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Femmes et vodou: Euvonie Georges Auguste autour des 18 ans de « Fanm Vo »

Femmes et vodou: Euvonie Georges Auguste autour des 18 ans de « Fanm Vo »



De plus en plus de figures féminines connues ou célèbres, des femmes initiées dans le Vodou où des « Manbo » font entendre leurs voix et défilent dans nos murs, jusqu'à occuper des places dans les différentes structures politiques et administratives du pays. Tout en formulant un certain discours doublement animé par la problématique de genre et la marginalisation de la culture ancestrale, ces dernières tentent de s’organiser malgré tout et suivant chaque contexte sociopolitique pour se tailler une place sur la scène, et faire parade entre la politique et les médias.

Découvrir les quelques rares organisations de femmes conçues principalement sur les valeurs culturelles, cultuelles et mystiques alimentées par les traditions ancestrales permet de comprendre un ensemble d’enjeux et des défis pas toujours abordés dans les débats en cours.

Des femmes « Manbo » célèbrent cette année les dix-huit ans d’existence d’une organisation qui fait pratiquement peu de bruit, mais pourtant très active. Une des initiées dans le Vodou les plus célèbres du pays nous en parle. Qui sont ces femmes « Manbo » qui s’affirment et s’affichent publiquement dans les médias ? Quelles sont ces organisations ou représentations de femmes dans le Vodou en Haïti et dans la diaspora ? Comment ces institutions isolées ou très visibles participent-elles ou influencent-elles le décor mystique, le développement social et la dynamique politique, particulièrement avant, pendant et après les élections ? Femmes, Vodou et organisations sociopolitiques, quels sont les enjeux entre 2021 ou 2022 ?

Depuis 2002, a été créée une organisation socioculturelle baptisée : Fanm Vodou pou Ayiti (Fanm Vo), pour tenter de converger les attentes et les contributions des femmes de nos Lakou, dans une même voix, une démarche institutionnelle et une stratégie politique, pratiquement un an avant la publication de l’arrêté du 4 avril 2003, reconnaissant officiellement le Vodou comme religion à part entière, devant remplir sa mission sur le territoire national.

Dix-huit ans déjà, l’association Fanm Vodou Pou Ayiti (Fanm Vo), figure ainsi dans la liste des plus anciennes organisations de femmes incitées dans le Vodou en Haïti, au cours des deux dernières décennies. C’est en 2002, qu’elle a été créée, dans un contexte sociopolitique, animée par la campagne nationale d’Alphabétisation portée haut les mains par l’ancien président Jean Bertrand Aristide.

Durant cette campagne d’alphabétisation, l’organisation « Fanm Vo », s’était mobilisée en grande partie dans l’accompagnement et l’assistance des communautés Vodou, réparties sur tout le territoire national à travers des Lakou. La mambo Euvonie Georges Auguste, informe que : « Des classes ont été aménagées dans des temples Vodou, dans tous les départements du pays, avec 120 dans le Nord, 100 dans le Nippes, 50 dans la Grand’Anse, 150 dans le Sud, 100 dans l’Ouest incluant 25 dans la ville de Léogane. ».

Dix ans après le séisme du 12 janvier 2010, la fondatrice et actuelle présidente d’honneur de l’association Fanm Vodou pou Ayiti, la prêtresse (manbo) Euvonie Georges Auguste, se souvient des multiples activités, contributions et interventions de son organisation en soutien aux victimes du séisme du 12 janvier. Retour sur cette organisation socioculturelle et religieuse, qui met en valeur ou en avant les femmes rurales et les femmes paysannes.

Depuis son exil entre 2004 et 2006, l’initiée Euvonie Georges Auguste, rapporte qu’elle allait passer de son statut de présidente fondatrice de l’association, à présidente d’honneur. Elle se félicite de la collaboration avec plusieurs autres femmes « Manbo » qui se sont taillées une place dans les espaces des débats.

Des noms viennent dans la construction et la dynamique de l’association « Fanm Vo », particulièrement des femmes « Manbo » leaders. Lamercie Charles Pierre, a été coordonnatrice de l’organisation Fanm Vanyan (OFAVA) pendant un temps, pour ensuite se tourner vers la politique active, en appuyant la candidature du candidat à la présidence Jude Célestin. A noter que la fondatrice de « Fanm Vo », a elle également supporté la candidature à la présidence de l’ancien premier ministre Jean Henry Céant, en dehors de sa participation et ses interventions les plus visibles et activités dans des structures hautement sociopolitiques comme la : Konfederasyon nasyonal Vodouyizan Ayisyen (KNVA) et Religion pour la paix.

D’autres noms de « Manbo », comme : Louise Anna Philippe dit « Ayida » dans le Nord, Marie Rosemène Pierre (Grand’Anse), Kattia (madan Enock) dans l’Artibonite, Yanithe Champagne (Nippes), Yolande Vital (Sud), entre autres. D’autres figures féminines émergentes comme Florence Jean Joseph (New York) et Fabiola Abellard (Canada/Laval), sont à retenir au niveau de la diaspora.

Développement personnel et institutionnel initié par « Fanm Vo », l’initiée ou « Chwal » des « Lwa », Euvonie Georges Auguste, rappelle que plusieurs séminaires de formation ont été réalisés par son organisation au cours des dix huit dernières années, avec la collaboration d’autres institutions partenaires comme : Fonkoze en économie ; L’UNICEF en leadership, gestion de conflit et leadership communautaire ; NDI autour de la dynamique des Femmes dans la politique ; Fanm Yo La sur l’autonomisation des femmes, et sans oublier la participation de l’organisation dans les dernières Assises nationales de la Culture en Haïti, réalisées en juillet 2011.

Des actions ont aussi été menées dans de nombreux temples Vodou dirigés par des femmes, dans le cadre des activités de sensibilisation organisées par « Fanm Vo » et les centres GESKIOH, se souvient la « Manbo » Euvonie Georges Auguste, qui a été également membre d’un conseil d’observation entre 2002 et 2003, sur le dossier.

Défendre les droits des femmes et des jeunes, suivant la philosophie et les valeurs du Vodou, sont parmi les grandes lignes qui coiffent la mission, la vision et les objectifs de « Fanm Vo », selon sa fondatrice.

Dans cette organisation, elles sont au nombre de neuf membres et deux conseillers à gérer et garantir la bonne marche de l’institution, qui regroupe à la fois des femmes initiées, pratiquants, dirigeantes et membres de plusieurs « Lakou », de société de femmes « Manbo », des temples vodou (communautés), qui sont tous appelés aussi bien des sociétés, en tant qu’organisation sociale, en dehors des sociétés secrètes (Makanda, Bizango, Sanpwèl, Bleng Bendeng, etc.), qui sont aussi greffées ou prolongent les activités du secteur.

Dominique Domerçant




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