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La «brume de sable» sur Haïti, Jean Wilner Petit tire la sonnette d’alarme sur les conséquences

La «brume de sable» sur Haïti, Jean Wilner Petit tire la sonnette d’alarme sur les conséquences



Jean Wilner Petit, docteur en physique, alerte sur les autorités publiques sur les conséquences que le phénomène de la brume de sable peut engendrer sur la vie des Haïtiens. Les conditions sanitaires, sans doute, vont être aggravées, à court ou long terme.


Au moment où la Covid-19 atteint son pic en Haïti, un autre phénomène vient s’ajouter à cette crise pandémique. Il s’agit de la brume de sable. Si ce phénomène semble échapper à la vision des autorités sanitaire et environnementale du pays, Dr Petit vient de tirer la sonnette d’alarme sur les conséquences qu’elle peut provoquer. «Sans aucun doute, elle va aggraver les conditions sanitaires, déjà précaires, des populations», assure Jean Wilner Petit, enseignent-chercheur affilié au Laboratoire des Sciences pour l’Environnement et l’Énergie (LS2E) de l’École normale supérieure (ENS) de l’Université d’État d’Haïti (UEH).

Ce phénomène poussiéreux au cours duquel de fines particules sont véhiculées va dégrader, en conséquence, la qualité de l’air et réduit la visibilité. Contrairement à des analyses jugées simplistes, Dr Petit, coordonnateur général du Groupe d’action pour l’environnement et le climat (GAEC), une association œuvrant dans la lutte contre le réchauffement climatique en Haïti, va au-delà, suivant une approche scientifique. «Lors d’un épisode de brume de sable, des études ont montré qu’il a dans l’air une nette augmentation de minéraux argileux, de quartz, d’oxydes et de carbonates», explique-t-il, dans un registre soutenu. Ayant des effets néfastes sur la santé, ce phénomène présente des traits symptomatiques. La population, selon lui, doit s’attendre à faire face à des difficultés respiratoires, des démangeaisons oculaires, entre autres, des sinus bouchés.

Selon ses explications, on retient que la «brume de sable» et la Covid-19 partagent un dénominateur commun : les gens les plus à risque. Pour les épargner du danger, les personnes fragiles, c’est-à-dire les personnes âgées, malades/allergiques, sensibles de la peau, enceintes… doivent impérativement se protéger soit par le port de masques appropriés soit par le confinement, recommande le scientifique. Aussi déconseille-t-il toutes activités sportives et/ou autres pouvant augmenter la température à l’intérieur de tout espace fermé et invite la population à ne pas consommer, dans ce moment, de l’eau de pluie. Car, argumente-t-il, elles seront polluées à cause de ces fines particules dans l’air.

Par ailleurs, le jeune physicien dénonce les autorités étatiques qui, ajoute-t-il, n’ont jamais mis en application une politique environnementale. «L’État haïtien, dit-il, n’a jamais pensé à la mise en place d’instance de contrôle de la qualité de l’air dans le pays. Cet outil aurait évalué, dans le cas actuel, la taille, la nature et la concentration des particules dans l’air, d’une part, et, d’autre part, proposé des précautions à prendre. Les quelques rares informations véhiculées par les autorités sur le phénomène, ce qui la rend encore plus vulnérable.»

La brume de sable, semble-t-il, n’est pas à son premier épisode. Chaque année, des centaines de millions de tonnes de particules fines sont arrachées des déserts d'Afrique pour finir dans les profondeurs de l'océan Atlantique, avance-t-il. «Pendant la période estivale, a-t-il conclu, les masses d’air chaud au-dessus du désert (dépression thermique) s’élèvent, entrainant ainsi des vents turbulents et donc la mise en suspension, à haute altitude (entre 1500 et 6000 mètres), des particules désertiques qui sont ensuite transportées par les alizés sur l’archipel des caraïbes.»

Dans une circulaire publiée le mercredi 24 juin, le Ministère de la Santé publique et de la Population (MSPP) se dit constater la présence de ce phénomène sur Haïti. Il invite la population à prendre des mesures préventives comme le port de masques afin de se protéger, lit-on.

Wilner JEAN




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