intègrent la PNH. Béatrice Mondésir, Nadège Dorélus, Beatrice Jean-Baptiste sont parmi ces policières.

Dans la troisième catégorie, pratiquement qui regroupe les femmes issues des horizons divers, sans citer de noms comme le premier groupe, il faudrait retenir les femmes évoluant dans le système judiciaire, qui travaillent de près ou de loin avec les policiers, les responsables ou représentantes des organisations des droits humains, avec certainement le nom de Marie Yolène Gilles Colas, tant aimée, mal-aimée mais toujours sollicitée pour son courage et son engagement sans relâche dans le secteur.

D’autres femmes autant visibles ou reconnues dans leurs liens ou influences avec la PNH. Elles soignent souvent les policiers malades ou touchés après les opérations ou victimes des attaques de toutes sortes. Elles font parfois de la lessive ou repassent les uniformes, nourrissent régulièrement les policiers, à travers des contrats réguliers de services traiteur, ou des marchandes de pâtés, de spaghettis, de jus, de « Fritay », des femmes propriétaires de restaurants, des marchandes « Aleken », quand ce ne sont pas des femmes victimes de cette même institution policière à un titre ou à un autre, lors des manifestations des rues, des opérations pour libérer certains espaces publics.

Des femmes pratiquement invisibles, figurent dans la liste des motivations qui portent certains jeunes à intégrer la police, se disant qu’avec l’uniforme et le statut de policiers, les filles admirant l’uniforme ou les femmes qui recherchent la compagnie d’un représentant des forces publiques ou d’un chef, seront beaucoup plus accessibles. Les femmes, la PNH et le pouvoir, n’est-ce pas une belle équation ? Dommage qui ne garantit pas toujours un niveau de vie économique moyen !

Découvrir les femmes qui servent tant dans les rangs et l’administration de l’institution policière, que les agents de la PNH offre une belle occasion pour marquer de manière plus significative la prochaine célébration du 8 mars dans la PNH.
À suivre….

Dominique Domerçant




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